Le referendum, un coup de poker de Papandreou ?
Avec son projet de référendum, le premier ministre socialiste grec cherche autant à relégitimer un gouvernement qui ne parvient pas à imposer ses réformes à la population et qu’à vaincre une opposition de droite sans idées de rechange.
>
Comme tous les peuples du pourtour de la Méditerranée, les Grecs adorent jouer aux dominos. Mais, le Premier ministre George Papandreou, qui a passé une bonne partie de sa jeunesse aux Etats-Unis, préfère lui, le poker. La manœuvre politique qu’il a commencé d’appliquer hier en annonçant un référendum sur le plan de sauvetage européen à la Grèce en a toutes les caractéristiques.
On sait qu’au jeu de carte, il faut dissimuler. Georges Papandreou l’a fait dans la nuit du 26 au 27 octobre, lors de la négociation de Bruxelles. Jamais il n’a averti Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, ou encore Christine Lagarde qui discutaient durement avec les représentants des banques de la division par deux de la dette publique grecque, qu’il pourrait consulter le peuple.
On comprend la « stupeur » qui a saisi hier le président de la République à l’annonce du referendum.
Après la dissimulation des cartes, il y a le bluff. En évoquant le referendum, Papandreou met au défi l’opposition de droite, la Nouvelle Démocratie dirigée par Antonis Samaras de présenter une solution alternative, ce que ce parti, qui a dilapidé l’argent européen dans des proportions inimaginables, est bien incapable de faire.
Un des proches amis de George Papandreou confie à Marianne2.fr : « j’ai cru hier que tout était fichu : le gouvernement, confronté à la contestation populaire, et aux violences des groupes d’extrême gauche, est incapable de mettre en place les lois décidées par le Parlement, et à chaque vote, la majorité PASOK se réduit. Elle ne compte plus que 153 députés lorsque qu’il faut 150 voix pour faire passer un texte. Alors ce référendum me semblait voué à l’échec. Mais si la question posée c’est : ou le plan européen ou la sortie de l’euro et de l’Europe, alors le référendum est gagnable ». (Lire la suite…)

Thessalonique, le 16 septembre. Un homme tente de s’immoler par le feu pour protester contre le gouvernement, les banques et les partis politiques.
Un nouveau plan d’aide à la finance dit «
Peu de gens le savent, l’Allemagne n’a jamais versé à la Grèce les indemnités de guerre après l’occupation de 1941 à 1945. De même elle n’a pas fini de payer les indemnités de la 1ère guerre mondiale. Cette
Son acte de défiance, un des tous premiers actes de résistance dans les pays occupés lui vaudra d’étre condamné à mort par contumace par les Nazis, arrêté à plusieurs reprises et torturé.
Quand on regarde les images des « indignés » de Syntagma, la place de la Constitution athénienne, il ne faut pas se tromper : les paumes ouvertes des contestataires ne saluent pas le Parlement. Elles forment un geste rude et méprisant, moutza, adressé aux élus de la nation – ces « voleurs », « traîtres », « vendus »…
En acceptant de réintroduire des contrôles aux frontières à certaines conditions, comme les ministres de l’Intérieur l’ont décidé le 12 mai, l’UE cède à la tendance du repli sur soi affichée par de nombreux Etats. Si les Vingt-Sept n’inversent pas la vapeur, l’UE court à sa perte.
