Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 juin 2011

C’est officiel : la loi Hadopi est illégale selon l’ONU

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Dans un rapport l’Onu s’attaque aux pays qui censurent la liberté d’expression sur internet. La France avec la loi Hadopi est directement visée. Elle est contraire à l’article 19, paragraphe 2, du Pacte International relatif aux Droits Civiques et Politiques.

Le rapport de l’ONU diffusé le 2 juin 2011 demande aux pays de modifier les lois qui privent les internautes d’internet même au nom de la propriété intellectuelle.

L’Onu s’oppose aussi aux conclusions d’ACTA et du G8 qui contraignent les acteurs techniques du web (fournisseurs d’accès…) à fliquer les internautes. Ils ne peuvent être responsables des actions de leurs clients.

L’article 19
La surveillance d’internet par les états est contraire au droit international. L’article 19, paragraphe 2 du Pacte International relatif aux Droits Civiques et Politiques explique : « Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »

La France, mauvais élève

Plus de 40 pays soutiennent l’Onu. La France qui a commencé mi juin sa campagne Hadopi pour 3 millions d’euros est bien évidemment absente de la liste :

Autriche, Bosnie, Botswana, Brésil, Canada, Chili, Costa Rica, Croatie, République tchèque, Danemark, Djibouti, Guatemala, Inde, Indonésie, Israël, Japon, Jordanie, Lituanie, FMR yougoslave de Macédoine Rep, les Maldives, Maurice, Mexique , Moldavie, Monténégro, Maroc, Pays-Bas, Nouvelle Zélande, Norvège, Palestine, Pérou, Pologne, Sénégal, Afrique du Sud, Serbie, Suède, Suisse, Tunisie, Turquie, Ukraine, Etats-Unis, l’Uruguay. (more…)

17 octobre 2010

« Hadopi, une loi très très gentille » selon Eddy Mitchell

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Pas d’hadopi. Pas de boogie woogie.

Interrogé par le Parisien, le chanteur Eddy Mitchell estime que les fichiers numériques ont définitivement remplacé le CD. « C’est la mort d’une industrie. Hormis les têtes couronnées, les productions de disques sont très pauvres. Ça se fait dans la cave, avec deux guitares, un synthé. Il n’y a plus de moyens. Internet a tué tout le monde », constate celui-ci. « Internet la source de tous nos problèmes » relatait également Enrico Macias, traduisant chez certains artistes une vision très particulière de cet univers-là.

(Dans le cas d’Enrico Macias, on comprend qu’il pleurniche : il avait  planqué ses sous en Islande et a tout perdu lors de la crise et de la débâcle de l’économie islandaise. Ses « prestations musicales » vont sans doute peiner à lui apporter la fortune perdue. Pour autant je suis dubitatif : ses derniers fans sont-ils capable de maîtriser l’outil informatique pour télécharger ses ritournelles ? Et connaissez-vous des « djeuns » qui téléchargent du Macias ? Note du Webmestre)

Cependant, « Schmoll » estime les maisons de disques responsables de cette tuerie : « Les maisons de disques sont responsables parce qu’elles ont laissé faire, pensant qu’on continuerait à vendre du CD tout en faisant du fichier. Maintenant, le piratage est dans les mœurs. Vous ne pouvez pas en vouloir aux gens parce que ce ne sont pas eux qui ont inventé le système, la machine ».

« On se croirait à la maternelle »
Sur Hadopi, les critiques sont nettement plus tendres, voire fleuries : cette loi « est très, très gentille. On se croirait à la maternelle. « Alors monsieur, vous avez copié, vous avez piraté. On vous envoie une lettre. C’est pas beau, faites attention. » Au bout de trois lettres : « Attention, vous risquez une amende. » Ils s’en foutent. On ne va pas fusiller les gens parce qu’ils piratent, mais il y a quand même une juste mesure ».

Il faut peut-être se souvenir que la loi frappe déjà jusqu’à 300 000 euros d’amende et 3 ans de prison celui qui met à disposition un fichier, et qu’Hadopi sanctionne au surplus l’abonné qui n’a pas su prévenir cet acte illicite. (more…)

6 août 2010

Lumière sur les effets du piratage de filmspirat

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:30

pirateComme le dit très jus­te­ment Alban Martin, spé­cia­liste des médias infor­ma­ti­sés et des stra­té­gies de com­mu­ni­ca­tion : « poser la ques­tion et toi, tu télé­charges ? en 2010, c’est un peu comme deman­der et toi, t’es sur Facebook ou pas ?. Ou bien se deman­der entre pro­fes­sion­nels du cinéma et toi, tu vas à Cannes cette année ?« . Il est un fait établi que le télé­char­ge­ment de films est désor­mais une pra­tique généralisée.

