Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

16 avril 2011

Libye : la France et l’Angleterre de plus en plus isolés

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Hier se tenait à Doha (Qatar), la deuxième réunion du groupe de contact sur la Libye. Au delà de l’unité de façade, ce sont plutôt les dissensions et l’isolement croissant de la France et de l’Angleterre qui sont apparus.

Sur le plan militaire pour lequel Juppé et son homologue Anglais Hague appellent depuis plusieurs jours à un renforcement des bombardements de l’OTAN, il apparaît que cet avis n’est pas partagé par la plupart des autres participants au groupe de contact, voire même que certains comme l’Espagne défendent carrément l’option inverse.

Il faut dire qu’au sein de l’OTAN, le soutien à l’option militaire choisie par le France et l’Angleterre en Libye fait peu d’adeptes : sur 28 pays, seuls 6 participent effectivement aux combats et depuis le retrait des forces états-uniennes, 50% des actions sont assurés par la France et l’Angleterre.

Pour ce qui est du reste du monde, les pays du BRIC, qui représentent environ 50% de la population mondiale (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui se sont réunis hier à Sanya (Chine) ont à nouveau condamné l’usage de la force en Libye.

Voilà donc une « communauté internationale » rassemblée autour du chef de guerre Sarkozy, qui ressemble de plus en plus à une peau de chagrin.

Mieux, aujourd’hui se tenait au Caire une réunion consacrée à la crise en Libye, co-présidée par l’ONU et la Ligue Arabe.

Jean Ping, secrétaire général de l’Union Africaine participait aussi à cette réunion. Union Africaine qui porte par ailleurs un projet de sortie politique de la crise, et qui malgré les obstructions de l’OTAN qui tente systématiquement de lui refuse de se déplacer en Libye, a réussi a rencontrer Kadhafi ainsi que le Conseil National de Transition. Le premier ayant donné son accord à la feuille de route proposée par l’Union Africaine.

Le projet de feuille de route est aussi soutenu par la Ligue Arabe et nul doute qu’elle aura été au centre des discussions de la réunion. L’appel, à l’issue de la réunion, de Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l’ONU, à une sortie politique de la crise et à un « cessez-le-feu » immédiat sonne comme un désaveu de la position exprimée par Alain Juppé, à savoir plus de bombes de l’OTAN et un retour des troupes de l’armée loyaliste libyenne dans ses casernes comme préalable à des discussions. (more…)

8 avril 2011

Lisbonne capitule face aux marchés

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Après avoir résisté pendant des mois et sous la pression des marchés, le gouvernement de José Sócrates s’est résolu à demander l’aide de Bruxelles et du FMI pour éviter le défaut de payement. D’un montant de 75 milliards d’euros environ, l’aide devrait être débloquée avant les élections du 5 juin. Une décision trop longtemps remise, note la presse européenne.

« Cela a pris deux semaines au Premier ministre du Portugal José Sócrates pour accepter l’inévitable, mais il y est enfin parvenu », écrit The Guardian, pour qui, « en demandant à Bruxelles un prêt d’urgence, M. Sócrates a adopté la plus radicale des mesures dont il disposait — mais il faisait aussi ce que les décideurs européens, les marchés financiers et de nombreux Portugais attendaient depuis de long jours ».

En fait, estime le quotidien londonien, le Premier ministre portugais « était à court d’options » depuis sa démission, le 23 mars, quand le Parlement a rejeté son nouveau programme d’austérité. « Ce soir là, le Portugal est entré dans les limbes politiques — et est devenu pour les marchés financiers l’équivalent d’un condamné à mort en attente d’exécution. »

« Ce ne sera pas facile d’accepter davantage d’austérité, mais il sera impossible d’accepter plus de démagogie, de déni de la réalité, d’incompétence politique ou d’absence de responsabilité », tonne Público dans son éditorial : « le retour du Fonds monétaire international (FMI) représente, pour le Portugal, une sévère défaite ».

Dans le même quotidien, l’éditorialiste Teresa de Sousa affirme que la décision du gouvernement portugais était dans l’air depuis le jour de la démission de José Sócrates et qu’on était arrivé à un point où le taux d’intérêt à court terme de la dette publique portugaise avait atteint un niveau dangereusement élevé : comme l’explique The Guardian, « le Portugal aurait dû emprunter de plus en plus d’argent sur les marchés uniquement pour rembourser les intérêts sur la dette ». Bref, résume Teresa de Sousa, « cela ne valait plus la peine de continuer à résister ». (more…)

24 février 2011

Pourquoi l’Occident ne vole pas au secours des Libyens

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:00

Pétrole, lutte contre l’immigration et l’islamisme… Kadhafi exploite les limites de la diplomatie des droits de l’homme.

