Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

22 décembre 2010

L’argent, talon d’Achille de GBAGBO

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Le tarissement des ressources financières du régime Gbagbo pourrait signer sa fin

La zone franc CFA, dont il a été un fervent défenseur, est devenue une épine dans le pied de Laurent GBAGBO dans sa conquête de la présidence ivoirienne. Il ne souhaite pas la céder à Alassane OUATTARA, président élu selon la Commission électorale indépendante et reconnu par la communauté internationale.
Sa signature ne serait plus valable selon Paris qui assure, entre autres, la parité fixe du franc CFA avec l’euro. Privé de l’aide des bailleurs de fonds, comment le gouvernement Gbagbo pourrait assurer le paiement des salaires des Ivoiriens en cette fin d’année ? Privés d’argent, leur grogne devient une menace crédible pour Laurent GBAGBO.
Dans sa panoplie de combattant contre l’impérialisme français, Laurent GBAGBO, président ivoirien désigné par le Conseil constitutionnel, n’a peut-être jamais imaginé qu’il serait rattrapé par le fait monétaire.

La Côte d’Ivoire, pays de la zone franc CFA – géré par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) « qui joue le rôle de banque des banques primaires et des trésors nationaux » -, jouit d’une parité fixe avec l’euro, en droite ligne de celle qui liait le franc français au franc CFA.
Les Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont signé avec la France une « convention de compte d’opérations« . Dans ce cadre, les pays membres de l’union « doivent centraliser, dans un Compte d’opérations, ouvert au nom de la BCEAO dans les livres du Trésor français, 65% de leurs avoirs en devises et autres moyens de paiement internationaux« , précise un document de la banque centrale. « En contrepartie de la centralisation des réserves de change, un découvert peut être consenti à la BCEAO au compte d’opérations, si les disponibilités propres s’avèrent insuffisantes pour faire face aux engagements extérieurs des Etats membres« . Dans le détail, les mouvements financiers sont effectués au titre des Etats représentés par leurs Présidents.

Une « seule signature bancaire valable », celle de Monsieur OUATTARA
C’est en connaissance de cause que Michèle ALLIOT-MARIE, le nouveau ministre français des Affaires étrangères affirmait ce mercredi : « Il faut maintenir la pression (sur Laurent GBAGBO), voire l’augmenter notamment par le fait que la seule signature bancaire valable pour l’Etat ivoirien c’est désormais celle de M. OUATTARA« .

Sur le site de Laurent GBAGBO et les médias publics ivoiriens, devenus la caisse de résonance de ce dernier, on assure le contraire. La Banque mondiale aurait reçu « le 9 décembre dernier du gouvernement du Président Laurent GBAGBO, un chèque de 1,5 milliard de Fcfa représentant une partie de ses créances« . Il aurait été signé par le ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement GBAGBO, Désiré DALLO.
Et l’article de conclure : « Ce qui montre, in fine, que les problèmes de signature (…) ne sont, en réalité, que du bluff« . Par ailleurs, la « seule » signature reconnue par la BCEAO serait « celle du ministre Désiré DALLO (…) parce que les autorités ivoiriennes ont pris des dispositions légales pour qu’il en soit ainsi« .
En dépit de ces déclarations, la sortie de Michèle ALLIOT-MARIE ébranle le gouvernement mis en place par Laurent GBAGBO qui n’a jamais remis en cause l’appartenance de son pays à la zone franc.

« Aujourd’hui, huit pays dans la sous-région, membres de l’UEMOA, ont en commun la même monnaie, le franc CFA. Grâce à cette expérience et malgré ses limites, leurs économies savent résister aux chocs extérieurs et intérieurs. Fort de cette expérience, je soutiens que rien ne devrait être entrepris pour saborder la monnaie commune ou l’affaiblir« , écrivait Laurent GBAGBO dans l’un de ses ouvrages. (more…)

4 décembre 2010

Présidentielle : le Conseil constitutionnel proclame Gbagbo vainqueur avec 51,45 % des voix

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Laurent Gbagbo est parvenu à être réélu président au risque de nuire à la stabilité de la Côte d’Ivoire

Le bras de fer entre le camp du président sortant Laurent Gbagbo et celui de Alassane Dramane Ouattara ne fait que commencer. Alors que le second est donné vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne avec 54,1 % des voix par la CEI, selon les résultats provisoires, ceux définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel placent Laurent Gbagbo en tête du scrutin avec 51,45 %. Un écart dû à l’annulation des votes dans plusieurs départements du Nord.