Et, tout comme le magné­to­scope était, à ses débuts, com­paré à l’étrangleur de Boston, l’industrie du cinéma crie à l’assassin face à l’échange de films sur Internet. Or, si le pira­tage n’a pas baissé, le chiffre d’affaires de l’industrie ciné­ma­to­gra­phique, lui, a explosé. En 2009, les salles françaises connaissent leur plus forte fréquen­ta­tion depuis 27 ans. Par ailleurs, tan­dis que les ventes de DVD chutent, les autres modes de dif­fu­sion pro­gressent : la VOD appa­raît pro­met­teuse, les nou­veaux sup­ports vidéo haute défi­ni­tion prennent la relève du DVD et de la VHS.

Alors, pourquoi l’Hadopi et sa croi­sade contre le vol à l’étalage et tous ces pirates assoif­fés de gra­tuit ? Pourquoi avan­cer que le pira­tage fera 1,2 mil­lion de chô­meurs en Europe en 2015 ?

Comme le sou­ligne un récent rap­port de la Cour des comptes amé­ri­caine (GAO), qui a étudié les recherches sur les effets du pira­tage parues entre 1999 et 2009, il n’existe aucune métho­do­lo­gie unique de col­lecte et d’analyse des don­nées pour mesu­rer les effets de l’échange illé­gal de fichiers numé­riques sur les indus­tries cultu­relles. La manière dont les infor­ma­tions sont col­lec­tées, dont le taux de sub­sti­tu­tion est cal­culé et dont la valeur des pro­duits est esti­mée, varient selon les pays et les indus­tries. Les études et les experts sug­gèrent que le pira­tage est un phé­no­mène qui influe sur les com­por­te­ments et la pro­pen­sion à inno­ver des entre­prises. Les effets sont mul­tiples sur les consom­ma­teurs, les indus­tries, les gou­ver­ne­ments et l’économie.

Il faut bien com­prendre la spé­ci­fi­cité de la consom­ma­tion de films
Rares sont les études consa­crées unique­ment à l’impact de l’échange illé­gal des films. Les ana­lyses font sou­vent le paral­lèle entre plu­sieurs domaines cultu­rels tou­chés par le télé­char­ge­ment illé­gal, ou bien sont unique­ment consa­crées à la musique, domaine qui fut le pre­mier tou­ché par le phénomène.

Or, comme le sou­lignent les trois cher­cheurs de Télécom ParisTech dans leur étude de 2006 sur le télé­char­ge­ment illé­gal des films dans les uni­ver­si­tés françaises : « […] la consom­ma­tion des films com­porte d’importantes dif­fé­rences avec la consom­ma­tion de musique ; de ce fait, les résul­tats obte­nus pour l’industrie de la musique ne peuvent pas être appliqués en tant que tel pour ana­ly­ser le pira­tage des films ».

Les auteurs montrent ainsi qu’il est plu­tôt rare de vision­ner un film plu­sieurs fois. L’effet posi­tif du test gra­tuit avant achat (sam­pling effect) semble plus faible pour les films que pour la musique, même si des exter­na­li­tés posi­tives existent avec le phé­no­mène du bouche à oreille. Par ailleurs, le télé­char­ge­ment et le sto­ckage d’un film demeurent plus coû­teux en maté­riel et en temps, puisque le fichier est plus lourd et qu’à la dif­fé­rence d’un DVD, il faut trou­ver sur Internet la bonne ver­sion et éven­tuel­le­ment les sous-titres cor­res­pon­dants. Enfin, pour un même pro­duit, les reve­nus sont géné­rés sur plu­sieurs sup­ports : la salle, le DVD, la TV et désor­mais Internet. Les effets du pira­tage de films peuvent alors varier selon les dif­fé­rents seg­ments de l’économie du cinéma. Tout en étant conscient de la spé­ci­fi­cité des effets du pira­tage sur l’industrie du film, des ten­dances com­munes se des­sinent entre les diverses indus­tries du contenu.

