Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 juillet 2011

Les coopératives : alternative économique efficace et durable ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses,03 - Economie — iledere @ 6:30

La façon la plus simple de définir les inégalités économiques et sociales n’est-elle pas de rappeler qu’une part croissante de la population se voit privée de l’accès aux biens et services quant à ses besoins fondamentaux ? L’essor de l’économie sociale en témoigne : de nombreuses structures alternatives à vocation économique suppléent l’Etat, qui se désengage de tout, ou presque… Ces alternatives s’appellent les mutuelles, les coopératives, les fondations, ou les associations. Tout le monde les connaît. Ce qui est moins évident aux yeux de l’opinion, c’est leur fonction d’amortisseur social. Preuve en est qu’il est possible, même dans le privé, d’entreprendre utilement. Exemple avec le régime coopératif.

Le fonctionnement du régime coopératif

Il est régi par la Déclaration sur l’Identité Coopérative, actualisée en 2005 à l’occasion de son centenaire. Celle-ci s’attache à rappeler des considérations d’ordre éthique, notamment en termes de gouvernance car les entreprises coopératives n’ont pas pour finalité la rémunération de capitaux. Il s’agit de projets qui émergent sous la forme de personnes morales en vue de leur conférer une existence légale. Pour autant, l’une de leurs principales spécificités réside dans leur structure de financement : la souscription du capital d’une coopérative est destinée à permettre l’accès aux services et n’a donc aucun caractère spéculatif. Autre spécificité notable : au quotidien, elles sont gouvernées par une assemblée générale fonctionnant sur le ratio « une personne, une voix ». En résumé, leur stabilité tient au fait qu’elles observent des principes stricts d’engagement volontaire, d’égalité des personnes, de solidarité entre les membres et d’indépendance économique par exemple. Certains auteurs y voient même une traduction dans le domaine économique des valeurs fondatrices de la République. “’Un homme, une voix’ et ceci quel que soit le chiffre d’affaires réalisé par le magasin, l’ancienneté ou le montant des parts sociales” indique Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA. (more…)

1 juillet 2011

Les « indignés » de Syntagma

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:00

Quand on regarde les images des « indignés » de Syntagma, la place de la Constitution athénienne, il ne faut pas se tromper : les paumes ouvertes des contestataires ne saluent pas le Parlement. Elles forment un geste rude et méprisant, moutza, adressé aux élus de la nation – ces « voleurs », « traîtres », « vendus »…

Il s’agit de la place où, en 1843, les Grecs, guidés par quelques anciens combattants révolutionnaires, ont demandé à Otton Ier, le roi bavarois imposé par les grandes puissances de l’époque (France, Royaume-Uni, Russie), un syntagma (Constitution), après la deuxième des quatre faillites (en 1827, 1843, 1897 et 1927 ) de l’Etat grec moderne, provoquée par les exigences démesurées des créanciers étrangers – déjà ! – et la vie luxueuse de la cour. Une coïncidence historique ?

La foule qui, chaque soir, se réunit à Syntagma prend la relève d’un mouvement qui a déjà connu deux défaites : la révolte des jeunes, en décembre 2008 (1), ayant suivi le meurtre du lycéen Alexis Grigoropoulos par la police, et celle du 5 mai 2010, quand la police a brisé une manifestation de cent mille personnes, après un incendie qui a fait quatre morts. (more…)

14 juin 2011

Les agences de notations dépréciées

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

RTR2D8EM_CompLes agences de notation veulent-elles la peau de l’euro ? Après avoir dégradé à tour de bras, depuis dix-huit mois, les dettes publiques des pays périphériques de la zone euro, dont certaines ont été ramenées au rang d’obligations pourries, elles menacent désormais de déclarer la Grèce en défaut de paiement. Pourquoi ? Parce que les Etats européens ont osé envisager une participation volontaire des institutions financières privées (banques, assurances, fonds de gestion, etc.) au sauvetage de ce pays. Une façon d’interdire une solution qui permettrait de sauver la Grèce d’une faillite qu’elles estiment, pur hasard, quasi certaine.

Comme si les marchés n’étaient déjà pas suffisamment nerveux, les agences s’attaquent aussi au club très fermé des Etats notés AAA, la note la plus élevée (ils sont quatorze). Elles ont ainsi annoncé au cours de ces dernières semaines que la France ou encore l’Autriche pourraient perdre, à plus ou moins long terme, leur triple A qui leur permet de se financer à moindre coût sur les marchés.