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre par le Conseil constitutionnel, avec 51,45 % des voix, contre 48,55 % à son adversaire, Alassane Dramane Ouattara. Cette déclaration du président de cette haute juridiction, Paul Yao N’Dré, intervenue vendredi 3 décembre dans l’après-midi, vient contredire la proclamation des résultats provisoires faite par la Commission électorale indépendante (CEI), jeudi. Celle-ci avait donné la victoire à Alassane Dramane Ouattara avec 54,1 % contre 45,9 % au président sortant.

Le Conseil constitutionnel a annulé les votes de sept départements du Nord, sous contrôle des ex-rebelles depuis 2002. Le camp Gbagbo avait déposé un recours en début de semaine dénonçant des fraudes dans certains bureaux de vote.

Les raisons de cette annulation massive de votes – environ 400 000 – ont été énumérées par Paul Yao N’Dré, qui est un proche de Laurent Gbagbo (c’est un membre fondateur du Front populaire ivoirien, FPI, au pouvoir) : absence de représentants de l’opposition dans certains bureaux de vote, bourrages d’urnes, absence d’isoloirs, majoration de suffrages et transport de bulletins par des personnes non autorisées.

Selon tous les observateurs de la communauté internationale (ONU, UA, UE…) le scrutin s’est pourtant déroulé dans un climat « globalement satisfaisant » et « démocratique ». Malgré l’annonce par la CEI de la victoire de Alassane Dramane Ouattara, le camp Gbagbo espérait un revirement. Pascal Affi N’Guessan, le porte-parole de La majorité présidentielle, avait affirmé mercredi que « tout était encore possible avec le Conseil constitutionnel ». Il avait raison.

Le bras de fer entre le camp Gbagbo, qui aurait prévu de prêter serment sur la Constitution samedi, et la communauté internationale ne fait que commencer. (more…)

19 octobre 2010

Balladur 1995: les secrets de la décision du Conseil constitutionnel

Filed under: 01 - Etudes et analyses,20 - UMP — iledere @ 6:30

Octobre 1995, rue Montpensier, à Paris. Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel, lève la séance. Les neuf membres de l’institution viennent de se livrer à un exercice encore inédit sous la Ve République: contrôler les comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle (remportée quelques mois plus tôt par Jacques Chirac).

En cinq jours de débats, ils ont rejeté un seul dossier pour irrégularité – celui de Jacques Cheminade (0,28% des voix). Sur tous les autres, les «Sages» ont apposé leur tampon – permettant le remboursement par l’Etat d’une partie des dépenses engagées. Pour marquer ce moment historique, Roland Dumas invite tout le monde à déjeuner: ses huit collègues, mais aussi les dix rapporteurs adjoints du Conseil.

Désignés trois mois plus tôt, ces hauts fonctionnaires, maîtres des requêtes au Conseil d’Etat ou conseillers référendaires à la Cour des comptes, ont abattu seuls le travail d’«instruction»: pour évaluer l’exhaustivité et la sincérité des comptes, ils ont épluché les volets dépenses et recettes, les factures présentées par les candidats, les listes de donateurs, etc.