Depuis lundi, une avalanche de condamnations officielles s’abat sur le régime libyen. Pourtant, les puissances occidentales n’ont aucune emprise sur le cours des événements. Et ne cherchent pas forcément à en avoir.

Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, certains actes commis par le régime ces derniers jours peuvent pourtant être qualifiés de crimes de guerre.

Au moins cinq éléments expliquent les atermoiements des pays occidentaux.
1 La rente pétrolière a muselé les pays importateurs
La Libye, quatrième producteur en Afrique, dispose des plus importantes réserves de pétrole du continent. Elle exporte 85% de son or noir vers l’Europe occidentale. Premier client, l’Italie, dont 22% de ses importations proviennent du pays nord-africain.

Selon Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences-Po, cette forte dépendance explique l’inertie des puissances occidentales :

« Le marché pétrolier est extrêmement tendu actuellement. La situation est suffisamment critique pour que les Etats exercent eux-mêmes une autocensure sans que Kadhafi ne les menace de fermer le robinet de brut. »

Depuis la fin de l’embargo sur la Libye déclaré en 1999, Kadhafi a attisé la compétition entre les puissances occidentales gourmandes en pétrole. Le Guide a abandonné ses habits de terroriste et ouvert ses exploitations pétrolières aux pays étrangers. Le régime est alors devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. L’Italie, la France, l’Allemagne et surtout la Grande-Bretagne ont sauté sur l’occasion.

Le régime jouit ainsi d’une manne financière colossale. Il encaisse chaque année 35 milliards de dollars. Une opulence dont s’est servi Kadhafi pour asservir la communauté internationale, selon Hasni Abidi :

« Il a mis en place une politique d’arrosage visant à faire taire toute contestation au niveau national, mais aussi international : il a financé des groupes d’amitié franco-libyens par exemple. (more…)

8 février 2011

La France au 37ème rang sur 43 pour son budget consacré à la justice

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:56

La Commission Européenne pour l’Efficacité de la Justice (CEPEJ) a dévoilé le 25 octobre 2010 son rapport comparatif sur les systèmes judiciaires européens.

Une fois de plus, le Ministère de la Justice s’est immédiatement félicité des « atouts du système judiciaire français » et a mis en avant une soit disant évolution notable du budget de la Justice, des résultats en matière d’informatisation des tribunaux et une meilleure capacité des tribunaux à rendre la justice. La Chancellerie, toute occupée à tirer de ce rapport quelques rares éléments positifs et à rappeler, contre toute logique, que la qualité d’une justice ne s’apprécie pas aux moyens qui lui sont alloués, oublie des réalités essentielles pourtant bien inquiétantes.

En effet, dans son rapport, la CEPEJ souligne que :

La France, déjà classée il y a deux ans au 35ème rang des pays du Conseil de l’Europe pour le budget public annuel total alloué au système judiciaire (tribunaux, ministère public et aide juridictionnelle) rapporté au Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, a reculé de deux places. 37è sur 43 pays, elle se situe désormais derrière l’Azerbaïdjan et l’Arménie…

Le budget total annuel alloué aux services judiciaires n’a augmenté en France que de 0,8% entre 2006 et 2008. Dans le même temps, ce budget augmentait de 26,8 % en Espagne de 24,5 % au Portugal, de 20,1 % en Autriche, de 10,3 % en Belgique et de 7,7 % aux Pays Bas, la moyenne européenne étant fixée à 17,7 % ! (more…)

5 février 2011

L’Europe prépare la retraite à 67 ans… C’est Quatremer qui vous le dit !

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

La perspective d’une Europe sociale semble s’éloigner de plus en plus de la réalité de l’Union Européenne. Mais quand ce constat d’échec est relayé par un article de Jean Quatremer lui-même qui explique le caractère inéluctable de la retraite à 67 ans pour cause d’harmonisation communautaire, le Nouveau BRN souligne le côté cocasse de la situation.