Mais la zone euro n’est pas la seule visée par cette frénésie : dans la foulée, elles ont menacé de dégradation les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Beaucoup d’économistes se demandent à quel jeu jouent les agences. «Si l’actif le plus sûr, la dette américaine, n’est plus sans risque, on change de monde», juge Laurence Boone, professeure d’économie à l’Ecole normale supérieure de Cachan (Val-de-Marne). Les agences prennent le risque de déstabiliser la planète financière qui sera privée de placements sûrs, ce qui pourrait précipiter une nouvelle crise mondiale. Même si les agences répondent qu’elles font le travail pour lequel elles sont payées et que le marché n’a pas besoin d’elles pour se faire une religion, deux études démontrent leur responsabilité directe dans l’instabilité financière actuelle. Elles émanent du Fonds monétaire international (FMI) – étude datée de février – et de la Banque centrale européenne (BCE) – étude publiée il y a quelques jours.

RTR2N6O0_Comp Dans les deux cas, la conclusion est la même : les dégradations, qui ratifient les craintes du marché autant qu’elles les suscitent, ont un effet direct sur les investisseurs qui exigent automatiquement des taux d’intérêt plus élevés pour se couvrir du risque supplémentaire. Surtout, dans un marché de la dette très intégré comme l’est celui de la zone euro, ces dégradations ont un effet déstabilisateur sur l’ensemble des autres pays, y compris les mieux notés. En particulier parce que leurs établissements financiers possèdent de la dette de tous les pays de la zone euro : une dégradation affecte donc automatiquement leur solvabilité.

Les agences ont non seulement été incapables de voir venir la crise américaine des subprimes en juillet 2007, des produits notés triple A jusqu’au jour de leur effondrement, mais aussi de prédire la crise de la dette souveraine de la zone euro, comme le souligne le FMI. Une analyse que partage Michel Barnier, le commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services : «Je pense même qu’elles sont l’une des causes de la crise parce qu’elles ont mal évalué les risques. Elles ne sont pas les seules à s’être trompées, mais elles ont clairement échoué dans leur mission», a-t-il déclaré hier à Libération. Une erreur qu’elles tentent depuis de faire oublier par une frénésie de dégradations.

L’historique est accablant : pendant dix ans, les agences, en particulier les trois géants du secteur, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, ont systématiquement ignoré les problèmes structurels des économies périphériques. Ce n’est qu’à partir de décembre 2009, soit après que le gouvernement grec a reconnu avoir menti sur l’ampleur de son déficit public, que le cycle des dégradations a commencé. A l’époque, la Grèce était notée A, soit la cinquième meilleure note sur une échelle en comportant une vingtaine. Dix-huit mois plus tard, elle se retrouve au rang d’obligation pourrie : le 9 mai, Standard & Poor’s a dégradé la note grecque en obligations spéculatives, suivies le 31 mai par Fitch, et le 2 juin par Moody’s. La descente aux enfers de l’Irlande et du Portugal a été identique, même si leur dette se situe encore juste au-dessus du niveau spéculatif.

RTR2NED8_Comp Tout comme les canards sauvages, les agences volent en groupe. A chaque fois, elles dégradent un pays à quelques jours d’intervalle et livrent au mot près les mêmes analyses. Elles suivent souvent les peurs du marché, mais elles les anticipent aussi, ce qui donne de belles prédictions autoréalisatrices. La dégradation oblige les investisseurs à vendre en vertu des règles prudentielles, ce qui fait baisser la valeur des obligations et confirme le marché dans sa peur d’un effondrement de la dette…

«On peut se poser de sérieuses questions sur le rôle qu’elles jouent dans la crise de la zone euro, observe Barnier. Et notamment si elles tiennent compte de l’existence d’une solidarité financière considérable.» La zone euro et le FMI ont mis la Grèce, l’Irlande et le Portugal, en mobilisant plusieurs dizaines de milliards d’euros, à l’abri d’un défaut qu’ils écartent politiquement. «Mais, pour les agences, l’aide assure seulement la liquidité pour un an et non la solvabilité», explique Laurence Boone. C’est notamment pour cela que les agences estiment que la probabilité de défaut de la Grèce est «d’au moins 50%» d’ici trois à cinq ans. Au risque de déstabiliser toute la zone euro. La Commission européenne n’entend pas laisser faire. Et Barnier d’agiter un premier carton jaune : «Il faut réguler les agences bien davantage qu’elles ne le sont aujourd’hui.»