Ce jour-là, au moment où le Conseil lève le camp, ils se braquent et refusent l’invitation – une claque pour Roland Dumas. En fait, ces rapporteurs sont excédés, certains écœurés: alors qu’ils recommandaient le rejet pur et simple du compte d’Edouard Balladur, leur avis vient d’être balayé en séance par les «Sages», qui ferment les yeux sur une recette de 10 millions de francs en espèces d’origine non justifiée…

Quinze ans plus tard, ce secret – censé dormir dans les archives de la rue Montpensier jusqu’en 2020 – s’étale au grand jour: vendredi 8 octobre, Libération a publié des extraits des conclusions rédigées par les rapporteurs à l’époque. En fait, c’est la Brigade centrale de lutte contre la corruption de Nanterre qui a fouillé les archives du Conseil constitutionnel, dans le cadre d’une enquête préliminaire en marge de l‘attentat de Karachi sur l’hypothèse d’un financement illégal de la campagne d’Edouard Balladur (par le biais de «rétrocommissions» récupérées sur des ventes d’armes au Pakistan).

Avec quinze ans de «retard», Mediapart a reconstitué cet épisode peu reluisant: comment le Conseil, garant de la régularité de l’élection du Président, a-t-il pu valider un compte jugé irrégulier par ses propres rapporteurs?

Dix millions dans un coffre
Tout démarre, en fait, le 12 juillet 1995: Roland Dumas désigne ce jour-là une équipe de dix «adjoints», qui vont se répartir les comptes de campagne tout juste déposés par les candidats – dont ceux d’Edouard Balladur (éliminé dès le premier tour), de Lionel Jospin (battu au second) et de Jacques Chirac (entré le 17 mai à l’Elysée). (more…)

27 août 2010

Présidentielle : Sarkozy décroche dans les intentions de vote

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 12:00

Le chef de l’Etat conserve toujours un socle solide de soutiens. Mais il peine de plus en plus à rassembler au second tour.

Attention, danger. Jusqu’à maintenant, Nicolas Sarkozy était impopulaire mais résistait plutôt bien dans les intentions de vote pour la prochaine présidentielle. Ce n’est, semble-t-il, plus le cas. Le chef de l’Etat serait très sèchement battu au second tour de ce scrutin par Martine Aubry (53 % des voix contre 47 %) et écrasé par Dominique Strauss-Kahn (59 % contre 41 %), selon une enquête TNS-Sofres Logica pour « Le Nouvel Observateur » publié jeudi. Des écarts sans précédent dans ce type de sondage : l’occupant de l’Elysée était crédité jusqu’alors de 48 % face à la première secrétaire du PS et au directeur général du FMI. Même François Hollande, selon TNS-Sofres, ferait jeu égal avec Nicolas Sarkozy qui, maigre consolation, battrait d’une courte tête son adversaire de 2007, Ségolène Royal (51 % contre 49 %).

Les responsables de la majorité considéraient le score de 48 % attribué jusqu’alors au président sortant comme plutôt encourageant dans le contexte actuel de crise et de défiance de l’opinion. Les résultats de l’enquête de TNS-Sofres devraient les alarmer. Certes, le chef de l’Etat réaliserait encore un bon score au premier tour en arrivant en tête avec de 26 à 29 % des suffrages en fonction du candidat socialiste. Un résultat d’autant plus méritant que le sondage a été effectué avec les candidatures de Dominique de Villepin (entre 6 et 8 % des voix) et d’Hervé Morin (de 1 à 2 %). Comme le montre toutes les études d’opinion, Nicolas Sarkozy conserve toujours un socle solide de soutiens. Mais il peine de plus en plus à rassembler au second tour. Les électeurs de François Bayrou au premier tour (entre 6 et 7 %) « se reporterait majoritairement sur Dominique Strauss-Kahn au second », indique Carine Marcé, de TNS-Sofres. « Tout comme la moitié de ceux ayant choisi Dominique de Villepin et un tiers de ceux ayant voté Marine Le Pen. »

Calmer un peu le jeu
L’offensive sécuritaire lancée cet été par le chef de l’Etat ne semble pas lui permettre de capter comme espéré les voix des électeurs du Front national. Et elle lui aliène, en revanche, le soutien d’une bonne partie de l’électorat de centre droit. « Nicolas Sarkozy a eu tort de programmer l’agenda médiatique des dix-huit prochains mois sur le thème des insécurités, à un moment où, au sortir de la crise, la thématique qui importe aux Français n’est pas celle-là, mais est celle des injustices, estime le sociologue Denis Muzet. Et sa stratégie de présence là où les problèmes d’insécurité se posent, si elle a fonctionné entre 2003 et 2008, ne fait plus aujourd’hui recette. Elle exacerbe, au contraire, le sentiment d’insécurité », ajoute-il. Dans un sondage Ipsos pour « Le Point », publié jeudi, seuls 44 % des personnes interrogées contre 55 % font confiance au président pour lutter contre l’insécurité.