Soudain, on se sent moins seul. Que n’avait-on pas, ici même, répété que la perspective qu’advienne une « Europe sociale » était à peu près aussi probable que l’engagement du président de JP Morgan Chase en faveur de l’égalité salariale. En d’autres termes, que l’Europe – l’Union européenne, en réalité – était génétiquement antagonique avec le progrès social.

Mais une telle assertion déclenchait jusqu’à présent l’ire tant des « Européens convaincus » que des partisans d’une improbable « autre Europe » : les uns et les autres ne se privaient pas de vous trouver une vague ascendance lepéniste, à tout le moins le profil d’un minus habens au front bas.

Tout cela pourrait bien changer. En tout cas, l’on vient de recevoir un renfort aussi inattendu que décisif, en la personne de Jean Quatremer. Faut-il rappeler que notre confrère expatrié par Libération à Bruxelles se veut le flamboyant combattant de l’« aventure européenne » – s’il n’en restait qu’un, je serai celui-là. Comparés à son inébranlable foi communautaire, les mânes de Jean Monnet et de Robert Schumann apparaissent presque comme eurosceptiques.

Eh bien, le maître des Coulisses de Bruxelles (son blog de référence) est saisi d’un accès (excès ?) de louable franchise – qui, n’en doutons pas, fera école. Sous un titre sans ambigüité, qui plus est décoré d’un gourmand point d’exclamation (« Bientôt la retraite à 67 ans pour tous ! »), le billet n’y va pas par quatre chemins : « Les Français n’ont pas aimé la retraite à 62 ans, ils vont détester la retraite à 67 ans. Mais ils n’y couperont pas. Ceux qui souhaitaient une harmonisation sociale européenne ne s’attendaient sans doute pas à ce qu’elle se fasse dans ce sens ». (more…)

16 janvier 2011

Mauvaise polémique autour d’un agenda européen

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

 Tout Ministre qu’il est, Laurent Wauquiez devrait se souvenir qu’il vaut mieux tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Fantasme dominant d’une islamisation rampante oblige, le ministre aux affaires européennes pensait avoir enfourché le bon cheval en accusant l’Union Européenne de renier ses origines chrétiennes. L’objet par lequel le scandale arrive a pour nom: l’agenda Europa. Edité par la Commission européenne à destination des lycéens il mentionne dans son édition 2010-2011 les principales fêtes religieuses (Musulmanes, Juives, Hindoues) mais omet les chrétiennes.

L’information interpelle mais perd son caractère scandaleux si on prend le temps de se demander pourquoi. Tout d’abord, il convient de regarder un peu plus prés la philosophie et les objectifs assignés à cet agenda. Un petit tour sur le site internet qui lui est dédié permet de se faire une idée. L’agenda Europa est distribué depuis sept ans à plus de trois millions de lycéens et d’étudiants à travers l’Europe. Il contient des informations susceptibles de les aider dans les différents domaines de leur vie quotidienne ainsi que des illustrations mettant en scène les grands événements ayant jalonné l’histoire de la civilisation.

Si l’édition 2010-2011 comporte la mention de plusieurs fêtes religieuses relatives au judaïsme, à l’islam ou à l’hindouisme mais pas les fêtes religieuses chrétiennes c’est simplement parce que le choix éditorial a été mis sur la découverte des fêtes religieuses méconnues autres que chrétiennes.

L’initiative n’est peut être pas très judicieuse mais elle est loin d’être diabolique. Le concept a surtout offert un superbe cadeau de Noël à de nombreux eurosceptiques. (more…)

10 décembre 2010

Nicolas Sarkozy ne veut plus de défense européenne

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 10:00

Flickr - bernadettejfrPaul Quilès, ancien ministre de la Défense, dresse un bilan mitigé de la politique’ de défense actuelle. Il note que la coopération avec la Grande Bretagne ne saurait se substituer à la défense européenne telle qu’elle a été définie à Lisbonne et telle que le Président français semble aujourd’hui la délaisser.

L’Europe de la défense est toujours en panne, malgré l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, qui était supposé lui donner un nouvel élan. La force européenne de 60 000 hommes dont la constitution avait été décidée en décembre 1999 au sommet d’Helsinki n’existe que sur le papier. Les groupements tactiques européens déclarés opérationnels en 2007 n’ont jamais été utilisés et leur emploi n’est pas envisagé dans un avenir proche. Le refus turc de reconnaître la République de Chypre bloque la mise en œuvre des mécanismes de « Berlin plus », qui devaient permettre à l’Union européenne de recourir aux moyens de l’OTAN pour ses interventions de gestion des crises. Les trois missions militaires que conduit actuellement l’Union sont modestes, la plus importante d’entre elles se bornant à des tâches de police maritime au large de la Somalie. Quant au budget de l’Agence européenne de défense, chargée de promouvoir la coopération en matière d’armement, il n’est que d’environ 30 millions d’euros.