Par Jean Quatremer pour « Coulisses de Bruxelles UE »

29 mai 2011

En finir avec le logement social (par l’UMP)

Filed under: 03 - Economie,20 - UMP — iledere @ 12:00

>Hommage à la redoutable inventivité des députés UMP. Après la défense des excès de vitesse, les voilà qui nous proposent de régler en une passe législative l’épineux problème du logement social (1 million de logements manquants, 700.000 demandes en attente) et du « trop faible » pourcentage d’endettement immobilier des ménages (endettement qui, au prix d’une génération sacrifiée, a pourtant si bien réussi à nos amis espagnols au point qu’ils le célèbrent aujourd’hui dans la rue).

Comment ?
Trop simple ami pauvre que tous les éléments poussent dans le goulot d’étranglement de la propriété à crédit : il suffit de faire rentrer les accessions à la propriété grâce au PTZ+ dans le quota de 20% de logements sociaux imposé par la loi SRU.

C’est d’un cocasse consommé. L’un est un mécanisme social où les pouvoirs publics tentent d’assurer, via un loyer modéré, un toit aux ménages les plus fragiles, l’autre, d’influence 100% privée, est un achat de bien surévalué assorti d’une dette conséquente (un mécanisme de subvention de la bulle immobilière dont on sait désormais qu‘il bénéficie prioritairement aux ménages les plus aisés : 35.6% des bénéficiaires se situent dans les deux tranches les plus hautes des revenus, contre 13% qui se situent dans les deux tranches les plus basses.)

Voici l’argumentaire d’un des dépositaires (J.M Roubaud) de ce projet de loi (parmi lesquels on retrouve comme par hasard des députés-maires de communes largement sous les 20% de la loi SRU) : »Ne pas comptabiliser l’accession sociale à la propriété dans ce quota de 20% de logements sociaux obligatoire est un sérieux frein pour les municipalités à pouvoir répondre à l’aspiration forte des Français de devenir propriétaires de leurs logements. »

Bref, une pataphysique arithmétique frisant la sorcellerie dans la droite ligne du mode de calcul éjectable permettant de comptabiliser deux millions de chômeurs là où il y en a près de cinq, de se féliciter d’une hausse de la croissance là où il y a huit millions de pauvres ou d’affirmer que Christine Lagarde y connait quelque chose en économie.

Répétons-le à Monsieur Roubaud : il reste des Français qui n’ont PAS ENVIE de devenir propriétaires. Encore moins avec un crédit à perpétuité conditionné (avec de la chance) à un job à rétribution et durée aléatoires, avec des coûts des transports, d’énergie et de nourriture qui explosent. (more…)

18 mai 2011

Pour une maîtrise publique de l’activité des banques

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Les résultats trimestriels des banques font la Une de l’actualité économique. Si on observe leur activité de financement de l’économie, on s’aperçoit qu’elle reste atone. L’encours des crédits aux entreprises s’élevait à 780 milliards fin décembre 2010, en progression de 1,2 % et les PME ne bénéficiait à ce titre que de 188 milliards.

Si la place et le rôle des banques dans la crise financière n’est plus à démontrer, les limites des politiques de distribution du crédit aux entreprises sont moins commentées. La grande leçon de la crise n’a pas été tirée et ce sont les activités financières qui restent dominantes.

La proposition de création d’une Banque publique d’investissement dans le projet 2012 du PS est donc de première importance.

Elle vise à redonner à la puissance publique une capacité d’intervention sur l’économie. La déclinaison sous forme de Fonds régionaux doit permettre une plus grande réactivité et avoir un effet de levier sur l’orientation des financements de l’ensemble du secteur. 100 milliards de crédits pourraient être mieux mobilisés.

Mais la question du reste du secteur bancaire reste entière. Sans maîtrise publique ou sans contrôle de ses activités, c’est la course à la rentabilité financière à court terme qui risque de perdurer. Et le secteur privé ou mutualiste conserverait la maîtrise de 87 % de la distribution du crédit aux entreprises.

Modifier la loi bancaire
Le législateur a la possibilité de modifier la loi bancaire pour réorienter le secteur bancaire vers son « cœur de métier » de financement de l’économie en lui assignant des missions de service public. Quoi de plus normal après l’aide massive dont le secteur a bénéficié sans condition ?