Est-ce ce décrochage qui a conduit Nicolas Sarkozy à calmer un peu le jeu mercredi, comme François Fillon la veille ? En Conseil des ministres, le chef de l’Etat a demandé à ses troupes de « redoubler de dialogue, de pédagogie, face aux inquiétudes et interrogations » et de « redoubler de courage » face « aux critiques, souvent excessives et infondées », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. « Nous ne céderons pas à ceux qui cherchent la polémique systématique et nous ne devons pas tomber dans une confrontation stérile », a prévenu Nicolas Sarkozy, pour qui la rentrée s’annonce au fil des jours de plus en plus difficile.

STEPHANE DUPONT pour Les Echos

9 juillet 2010

Aubry battrait Sarkozy au second tour de la présidentielle

Filed under: 12 - Brèves,13 - PS — iledere @ 17:30

Selon ce sondage, Martine Aubry serait gagnant avec 52% des  voix en 2012 (Sipa)Selon ce sondage, Martine Aubry serait gagnant avec 52% des voix en 2012 (Sipa)

La socialiste augmente d’un point son avance par rapport à un sondage réalisé en mai. Au premier tour, Marine Le Pen (FN) serait en 3e position avec 13% (+2).

Martine Aubry battrait Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle de 2012 avec 52% des voix contre 48%, selon un sondage CSA pour l’émission « LCP Politique matin » qui paraît vendredi 9 juillet. La socialiste augmente d’un point son avance par rapport à une étude effectuée en mai par le même institut CSA pour la chaîne LCP. Le président sortant reste de justesse en tête des intentions de vote au premier tour mais réduit sensiblement son avance (31%, – 5 points) et se trouve talonné de près par la première secrétaire du PS (30%, =).
Marine Le Pen (FN) serait en 3e position avec 13% (+2).

François Bayrou (Modem) arrive lui en quatrième position à 9% (+1), Olivier Besancenot (NPA) recueille 7% (+1) et dépasse Cécile Duflot (Europe Ecologie) 5% (=).

Marie-George Buffet (PCF) est créditée de 2,5% d’intentions de vote (-O,5) suivie par Hervé Morin (NC), testé pour la première fois par cette enquête (2%). Nathalie Arthaud (LO) ferme le bal avec 0,5% (-0,5 point). L’autre enseignement d’importance c’est le taux d’abstention, il y aurait 42% d’abstentions, bulletins blancs ou nuls.

Au second tour, Martine Aubry l’emporterait face à Nicolas Sarkozy avec 52% (+1) des suffrages. Il y aurait 37% d’abstention, votes blancs ou nuls.
Sondage réalisé par téléphone les 7 et 8 juillet 2010 auprès d’un échantillon de 809 inscrits sur les listes électorales issu d’un échantillon national représentatif de personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.

1 avril 2010

Juppé relance son club et pense très fort à 2012

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:18

Si ce n’est lui, c’est donc son frère. Quand ce n’est pas Dominique de Villepin qui jette le trouble en Sarkozie, c’est celui dont il fut le directeur de cabinet au Quai d’Orsay (1993-95), Alain Juppé. Lundi 29 mars, sur BFM-TV, l’ancien premier ministre a carrément fait acte de candidature pour 2012 en cas de sortie de route de Nicolas Sarkozy.