Et pourtant, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, décidé il y a 18 mois par Nicolas Sarkozy, devait « donner à l’Europe de la défense sa véritable dimension », selon les termes mêmes de François Fillon devant l’Assemblée nationale. Il s’agissait de convaincre nos partenaires européens qu’« un pas de plus vers l’Europe de la défense » n’était pas « un pas en arrière dans l’OTAN ». En prenant toute sa place dans l’organisation militaire intégrée, la France devait apporter la preuve que ses initiatives en faveur de l’Europe de la défense n’avaient pas pour but caché d’affaiblir le lien transatlantique.
En réalité, au-delà des proclamations, force est de constater que l’action de défense de l’Union européenne en est toujours au stade du symbole. Lorsque les Européens ont recours à la force armée comme en Afghanistan, c’est l’OTAN qui est leur cadre naturel d’intervention commune.
Cette situation n’est pas nouvelle, mais ce qui est nouveau, c’est l’absence d’initiative française pour la dépasser. Le Président de la République délaisse aujourd’hui le projet d’Europe de la défense, contrairement aux engagements du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. (more…)

9 décembre 2010

La guerre de l’euro

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

1291633948L’euro est en guerre.
Depuis plus d’un an, il est attaqué par les marchés financiers  entrainés par les spéculateurs qui jettent dans la bataille des dizaines, des centaines de milliards d’euros.
La Grèce et l’Irlande sont déjà tombées. Le Portugal et l’Espagne vacillent. L’Italie, la Belgique, la France craignent d’être les dominos suivants. Presque douze ans après son lancement, le 1er janvier 1999, l’euro, la monnaie unique de seize pays européens, parviendra-t-il à gagner la mère de toutes les batailles ? C’est peu dire que les Européens sont inquiets : l’euro est « dans une situation exceptionnellement grave », reconnaît ainsi le 23 novembre Angela Merkel, la chancelière allemande, avant de préciser trois jours plus tard qu’elle est « plus confiante qu’au printemps ». Le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, le 16 novembre, lance un appel à la mobilisation générale, car la zone euro se bât pour sa « survie » : « nous devons tous travailler de concert afin de permettre à la zone euro de survivre. Car si la zone euro ne survit pas, l’Union européenne ne survivra pas non plus ».

La zone euro n’est pas seule pour affronter des marchés déchaînés qui considèrent désormais que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal sont des pays plus risqués que le Vietnam, l’Égypte, l’Argentine, le Maroc… Elle peut compter sur des alliés puissants : ses onze partenaires de l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI), le G7 ou encore la Chine. Retour, en six dates, sur les coulisses de la crise de la dette souveraine (c’est-à-dire la dette de l’État), une crise que personne n’a vu venir et qui sera au menu de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, ce soir, et du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement des 16 et 17 décembre. (…)

Mercredi 18 février 2009 : Berlin murmure à l’oreille des marchés
Dehors, il fait un froid polaire en ce 5 février 2009. Rien que de très normal, puisqu’on est à Ilqaluit, dans le Grand Nord canadien, où vient de s’ouvrir une réunion des ministres des Finances du G7, le groupe des pays les plus industrialisés. Discrètement, Peer Steinbrück, le ministre des finances allemand, Christine Lagarde, la ministre des finances française, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Juncker, le premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroupe, et Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, s’éclipsent. Cela fait plusieurs semaines qu’ils ont pris l’habitude de se retrouver ainsi, en petit groupe. Mais cette fois-ci, côté discrétion, c’est raté : Giulio Tremonti, le ministre italien des Finances, « a vu qu’on se réunissait entre nous, en petit club, et il en a conçu beaucoup d’aigreur et il nous l’a fait savoir », se souvient en souriant Christine Lagarde.