Des entreprises, comme Natixis et Dexia, créées notamment à partir de filiales de la Caisse des Dépôts, ont coûté cher en termes de soutien de l’État. Organiser leur intégration dans la sphère publique sera un juste retour des choses. (more…)

10 mai 2011

Journée de l’Europe : les nouveaux défis de l’Union

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

Unir les peuples autour de valeurs communes et conférer à leur union une force, capable de porter des politiques communautaires conjuguant production et protection, tel était le projet fédérateur de l’Union européenne. Les élargissements successifs, les difficultés d’organisation de l’Union, un budget européen trop faible et sujet de conflits permanents, conjugués aux défis posés par la mondialisation, ont ramené cette ambition européenne à un marché dans un espace démocratique. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est plus le projet fédérateur que les socialistes avaient porté.

Le principal défi aujourd’hui, c’est donc la capacité des pays européens à décider ensemble. La solution passe par une union politique. C’est la seule voie possible pour vaincre les marchés et redéfinir la question des parités des monnaies à l’échelle du monde.Cette gouvernance européenne passe par un rééquilibrage du couple franco-allemand. Pour cela, la France devra être exemplaire sur la tenue de ses comptes publics, sans quoi nous ne serons pas écoutés.

Le second défi est de donner à l’Europe les moyens de ses ambitions. Certes à l’heure où les Etats font des économies et relèvent des prélèvements, ce choix n’est pas facile, mais a-t-on vu une union vivre avec un budget qui ne dépasse pas 1% de son PIB ?

Il faut que l’Europe se dote d’un budget à la hauteur des ambitions des politiques qu’elle souhaite conduire. Et c’est pourquoi je juge nécessaire, avec le Parti Socialiste Européen, que le budget de l’Union soit abondé par une taxe sur les transactions financières. Cette taxe sera en effet un instrument puissant de réappropriation par les peuples des orientations données à l’économie européenne, et c’est bien dans ce sens que je souhaite aller.

De même, l’Union Européenne – au moins dans sa version de zone euro – ne peut plus être la seule entité souveraine à s’interdire de lever des emprunts. Ces emprunts européens permettront d’imposer un rapport de force face aux marchés tout en veillant à l’assainissement budgétaire des Etats membres ainsi qu’au financement de projets communs.

par François Hollande

12 février 2011

les bons à rien qui n’investissent plus, merde in France

Filed under: 03 - Economie,06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

le MEDEF et l’UMP de Sarkozy nous parlent de coût du travail, confondant compétitivité et coût. Ils font bien attention à ne pas aborder publiquement un autre problème que les journalistes serviles ne comprennent pas. Voilà de quoi les occuper.

En effet, savez vous lire les courbes chers lecteurs. Je pense que oui. Alors que penser de celle-ci :

depenses_R_D_entreprises_FR_DE.png

Elle vous montre l’évolution en % du PIB de dépenses en France et en Allemagne en R&D ( Recherche et développement) des entreprises. On voit donc qu’actuellement les entreprises allemandes sont à 1,8 du PIB allemand, et ce avec un mouvement en hausse depuis 1995. Dans le même temps, les entreprises françaises sont sur une tendance à la baisse, et leur contribution R&D n’est que de 1,3% du PIB français.

Est ce un problème de cout du travail? de code du travail? de 35 heures ? Non par ce que là on parle d’intelligence, d’innovation, de recherche, de développement et que les contraintes habituellement soulevées par le patronat français ne s’appliquent pas (Et oui Troll UMP : j’ai travaillé avec des équipes R&D, et on a même voulu breveter un de mes trucs). Par ce que là tout est question d’intelligence, de travail en équipe, d’essais, d’enquête, de collaboration et que les personnels sont en général motivés.. En fait en principe. (more…)

1 février 2011

Procession contre la mise à mort de l’emploi

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 12:00

C’est en Ardennes qu’a eu lieu une marche, sans cris, sans débordements, mais plutôt dans un silence de mort, tel une procession un jour d’enterrement, pour manifester contre la désertification, la dés-industrialisation, la mort de l’emploi dans cette région.