«S’il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, qu’il ne soit pas à nouveau candidat, moi je pense qu’il faudra des primaires au sein de l’UMP. Je n’exclus pas à ce moment là d’être candidat à la candidature», a-t-il déclaré. Sur RTL, quelques heures plus tard, il persiste et signe. «J’ai dit simplement que je n’exclus pas d’être candidat (à des primaires UMP) si je peux apporter quelque chose en fonction du contexte du moment (…) C’est bien de montrer que le parti a des ressources humaines!» Du coup, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, a cru bon de rappeler, dans la foulée, que «le candidat à la présidentielle serait choisi par les militants (…) qu’il soit ancien président ou pas».

Sur France Info, mardi matin, il en a même remis une couche, demandant qu’on «s’interroge» sur le bouclier fiscal. Il ne serait «pas choqué» qu’«on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent dans la crise».

Présidentiable, Alain Juppé? «La présidentielle? J’en ai rêvé. Je m’y suis préparé tout au long de ma vie politique. Mais une épreuve m’a coupé les pattes (…) Dois-je encore y penser? La vie le dira», confiait Juppé en septembre 2008 au Nouvel Observateur. La vie, ou une éventuelle déroute d’un président moins populaire que son premier ministre. Lundi, le chiraquien n’a fait que s’engouffrer dans la brèche ouverte, la semaine dernière, par les proches du président et le flou artistique régnant à droite.

Carla Bruni-Sarkozy, la première, a donné son avis, dans le Figaro Madame: «En tant qu’épouse, je ne souhaite pas vraiment (qu’il se représente en 2012). Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix.» Même son de cloche chez Sarkozy père: «Personnellement, je pense qu’il aura une vie beaucoup plus tranquille et plus confortable s’il ne se représente pas

Mais là où Dominique de Villepin a choisi de contourner la majorité, le maire de Bordeaux, lui, se voit en alternative au sein de l’UMP. «Juppé, lui, est dans la ligne!, explique à Mediapart Hugues Martin, son adjoint qui lui avait succédé à la mairie et à l’assemblée lors de son inéligibilité. Il met les formes, et il le fait dans le cadre du mouvement, selon des statuts qu’il a d’ailleurs lui-même créés lorsqu’il était président de l’UMP.» (more…)

31 mars 2010

Hésitante sur sa stratégie, Ségolène Royal joue à cache-cache avec le PS

Filed under: 13 - PS,15 - Fédération 17 — iledere @ 6:29

Mardi 23 mars, pour son retour sur la scène nationale après une campagne victorieuse sur ses terres de Poitou-Charentes, Ségolène Royal s’est d’abord livrée à l’un de ses exercices favoris : briller par son absence. Pour l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, éviter de participer à la photo de famille organisée dans l’après-midi au siège du PS, c’était créer l’événement.

Reçus par Martine Aubry, les présidents de région socialistes réélus le 21 mars ont diversement apprécié. Leurs réactions oscillaient entre l’agacement – « sans doute a-t-elle de bonnes raisons de ne pas être là, mais je ne me satisferai pas d’un positionnement tactique« , a prévenu François Patriat, élu en Bourgogne – et l’indifférence polie – « c’est dommage que tout le monde ne soit pas là », a ironisé Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.

Pour ne pas avoir à commenter l’absence de la présidente du Poitou-Charentes, Mme Aubry a préféré éviter les micros. Refusant d’entrer « dans le petit bal des personnalités », Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l‘Association des régions de France (ARF), n’a pu réprimer un léger mouvement d’humeur. « On s’en bat l’oeil, le flanc gauche avec un métacarpe de dinosaure« , a-t-il lancé.

Au cours de cette réunion, la direction du PS et les présidents de région socialistes ont décidé de resserrer leurs liens. Une rencontre aura lieu une fois par trimestre et le président de l’ARF – Alain Rousset est candidat à sa propre succession mais Michel Vauzelle, président de PACA, a également fait acte de candidature – sera désormais associé aux travaux du bureau national.