Depuis 2005, le P2P n’affecterait plus les ventes…
Malgré le manque de don­nées dis­po­nibles, les recherches révèlent une évolu­tion sub­stan­tielle de la nature du phé­no­mène dans le temps. Les trois cher­cheurs de Télécom ParisTech décrivent ainsi dans leur étude com­ment, de 1998 à 2002, les entrées en salles étaient en aug­men­ta­tion constante dans la plu­part des pays de l’UE (+12% en France, +17% en Allemagne) et aux US (+37%), pour ensuite chu­ter de 2002 à 2005 (-1% en France, –22,5% en Allemagne, –5,6% aux US). De même, les ventes de DVD ont aug­menté de moi­tié en 2003 et dans des pro­por­tions égales en 2004, pour ensuite n’augmenter que de 9% en 2005. Un phé­no­mène simi­laire appa­raît pour l’industrie de la musique. Ainsi, Martin Peitz et Patrick Waelbroeck concluent, dans leur étude de 2004, à une perte en terme de ventes de 1998 à 2002, induite par le télé­char­ge­ment illé­gal, ce que peu d’économistes contestent sur cette période et qui cor­res­pond aux débuts des réseaux P2P. (more…)

6 mai 2010

Hadopi : Sarkozy n’a pas encore nommé un de ses proches, si ? Si.

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

ewUne autorité « indépendante » et des « nominations irréprochables »…Question pour un champion : Je suis l’ancien conseiller des technologies de l’information et de la communication du ministère de l’Intérieur jusqu’en 2007, puis j’ai dirigé le service Internet de l’UMP pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Je suis un proche du chef de l’Etat. Je suis… Je suis… Le nouveau secrétaire général du collège chargé d’appliquer la loi contre le piratage, Eric Walter.
L’homme « devra notamment organiser la concertation de toutes les parties prenantes (industrie culturelle, consommateurs, FAI, éditeurs de logiciels de sécurisation, industriels de l’électronique grand public) et préparer le rapport annuel de la Haute Autorité, résume 20 minutes. Surtout, « il est responsable de la tenue des objectifs ».
Eric Walter occupera donc un rôle central au sein du collège
« . Au passage, l’heureux élu doit déjà assumer un passif : « les promesses du précédent gouvernement UMP et de Nicolas Sarkozy n’ont pas été tenues, constate ZDNet. En 2007, Eric Walter insistait en effet sur la volonté du président de réaliser, comme cela était prévu, un bilan de la loi Dadvsi. Or ce bilan n’avait jamais vu le jour et la loi Hadopi a été votée sans qu’il ait été possible de vérifier l’efficacité du précédent dispositif mis en place pour lutter contre le téléchargement. » Il ne manquerait plus que ces incapables soient obligés de reconnaître la nullité de leur oeuvre ! Ce qui ne les aurait certes pas empêchés de récidiver dans l’incompétence avec l’Hadopi*…

Le collège de la Haute autorité comptait déjà dans ses rangs l’ancien ministre de la Culture UMP Jacques Toubon, le sénateur UMP Michel Thiollière et le député UMP Franck Riester (sur 9 membres). Curieusement, ils y sont les seules personnalités politiques. Pas même donc un petit « socialiste », pour faire peut-être un peu moins monocolore ? Pensez-vous. Juste l’UMP. Et le collège a donc désormais comme secrétaire général un proche de Sarkozy. A présent, nous vous proposons un exercice extrèmement difficile. Gardez votre sérieux en lisant la phrases qui suit : le collège de l’Hadopi est une autorité indépendante.

Vous y êtes parvenu ? Essayez donc alors avec ces deux déclarations du président de la République, qui est quand même le roi de tous ces guignols : « Je veux que les nominations soient irréprochables » ; « Toute nomination qui apparaît comme l’expression d’une connivence est détestable pour la République et pour l’État. » Mais c’est bien la présidence Sarkozy qui est « détestable pour la République et pour l’État » !