Un cercueil avec les 148 noms des salariés de Porcher devait être brulé, mais ce ne fût pas le cas. « Ce cercueil, c’est le symbole de nos années de travail. Il contient notre histoire. Nous le brûlerons le jour où nous fermerons définitivement nos grilles. Et j’espère que de ces cendres, la flamme de notre lutte pour l’emploi ne s’éteindra jamais » a déclaré un délégué FO.

Cette manifestation très symbolique montre le désarroi des populations confrontées à la fermeture de leurs outils de travail. En plus des salariés concernés, ce sont les commerçants et les élus de la région qui manifestaient leur solidarité. Mais que peuvent-ils face à la pauvreté de leur tissu économique ?

Partout en France, chez les salariés, la révolte gronde. Les conséquences de la crise ont eu des répercussions dans beaucoup de familles. Chômage, précarité, gel des salaires concernent au moins l’un de nos proches.

Dans les Ardennes, comme dans toutes les régions de France où l’on s’éloigne des grandes villes, les entreprises se font rares. Mais il n’y a pas de fatalité, et les politiques ont leur rôle à jouer.

On nous cite souvent en exemple l’Allemagne, et c’est à juste raison puisque ce pays est la première économie en Europe, la quatrième des plus performantes au monde, après les Etats Unis, la Chine et le Japon.

Et nos Ardennes sont pourtant qu’à quelques 200 km de ce territoire où l’activité est importante, alors quelles différences ?

Quand les industries ferment parce que l’activité n’est plus économiquement viable, elles doivent laisser place à des entreprises plus innovantes, et c’est ce qu’il ne se fait pas en France.
Le pire est que nous le savons ! Déjà en 2007, les deux candidats parlaient d’une capacité supplémentaire d’1.5 millions d’emplois au sein des PME. Si l’Allemagne est à prendre en exemple, c’est pour sa politique d’aide aux petites entreprises dans les domaines des biens d’équipements, des technologies du futur, celles qui permettent d’innover. (more…)

31 janvier 2011

Hollande-Piketty: confrontation sur la révolution fiscale

Filed under: 03 - Economie,13 - PS — iledere @ 6:30

La question des impôts a de fortes chances d’être l’un des débats majeurs de la campagne présidentielle de 2012. D’abord un débat entre la droite et la gauche, parce que si pendant près de deux décennies, l’une comme l’autre, ont conduit des politiques fiscales sinon identiques, en tout cas voisines, donnant la priorité à une baisse des impôts, ce relatif consensus est désormais brisé. Nicolas Sarkozy s’oppose à une hausse de la fiscalité, tandis que les socialistes redécouvrent la fonction citoyenne de l’impôt.

Ensuite il y a débat au sein même de la gauche, car toutes les sensibilités ou presque plaident maintenant pour une « révolution fiscale », la révolution en question ne se chargeant pas, d’un dirigeant à l’autre, du même contenu. Dès à présent, on devine qu’il y a des partisans d’une révolution douce, et des partisans d’une révolution radicale.

C’est la raison pour laquelle Mediapart a proposé au socialiste François Hollande, ancien premier secrétaire du Parti socialiste (PS) et candidat putatif aux primaires socialistes, et à l’économiste Thomas Piketty, auteur avec Camille Landais et Emmanuel Saez d’un livre événement Pour une révolution fiscale – Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle (Seuil, La République des idées, janvier 2001, 12,50€) (voir notre article Le Petit livre rouge de la révolution fiscale), de confronter leur point de vue, à l’occasion d’un débat enregistré en vidéo.

Confrontation précieuse ! Car, jusqu’à présent, on pouvait penser que si, d’une sensibilité à l’autre de la gauche, il existait beaucoup de nuances sur la réforme fiscale à entreprendre, ces nuances étaient somme toute secondes par rapport aux enjeux de fond. Il semblait en particulier établi que toutes les sensibilités de la gauche étaient au moins d’accord pour rompre avec les prudences antérieures sinon même un cap néo-libéral pour user de ce terme de « révolution fiscale » qui voilà peu encore sentait le soufre.

Cette formulation de « révolution fiscale », François Hollande en use, en effet, sans la moindre gêne, comme en use Thomas Piketty. Cette formulation est d’ailleurs explicitement citée dans l’ébauche du projet socialiste pour la campagne présidentielle, finalisée au printemps 2010, sous la houlette de Pierre Moscovici : à la page 17 de ce document (que l’on peut télécharger ici), il est aussi fait mention d’une indispensable « révolution fiscale ». Premier consensus. (more…)

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