Si Ségolène Royal a fait faux bond à l’invitation de la première secrétaire, c’est, explique son entourage, qu’elle préparait son passage au journal de 20 h 00 de TF1. Une apparition télévisée au cours de laquelle elle n’a pas vraiment clarifié son positionnement et sa stratégie. « Je peux être candidate à l’élection présidentielle (…) mais je peux aussi ne pas l’être », a-t-elle indiqué avant de constater qu’à l’heure actuelle elle n’était « pas candidate ».

« Peser très fortement »
Mme Royal, qui a fait part de son « intention de peser très fortement sur le débat d’idées« , a finalement rejoint ses collègues au dîner organisé à la présidence du conseil régional d’Ile-de-France par Jean-Paul Huchon. L’eurodéputé Harlem Désir représentait la direction du Parti socialiste en l’absence de Martine Aubry. Les agendas des deux grandes figures féminines du PS, qui ne se sont plus croisées depuis un meeting commun en mai 2009 à Rezé (Loire-Atlantique) pendant la campagne des européennes, sont décidément difficilement conciliables.

Selon un sondage publié mercredi 24 mars par BVA, la première secrétaire apparaît comme la principale bénéficiaire de la nette victoire remportée par la gauche lors des élections régionales. Une large majorité (65 %) des personnes interrogées considère que Martine Aubry sort davantage renforcée de ce scrutin que Ségolène Royal. Un tiers (32 %) estime au contraire que c’est à cette dernière que profite le plus la vague rose du 21 mars.

Jean-Michel Normand pour « Le Monde.fr »

26 mars 2010

Après la vague rose, les cinq clés de la présidentielle de 2012

Filed under: 13 - PS,18 - UDF-MoDem-Centre,20 - UMP — iledere @ 6:30

2012 commence aujourd’hui. C’est certes une grande tradition de penser à l’élection suivante dès le dernier bulletin compté, mais en l’occurrence, c’est bien la réalité. La présidentielle de 2012 est déjà dans tous les esprits, après ce scrutin régional qui a pris des allures de séisme politique. En cinq grandes questions, le parcours du combattant qui nous sépare de l’élection présidentielle.

1 Les abstentionnistes
Passer de la participation record de la présidentielle de 2007 à l’abstention record des régionales de 2010 montre la désillusion massive des électeurs. Deux ans pour réconcilier les Français avec leur classe politique, avec la politique tout court, ne sera pas de trop.
George Frèche a poussé le bouchon un peu loin en lançant sur TF1 qu’on avait assisté à la mort « des partis politiques tels qu’on les a connus au XXe siècle ».
Pourtant, il est clair que droite et gauche ont leur part de responsabilité dans la montée du désintérêt des électeurs pour les derniers scrutins, les uns en raison des promesses non tenues, les autres ont fini d’écoeurer leurs partisans par leurs querelles et leur absence du terrain programmatique.

2012 n’aura de sens que si les électeurs retrouvent le chemin des urnes. Au-delà des questions tactiques, le défi est lancé à l’ensemble des partis politiques.

2 Le (ou la) candidat(e) de la gauche

Gagner les régionales pour mieux perdre la présidentielle, la gauche connait : c’est le scénario de 2004 et 2007. Les socialistes ont déjà choisi le système des primaires pour départager leurs présidentiables, et créer une dynamique positive pour l’emporter en 2012. Cela n’élude pas toutes les questions.

Les questions de personnes et d’égos, qui ont pollué l’atmosphère au PS depuis 2007, sont loin d’avoir disparu. Le score impérial de Ségolène Royal dans sa région, faisant de la présidente sortante de Poitou-Charentes l’une des mieux élues de France, lui permet de se remettre en selle, face à une Martine Aubry qui a pourtant gagné son pari en menant le PS à la victoire, comme le rappelle Pascal Riché dans son éditorial.

Le passage par les primaires devrait théoriquement permettre un affrontement encadré entre tous les prétendants à la candidature en 2012. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui est loin d’être acquis.

Le choix d’un (ou d’une) bon candidat est nécessaire mais pas suffisant : reste à la gauche à définir son projet, à réinventer un programme crédible et motivant pour une société mal en point. Là non plus, ce n’est pas gagné.