Par Olivier Bonnet pour « plume de presse »

*L’Hadopi « instaure une justice d’exception qui pourra sanctionner sur la seule foi d’une non-preuve – une adresse IP peut se pirater -, infliger au présumé fautif la double peine de la suspension de l’abonnement sans cessation de son paiement et, en frappant forcément le foyer entier, condamne à une punition collective : le petit Jérémie télécharge, en admettant que c’est vraiment lui et pas un hacker qui a piraté son IP. Eh bien fini Internet pour son père, sa mère et ses deux sœurs ! Tout cela a été expliqué en long et en large à la ministre mais cette cruche d’Albanel – et au-delà, ce cruchon de Sarkozy, qui met un point d’honneur à faire passer ce texte – s’entête« , pestions-nous en mai 2009. Avant l’heureuse censure du Conseil constitutionnel : « Internet est une composante de la liberté d’expression » et sa coupure ne saurait donc être décidée par une autorité administrative, mais nécessairement par un juge. L’Hadopi devra donc se contenter d’envoyer des avertissements. En outre, en obligeant l’internaute accusé de téléchargement illégal à prouver que sa connexion a éventuellement été piratée, la loi viole la présomption d’innocence. Ce sera donc à l’accusation qu’il reviendra de prouver qu’il n’y a pas eu piratage. En résumé, les sages ont infligé à Albanel et Sarkozy une mémorable claque qui n’a pas fini de leur rougir les fesses ! » Le billet s’intitulait Bonnet d’âne à Christine Albanel. Ne vous inquiétez pas pour elle, virée du gouvernement : elle fut recasée chez Orange. Une autre « nomination irréprochable« …

22 avril 2010

Des hackers tuent Hadopi avec un bout de code…

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Quand la loi iPred (1) a été votée en Suède, les administrateurs du fameux tracker Torrent, The Pirate Bay, avaient émis l’idée d’inonder les trackers Torrent de fausses adresses IP. Ce n’est plus une promesse, c’est maintenant une réalité. A l’heure où on attend toujours les spécifications du logiciels de sécurisation sensé permettre de prouver votre bonne foi, un code souce pour le moins original a récemment son apparition sur le Net.

L’information a été initialement révélée sur le blog Hack45. Pas de soucis…. Baptisé Seedfuck, le code source propose d’injecter plusieurs centaines d’adresses IP, aléatoires ou prédéfinies dans les trackers Torrent, semant ainsi un certain chaos et rendant plus difficile l’identification formelle des internautes se trouvant derrière ces IP. Peu importe que vous ne sachiez même pas ce qu’est le peer to peer, votre propre IP peut ainsi se retrouver collectée et identifiée par la HADOPI. Il ne semble pas que ce code soit une réponse à l’HADOPI vu son origine, son auteur ne semblant pas être d’origine française (le concept du code lui même n’est d’ailleurs pas nouveau).

Ce code d’exploitation est à double tranchant, certains s’inquièteront à juste titre de voir leur propre IP générée aléatoirement. S’il génère aujourd’hui des adresses complètement aléatoires, une très légère modification lui permet de ne cibler que des adresses IP françaises et même des adresses prédéfinies ( »comme par exemple celles de ministères » se raillent beaucoup d’internautes). Une fois compilé et pesé à 5 kilo octets tout mouillés, le code pourrait même être inoculé sous forme de chevaux de Troie, rendant ainsi la localisation des plaisantins encore plus complexes.

On ne sait donc pas s’il faut en rire ou en pleurer, mais en tout cas, une chose est maintenant sûre, TMG, la société mandatée par les ayants droits pour faire la traque aux téléchargeurs, va devoir sur pencher plus sérieusement sur la validité des preuves qu’elle recueille pour confondre les internautes partageurs.

La technique employée par SeedFuck (le Torrent Poisoning) n’est pas indécelable mais la surveillance devra aussi prendre en compte le Peer Exchange en plus des adresses IP collectées dans le swarm, ce qui pourrait engendrer un coût supplémentaire).

Du coup, quelques questions se posent :

* Les sociétés mandatées par les ayants droit prendront elles le risque de présenter devant un juge un dossier qui risque de présenter une IP générée aléatoirement ?†
* Comment sans une saisie physique se rendre compte si oui ou non le fichier a effectivement été téléchargé ou non (SeedFuck serait capable de simuler les évènements comme la complession d’un téléchargement ou le nombre d’octets qui restent à télécharger)
* Combien va coûter une collecte de preuves plus aboutie ?
* Combien de vrais téléchargeurs la HADOPI pourra t-elle effectivement confondre si des dizaines de millions de faux positifs sont générés chaque jour
* A quoi s’attaquera HADOPI 3 ?
* Ce proof of concept ne va t-il pas donner naissance à des évolutions plus élaborées ? (more…)

11 février 2010

Hadopi, Loppsi, Acta… Qui veut tuer l’Internet?

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:11

L’arsenal législatif qui régit le Net est de plus en plus répressif. Pourquoi, pour qui, comment? Eclaircissons les zones d’ombre.