L’objet de ces rencontres secrètes ? « On travaillait sur un scénario de défaut d’État et on imaginait des voies de secours si jamais cela devait se produire », raconte Jean-Claude Juncker. « On réfléchissait à la façon dont on pouvait exprimer une solidarité, financièrement, conforme aux règles du traité européen, et qui soit de nature à impressionner les marchés », confie Christine Lagarde : « on se posait surtout la question de savoir à quelle vitesse on serait capable de mobiliser des fonds s’il fallait intervenir rapidement en liquidités sur le marché ». (more…)

24 novembre 2010

L’Irlande fait banquer l’Union européenne

Filed under: 01 - Etudes et analyses,09 - Evènement — iledere @ 12:00

201011184ce4a688e5437-0 L’Europe au secours des banques irlandaises. Dublin a dû se résoudre, sous la contrainte des marchés financiers, à demander l’aide de l’Union européenne. Celle-ci s’est empressée d’accepter pour « pour sauvegarder la stabilité financière dans l’Union et la zone euro », selon les termes du communiqué des ministres des Finances des Vingt-sept publié dimanche soir. Aucune somme précise n’est encore avancée, mais les fonds prêtés à l’Irlande devraient se situer entre 85 et 110 milliards d’euros, selon les estimations de Barclays Capital.

Plusieurs prêteurs sont sur les rangs : le Fonds européen de stabilisation financière (FESF), autorisé à emprunter jusqu’à 440 milliards d’euros sur les marchés avec la garantie des États de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF), qui permet à la Commission de lever jusqu’à 60 milliards sur les marchés avec la garantie du budget communautaire, la Grande-Bretagne et la Suède (qui a déjà prêté à la Lettonie et à l’Islande) disposées à accorder des prêts bilatéraux et, enfin, le Fonds monétaire international (FMI). Décryptage d’une crise qui fait trembler la zone euro.

Pourquoi l’Union doit-elle intervenir ?
À la différence de la Grèce, sauvée in extremis en mai dernier par l’intervention des Européens et du FMI, qui lui ont prêté respectivement 80 milliards et 30 milliards, l’Irlande n’a pas de problème de liquidités, ses besoins de financement étant assurés jusqu’en juin 2011. Autrement dit, elle est parfaitement solvable et ses comptes publics sont sous contrôle, le gouvernement conservateur de Brian Cowen ayant déjà adopté depuis 2009 une vigoureuse politique de rigueur qui n’a rien à envier à celle imposée à Athènes par l’Union et le FMI. Ainsi, le dernier plan publié par Dublin prévoit une économie de 15 milliards d’euros en 4 ans, soit 10 % du PIB irlandais.

Le problème irlandais est, pour l’essentiel, bancaire : les banques de l’île ont profité de la dérégulation financière mise en place par le Fianna Fail (au pouvoir depuis 1987 sauf entre 94 et 97) et des bas taux d’intérêt offerts par l’euro pour prêter à tout va, créant ainsi une bulle immobilière. Lorsqu’elle a éclaté, le système bancaire n’a dû sa survie qu’à la garantie accordée par l’État à la dette bancaire (dépôt des particuliers et prêts des investisseurs, soit autour de 250 % du PIB…). Mais le sauvetage des banques locales a coûté cher : 50 milliards d’euros en recapitalisation et 80 milliards d’euros d’actifs toxiques cantonnés dans une « bad bank », la NAMA, ou structure de défaisance. Une facture qui a fait plonger le déficit public irlandais à – 32 % du PIB. Cela étant, il s’agit d’une dépense imputée sur une année qui ne se répétera pas et la dette publique (99 % du PIB) reste soutenable.

Le problème est que les marchés financiers ont commencé à craindre que l’Irlande soit incapable de faire face à ses remboursements. La volonté du Conseil européen de la fin du mois d’octobre de mettre en place une procédure de restructuration de la dette publique des États fortement endettés a achevé de les paniquer. De peur de perdre leur mise, ils se sont mis à exiger une prime de risque de plus en plus importante, lui interdisant en fait de se financer sur les marchés. Pour mettre l’Irlande à l’abri des marchés le temps que Dublin fasse le ménage dans ses finances publiques et dans son secteur bancaire, l’Union a été obligée d’intervenir. « Un bel exemple de prophétie autoréalisatrice », soupire-t-on à Bercy.

Cependant, il n’est même pas certain que les Européens devront réellement lui prêter de l’argent, la garantie explicite de l’Union pouvant suffire à ramener le calme. À voir dans les prochains jours. (more…)

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