3 L’attitude des écologistes
Europe Ecologie a réussi à s’imposer comme la deuxième grande force de la gauche, après sa percée aux élections européennes de l’an dernier. Les écolos ont également réussi leur stratégie d’alliance avec le PS et le Front de gauche au deuxième tour (Bretagne mise à part), qui leur permettra d’être associés aux exécutifs régionaux.

Pour autant, leur stratégie pour 2012 est loin d’être claire. Participeront-ils aux primaires à gauche ? Auront-ils leur candidat (Cécile Duflot ? ) à la présidentielle, au risque de reproduire la division à gauche au premier tour, comme en 2002, alors que le Front national a tout sauf disparu de la scène ? (more…)

24 mars 2010

Avec sa victoire aux régionales, Aubry s’ouvre la voie pour 2012

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Qui aurait cru l’été dernier que le PS ferait aussi bonne figure en ce mois de mars 2010 ? A l’époque, souvenez-vous, les quadras du PS perdaient confiance. Manuel Valls grognait, Vincent Peillon couinait, Arnaud Montebourg menaçait de démissionner…

Les militants étaient déprimés, et la rébellion était en marche. « Le PS de Martine Aubry est en danger » en concluaient les chroniqueurs.

A voir les mines détendues que les socialistes affichaient ce dimanche soir -sauf en Alsace- cette page est tournée. La reconquête des sympathisants socialistes, engagée fin août à La Rochelle, a porté ses fruits.
Le rejet de la politique du gouvernement et du Président a certes bien aidé. Mais le résultat est là : la première secrétaire a réussi son pari, remettre la gauche en état de marche. La voie vers 2012 n’est plus obstruée.

Faire rêver tout en défendant l’économie de marché

La marche vers l’Elysée ne sera pas facile pour autant. Le PS a encore plusieurs défis à relever. Le premier est de comprendre la vague protestataire et abstentionniste constatée lors de ces élections régionales : de trop nombreux Français ne se reconnaissent dans aucun parti de gouvernement, ce qui ne doit pas être pris à la légère. Le score du FN est la nouvelle la plus déprimante de ces élections.
Le second défi, c’est de finir le travail engagé au sein du PS : bâtir un programme enthousiasmant autour d’une gauche « solidaire et consolidée », comme Martine Aubry l’a désignée dimanche soir. C’est dans ce chantier-là que le PS est le plus embourbé.
Comment faire rêver d’une société meilleure tout en défendant l’économie de marché ? Jospin avait résolu le problème en 1997 avec les « 35 heures ». Qui, avec le recul, ressemble plus à une ficelle qu’un projet de société.

Après la grave crise économique vécue depuis deux ans, les Français demandent plus que des ficelles : ils veulent un nouveau modèle de développement.

Aubry-Royal : une paire de dames pour la présidentielle
Martine Aubry, malgré son faible charisme (qu’elle a encore démontré dimanche dans son discours d’après-résultats), a renforcé sa légitimité, et peut désormais prétendre porter les espoirs de la gauche. Les autres candidats potentiels, pour 2012, s’effacent l’un après l’autre.

Laurent Fabius, Bertrand Delanoë ou Dominique Strauss-Kahn n’ont plus beaucoup d’espace s’il veulent se glisser dans la course. Strauss-Kahn, par exemple, aurait aujourd’hui du mal à se démarquer d’Aubry, dont le positionnement politique et le parcourt sont proches.
Martine Aubry n’est pas la seule à sortir renforcée de cette élection : avec 60,6% des voix, Ségolène Royal triomphé dans son fief le Poitou-Charentes, face à un membre du gouvernement, le secrétaire aux Transports Dominique Bussereau : elle réalise l’un des plus beaux scores de cette élection, et ne s’écartera pas facilement du chemin.
Dans la partie de poker de la présidentielle 2012, le PS redémarre avec, en main, une paire de dames et un conflit de légitimité qu’il faudra bien trancher.

Par Pascal Riché pour Rue89

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