Loin de l’image habituelle d’un impitoyable far west, le web est en réalité un espace surréglementé et l’arsenal législatif le concernant ne cesse de s’accroître. Hadopi, Loppsi, Acta… En règle générale, il est de bon ton de faire comme si tout le monde en comprenait les tenants et les aboutissants. Mais au final, on peut parier sans trop de risque que l’écrasante majorité des 37,4 millions d’internautes français âgés de plus de 11ans n’y entravent rien, et que tous ces acronymes leur évoquent autant de choses que le classement des particules subatomiques.

Voici donc une tentative d’éclaircissement à l’usage des non-spécialistes.

La jungle des acronymes

Hadopi: en réalité, ce n’est pas une loi mais un organisme créé par une loi. La «haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet». Hadopi, dans la tête de ceux qui l’ont créée, s’occupe donc du droit d’auteur pillé sur le web par des pirates mettant en danger l’équilibre culturel de la planète. Elle devrait être opérationnelle dans le courant de l’année.

Loppsi: «Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure». En discussion à l’Assemblée nationale ce mardi 9 février. La Loppsi ne traite pas uniquement du web, elle s’occupe de la sécurité en général (en proposant de renforcer les pouvoirs de la police municipale) Pour le volet web, alors que Hadopi traitait du droit d’auteur, du téléchargement d’œuvre, la Loppsi est une série de mesures pour lutter contre les réseaux de la cybercriminalité, comme les sites pédo-pornographiques. (Tiens, donc. Ce qui voudrait dire que ce ne sont pas les gamins qui téléchargent Transformers 2 qui sont les vrais criminels du web?)

Acta: «Anti-Counterfeiting Trade Agreement». Alors que les deux acronymes susnommés sont des lois franco-françaises, absurdité souvent soulignée puisqu’Internet n’a pas de frontière, l’Acta est un accord en cours de négociation entre l’UE, les Etats-Unis, la Suisse, le Japon, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Jordanie, le Maroc, Singapour et les Émirats arabes unis. Il porte sur le renforcement de la propriété intellectuelle, mais pas uniquement de produit culturel. En d’autres mots, il concerne aussi bien le téléchargement illégal de Bienvenue chez les Ch’tis que la contrefaçon de Viagra ou de polos Lacoste. Il s’agit de protéger tous les brevets (médicaments ou autres) et de lutter contre les contrefaçons.

Loppsi, quels dangers?

Comme Hadopi, Loppsi a ses détracteurs. Mais sachant qu’il s’agit d’une loi qui renforce les moyens de lutter contre les sites pédopornographiques, objet premier de ce nouvel arsenal législatif, on se demande ce qu’on peut bien lui reprocher. Le problème posé par la Loppsi n’est pas son but, la pédopornographie est interdite et doit évidemment être punie, mais la nature des moyens mis en œuvre. Concrètement, un site pédopornographique cracra est signalé. La police du Net peut essayer d’intervenir directement, en remontant à la source. Sauf si c’est un site qui fonctionne depuis l’étranger. Ce qui est, évidemment, le cas le plus fréquent. La Loppsi prévoit alors d’obliger les fournisseurs d’accès internet à bloquer le site en question. (more…)

11 janvier 2010

Hadopi : déjà des problèmes avec la police

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Cette création de l’agence Plan Créatif dont la philosophie qualifiée de militante est « de reconstruire une relation de confiance entre le consommateur et la marque, entre le citoyen et les institutions, entre le client et son agence », fait grincer des dents deux créateurs graphique.
Jean-Baptiste Levée, créateur de caractères & typographe à Paris note que le caractère utilisé pour les lettres est la Police Bienvenue (son i est bien reconnaissable). Telle quelle. Cette police de caractère a été dessinée par Jean-François Porchez en 2000 pour l’usage exclusif de France Télécom. Ce que confirme Geoffrey Gorne sur son blog Graphisme & interactivité, qui précise que cette police, nominée en 2001 aux trophée d’or de la typographie, est interdite pour toute autre utilisation que la promotion de France Télécom. Le site Typofonderie est explicite sur ce point : « Bienvenue is a proprietary typeface for France Télécom and will as such never be made available to the general public. »

Ce point de détail soulève pourtant une foule de questions. Est-ce un accord entre France Télécom et l’Etat ? Hadopi utiliserait-elle une police piratée ? La jolie profession de foi de l’agence Plan Créatif est-elle a prendre au premier degré ?

7 novembre 2009

L’Hadopi menacée par la technologie « Perseus »

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

(Sipa)Un nouveau système de protection des communications privées développé par des spécialistes en sécurité informatique pourrait, théoriquement, rendre totalement inefficace la dispositif de lutte contre le téléchargement imaginé par le gouvernement.

Une nouvelle technologie de protection des communications privées sur internet développée par une équipe de spécialistes en sécurité informatique, et présentée le 28 octobre lors d’une conférence au Luxembourg, pourrait rendre inopérant le dispositif de lutte contre le téléchargement prévu par la loi Hadopi.
Baptisé « Perseus », cette nouvelle technologie se présente sous la forme d’un module qui, une fois installé sur le navigateur Firefox, protège l’échange d’informations entre deux internautes en rendant particulièrement difficile toute « écoute ».

Vie privée et intérêts de l’Etat
« L’idée de départ était d’assurer le respect de la vie privée des internautes tout en ménageant les intérêts de l’Etat », explique Eric Filiol, directeur de la recherche de l’Ecole Supérieure d’Informatique Electronique Automatique (ESIEA) à l’origine du projet. Pour cela, l’équipe d’Eric Filiol a développé un système de protection inviolable, « à moins de disposer d’une puissance de calcul réservée aux affaires vraiment sérieuses ». « Le but n’est pas de rendre l’écoute impossible, mais de la rendre impossible pour des officines privées« .
La technologie utilisée par « Perseus » repose sur deux dispositifs. « En résumé, quand deux internautes échangent des informations », explique Eric Filiol, « ils utilisent un codeur qui change à chaque fois ». De plus, Perseus ajoute « un bruit » que seuls les deux internautes reconnaissent, et rendant impossible l’identification du codeur. « La communication ressemble ainsi à n’importe quelle communication normale ». Ainsi toute écoute en temps réel de la communication est rendue impossible, à moins de disposer d’une puissance de calcul réservée aux services de l’Etat et aux affaires les plus importantes. (more…)

8 octobre 2009

Confessions d’un pirate anonyme

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:30

Quand j’étais adolescent, au début des années 1990, nous n’avions pas accès à internet, mais j’avais des correspondants avec qui j’échangeais des cassettes. Dans le sabir du moment, nous étions des « swappers ». Nous mettions de la colle sur les timbres, et le destinataire, en les passant soigneusement sous l’eau, faisait partir le tampon afin qu’ils soient réutilisables ; pour un garçon de quinze ans qui a peu d’argent de poche, cela faisait une différence. C’était pour moi les premiers soupçons d’un accès gratuit à la culture, une culture que je n’imaginais même pas et que je rencontrais sans l’intermédiaire des radios et des magazines, au fil un peu aléatoire de contacts avec des gens jamais vus. Nous y ajoutions des disquettes remplies de choses que personne ne considérait comme culturelles : c’était avant que l’industrie du jeu vidéo ne souffle dans les trompettes de la respectabilité et, au lieu de se satisfaire de son artisanat besogneux, ne tente (derrière des poses forcément modernistes mais à l’aide d’un discours extrêmement convenu sur la culture et une chimérique « French touch ») de rejoindre le cercle fermé des industries culturelles. Comme toute religion est une secte qui a réussi, comme on a institué au Moyen Âge la séparation entre arts libéraux et arts mécaniques, l’industrie culturelle n’est qu’un pan du secteur des loisirs qui a fait accepter le mythe de son exceptionnalité. Face à cette noblesse de robe, les nouveaux riches veulent être de la fête.

Vers l’an 2000, avec l’apparition de Napster et de quelques autres réseaux concurrents, je me mis à cette activité nouvelle qu’était le téléchargement de musique. J’avais bien picoré, pendant mes études, sur divers sites de photos (profitant de la connexion mise à disposition par l’établissement), mais l’échange de fichiers musicaux n’était pas encore à la mode et le format MP3 était alors quasi inconnu ; on se contentait, à l’époque, de lire ce que d’autres disaient de leurs œuvres préférées et de les trouver par nos propres moyens, hors ligne. Certains sites tenaient une place de choix, faisaient même figure de référence : la « Maison-Page » de Jean-Pascal est encore là, et son auteur tient toujours, dernière activité au milieu des textes abandonnés, un journal consacré en grande partie à ses découvertes musicales. (more…)

Page suivante »

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons