Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 septembre 2011

Affaire Karachi : si vous avez raté un épisode

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:00

Les investigations autour de l’affaire Karachi mènent au financement de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.AFP/ERIC FEFERBERG

Après Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, la justice vient de faire un pas de plus en direction de Nicolas Sarkozy puisque c’est désormais Brice Hortefeux – politiquement le plus proche de lui  – qui a été directement impliqué, vendredi 23 septembre. Pour bien comprendre les scénarios et les enjeux des affaires qui touchent actuellement les plus hautes sphères de l’Etat, il faut remonter à l’attentat de Karachi en 2002.

Le point de départ : l’affaire Karachi. Lorsque Edouard Balladur était premier ministre (1993-1995), il avait mis en place un système de commissions légales pour réussir à conclure des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Des intermédiaires étaient payés pour faire du lobbying auprès de ces deux pays, dont le Libanais Ziad Takieddine. Jusqu’ici rien d’illégal. Mais les juges soupçonnent qu’une partie de l’argent reçu par ces intermédiaires est revenu à Edouard Balladur, via des sociétés écrans, afin de financer illégalement sa campagne pour l’élection de 1995. Ce sont les fameuses « rétrocommissions ». Jacques Chirac accède à la présidence en 1995 et, rapidement, il fait stopper ce système de commissions, avant tout pour priver ses ennemis balladuriens de ces sommes.

Le 8 mai 2002, un attentat-suicide fait 14 morts à Karachi, au Pakistan, dont 11 employés français de la Direction des constructions navales. La justice pakistanaise a attribué l’attentat à un groupe terroriste, mais la justice française retient hypothèse d’une vengeance de responsables pakistanais n’ayant pas reçu les commissions qui leur avaient été promises.

Une information ayant été ouverte sur le volet financier de l’affaire, Ziad Takieddine a été mis en examen, le 14 septembre 2011, pour « complicité et recel d’abus de biens sociaux ». (more…)

24 septembre 2011

Quand Nicolas Sarkozy viole la Constitution dans l’affaire Karachigate

Filed under: 07 - Justice,09 - Evènement — iledere @ 12:00

C’est Guy Birenbaum qui le signale sur son blog. Nicolas Sarkozy, Président de la République française, vient une nouvelle fois de violer la Constitution, dont il devrait être par ses fonctions le premier défenseur.

En effet  dans un communiqué de l’Élysée annonce que « le nom du chef de l’Etat n’apparaît dans aucun des éléments du dossier. ».

Cette phrase pose doublement problème. Tout d’abord c’est une violation flagrante de la séparation des pouvoirs, l’un des principes fondamentaux et fondateurs de notre République. En effet, pour pouvoir affirmer une telle chose, il faudrait que la Présidence de la République ait eu accès au dossier en cours d’instruction, instruction qui est protégée par la loi (secret de l’instruction).

Un Nicolas Sarkozy qui viole les principes fondamentaux du droit et de la Constitution, ce n’est pas une nouveauté. On avait eu droit par exemple à la désignation de Dominique de Villepin comme coupable en violation du principe de la présomption d’innocence et de séparation des pouvoirs.

Et les hommes de Nicolas Sarkozy ne sont pas en reste. Par exemple lorsque les journalistes du Monde sont espionnés en violation avec la loi et les principes de protection des sources et de liberté de la presse.

Mais cette déclaration pose aussi problème parce qu’elle est fausse. Ainsi Fabrice Arfi, journaliste à MediaPart qui enquête sur l’affaire affirme que cette déclaration de l’Elysée est un mensonge et que « Nicolas Sarkozy est désigné par plusieurs témoins et plusieurs documents dans le dossier du juge Van Ruymbeke. »

Fabrice Arfi écrit :
« Plusieurs témoins, entendus ces derniers mois par la police ou par les juges, ont également évoqué le rôle crucial du ministre du budget [ Nicolas Sarkozy, nda ] dans la validation des plans de financement des marchés d’armement, lesquels comprennent les versements des commissions — fussent-elles occultes. »

Voilà où nous en sommes arrivé, un multi-récidiviste de la violation des principes du droit et de la constitution préside la République qu’il devrait protéger. (more…)

19 juillet 2011

Tapie est à l’affût d’un magot encore plus gros

Filed under: 07 - Justice,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 8:42

Couverture du livre de GuelfiDepuis que Christine Lagarde a permis qu’un arbitrage règle son conflit avec le Crédit lyonnais, Bernard Tapie est un homme riche. Ayant perçu 403 millions d’euros de dédommagements dont près de 240 millions d’euros sont tombés, net, dans sa poche, il est même richissime. Il rêve pourtant d’amasser une fortune plus colossale encore, en mettant la main sur une partie des gigantesques dédommagements – plus d’un milliard d’euros – que l’homme d’affaires André Guelfi, en conflit judiciaire avec Total, espère obtenir de la compagnie pétrolière.

Les deux hommes, qui se sont connus en prison en 1997, ont signé un contrat au terme duquel ils sont convenus de partager les gains qu’ils pourraient empocher, l’un dans l’affaire Crédit lyonnais, l’autre dans l’affaire Total. Le secret, que Mediapart est parvenu à percer, pourrait expliquer les protections constantes dont Bernard Tapie a profité ces dernières années de la part de l’Elysée, et qui valent à la patronne du FMI une cascade de poursuites judiciaires.

Cette proximité entre Bernard Tapie et l’un des plus célèbres condamnés du procès Elf, André Guelfi, dit «Dédé-la-Sardine», est connue de longue date. Au lendemain de la sentence du 7 juillet 2008, qui avait accordé un pactole de 403 millions d’euros à l’ex-ministre de François Mitterrand, nous nous en étions fait l’écho (lire Affaire Tapie: le mystérieux contrat avec Dédé-la-Sardine). Mais à l’époque, nous n’avions pas eu connaissance des modalités du pacte que les deux hommes avaient passé.

L’origine de l’amitié entre Bernard Tapie et André Guelfi a été expliquée dans un livre autobiographique, L’Original (Robert Laffont, 1999). André Guelfi – qui a possédé dans le passé des bateaux-usines au large de la Mauritanie, ce qui lui a valu ce sobriquet de Dédé-la-Sardine – raconte qu’au printemps 1997, il est en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris, dans le cadre de l’instruction de l’affaire Elf. Il est soupçonné d’avoir empoché 50 millions de francs de commissions sur un contrat en Ouzbékistan. Après un ultime pourvoi en cassation, rejeté le 31 janvier 2006, André Guelfi sera définitivement condamné à trois ans d’emprisonnement dont 18 mois ferme et 1,5 million d’euros d’amendes.De son côté, Bernard Tapie est lui aussi à la prison de la Santé, pris dans les turbulences judiciaires de l’affaire du match truqué de football Valenciennes-Olympique de Marseille.

Curieusement, les deux hommes, qui ont chacun contrôlé une société d’équipements sportifs – Le Coq sportif pour André Guelfi, Adidas pour Bernard Tapie –, frayent dans les mêmes milieux du sport et de l’olympisme, mais ne se sont jamais rencontrés auparavant, selon la version officielle. Emprisonnés dans des cellules voisines, André Guelfi, qui est proche de nombreux dirigeants ou chefs d’Etat de pays de l’ex-bloc soviétique et qui monnaie souvent ses services pour aider de grandes entreprises à décrocher de gros contrats sur ces marchés, et Bernard Tapie, président de l’OM, font donc connaissance et se lient l’un à l’autre.

«Dès les premiers jours de mon incarcération, raconte Dédé-la-Sardine dans son livre, il était venu frapper à la porte de ma cellule et m’avait interpellé:
– Monsieur Guelfi… ?
– « Monsieur Guelfi »? Je me dis: « Tu délires ou quoi? Qui peut bien me donner du Monsieur ici. »
– Monsieur Guelfi? C’est Bernard Tapie!
– Ah, c’est bien… Je suis content. Je veux dire, je suis content de vous entendre, pas de vous savoir là!
– Je m’en doute! Vous savez, Monsieur Guelfi, il y a trois ans, j’ai cherché à avoir un rendez-vous avec vous…
– Eh bien rassurez-vous: maintenant on va avoir le temps. J’ai un agenda assez peu chargé. On va pouvoir se voir tous les jours(more…)

10 février 2011

Les sénateurs refusent de restreindre le droit au séjour des étrangers malades

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 6:30

Nouveau revers pour le gouvernement lors de l’examen, en première lecture, du projet de loi sur l’immigration: après avoir refusé d’étendre la déchéance de nationalité, les sénateurs se sont opposés, mardi 8 février, à la restriction du droit au séjour des étrangers malades introduite par amendement à l’Assemblée nationale en octobre 2010.

Les députés de la majorité visaient les étrangers atteints de pathologies graves, c’est-à-dire ceux «dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité», selon la définition inscrite à l’article L313-11-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, qui prévoit que ces personnes obtiennent une carte de séjour temporaire lorsqu’elles ne «peuvent effectivement bénéficier d’un traitement approprié» dans leur pays d’origine. Avec l’aval du gouvernement, ils avaient fragilisé l’accès à ce droit créé en 1998.

Dès la mi-janvier, la commission des lois du Sénat avait donné le la en faisant machine arrière, «s’inquiétant des conséquences en terme de santé publique». À cette occasion, le socialiste Richard Yung a rappelé que 90% des étrangers (5.945 en 2009) obtenant une autorisation de séjour de cette manière résident déjà en France, afin de couper court à l’argument de l’appel d’air mis en avant sur les rangs de droite. L’élu a, par ailleurs, insisté sur le fait qu’accessibilité et disponibilité ne sont pas synonymes. «Les trithérapies les plus modernes sont disponibles à Bamako mais en clinique privée – et chère – et non à l’hôpital public voisin, et encore moins dans la ville de Kayes», a-t-il insisté.

Le sénateur UMP Jean-René Lecerf est lui-même monté au créneau sur l’aspect budgétaire: «Dispose-t-on d’une étude d’impact? Dans le cas contraire, faut-il soutenir cette disposition introduite à l’Assemblée nationale qui ne présente même pas d’intérêt financier? Ce sont les services d’urgence qui seront mis à contribution.» (more…)

23 décembre 2010

Hortefeux est-il un délinquant ou un incompétent ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

(Flickr - Medef - CC)Le ministre de l’Intérieur a été une nouvelle fois condamné par la justice. Le PS croît avoir enfin sa tête. Alors qu’il n’a pas attendu les tribunaux pour se traîner des casseroles.

Un délinquant au gouvernement. Après sa condamnation pour injure raciale en juin, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, vient d’être condamné à 1 euro de dommages et intérêts pour atteinte à la présomption d’innocence contre David Sénat, l’ex-conseiller de MAM. Il l’avait accusé d’être une des sources des journalistes dans l’affaire Bettencourt. Il a fait appel dans les deux cas.

Il n’en fallait pas plus pour que le PS demande sa tête. « L’idée que je me fais de la morale en politique, c’est que quand on est condamné comme ça, on doit démissionner » , avait déclaré vendredi à l’AFP Benoît Hamon, porte-parole du parti. Il a été suivi dimanche par Laurent Fabius qui pointait « un vrai problème de crédibilité » pour le ministre.

Lors de la première condamnation du ministre, Hamon avait déjà appelé à la démission d’Hortefeux car, selon lui, « l’exemplarité réclamée par le président de la République à tous, doit s’appliquer à tous ». Dans Le Parisien de dimanche, Hortefeux n’avait fait aucun commentaire sur ces affaires et avait exclu de partir. Rien ne l’oblige juridiquement à faire cela. A divers degrés, être ministre et avoir affaire à la justice n’a d’ailleurs jamais été incompatible. Ce qui permet de relativiser la portée de l’appel de Hamon.

Hortefeux pas obligé de démissionner
Il y a d’abord le cas des mis en examen. Jusque là, il existait ce qu’on appelle une jurisprudence dite « Bérégovoy-Balladur » depuis 1992 : un ministre impliqué dans une affaire devait démissionner. Elle est tombée en désuétude depuis. Mis en examen en 2006 dans l’Affaire Hamon (rien à voir avec Benoît) pour notamment « détournement de fonds publics », André Santini, a pu rester secrétaire d’Etat à la Fonction publique de 2007 à 2010.

Le premier cas de ministre en exercice condamné est celui de Gaston Defferre en 1982, alors ministre de l’Intérieur de Mitterrand. Il avait accusé Marcel Francisci, le parton d’un cercle de jeu assassiné d’être un « protégé » de Jacques Chirac. Deffere sera néanmoins maintenu à son poste. Mais il est vrai qu’Hortefeux est le seul à avoir été condamné deux fois en quelques mois. (more…)

20 décembre 2010

Présidence du FN : Brice Hortefeux favori

Filed under: 20 - UMP,humour — iledere @ 10:28

‘Je veux décomplexer l’extrême-droite et lui rendre ses lettres de noblesse ». C’est avec audace que Brice Hortefeux est parti à l’assaut de la citadelle frontiste. Un Front National qu’il entend bien arracher à la dynastie Le Pen afin d’en faire un « parti moderne ». Aussi, Brice Hortefeux a fait le choix d’une campagne offensive où de déclarations xénophobes en surenchère sécuritaire, il impose ses thèmes.

Au premier rang desquels « l’islamophobie« , où malgré les récentes déclarations de Marine Le Pen, le ministre de l’Intérieur garde toute légitimité fort de sa condamnation pénale. (et une deuxième dans la foulée au Civil.. Un triste record pour un ministre.. Note du Webmestre…)

Une légitimité renforcée par son action gouvernementale. Comme aime à le rappeler Brice Hortefeux, « tout ce que propose Marine Le Pen ou Bruno Gollnish, on l’a déjà fait« . « Lois sécuritaires, expulsions massives d’étrangers, stigmatisation des musulmans, des rom, cadeaux fiscaux, nous avons appliqué à la lettre le programme frontiste » ajoute le ministre de l’Intérieur, avant d’enfoncer le clou comme pour mieux ringardiser ses concurrents : « Il est temps de passer la vitesse supérieure« .

Pour réussir la mue du Front National, le candidat auvergnat entend rénover le logiciel idéologique. « Il ne s’agit pas de tout changer de fond en comble,mais d’opérer quelques changement à la marge pour faire entrer le parti dans le XXIème siècle« . Tout d’abord, le ministre veut que le FN « abandonne cette tradition antisémite surannée » et se consacre entièrement à la « haine du musulman » bien plus rentable médiatiquement. Par ailleurs, Brice Hortefeux entend délester le parti de ses « accents ouvriéristes ». « Il faut assumer ce que l’on est. Un parti au service des puissants« .

Le but avoué de cette rénovation est de sortir le parti de son « ornière médiatique ». Et de gagner en respectabilité. Pour réussir son pari, Brice Hortefeux s’est appuyé sur les écrits d’intellectuels français parmi les plus illustres qui d’Alain Finkielkraut à Claude Imbert ont su populariser le concept de « racisme respectable ». Et qui font de Brice Hortefeux le candidat préféré des médias. A l’image du dernier édito vidéo de Christophe Barbier où on l’entend chantonner :

Elle est à toi cette élection,
Toi l’Auvergnat qui sans façon,
M’a donné quatre coups de pied,
Quand je n’avais pas de papiers

Par Jean-Pierre Martin pour son blog  » un petit cadre dans une grosse boiboite » ou le bonheur d’être banquier, riche et français et de se lever tôt le matin

18 décembre 2010

Le racisme de l’extrême droite révèle son manque de « modernité »

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Maurice Bardèche, le premier propagateur français, avec Paul Rassinier, du négationnisme de la Shoah, aimait se référer à la Révolution française afin de convoquer au service de son abjecte théorie une page glorieuse de notre histoire.

C’est la même mécanique que Marine Le Pen vient d’employer en « associant à l’Occupation » la présence des musulmans dans notre pays. Se référant à la laïcité et en appelant à la République, Marine Le Pen opère un renversement de la pensée qui serait comique s’il n’avait pour but de camoufler, sous la « Résistance » à laquelle elle convie implicitement, une pensée raciste et liberticide.

La ficelle paraît un peu grosse, venant d’une des figures majeures du Front national dont le président, Jean-Marie Le Pen, qualifiait en 2005 l’Occupation nazie que subit la France de « pas si inhumaine que cela ». Le même Jean-Marie Le Pen qui – sans même remonter à ses multiples condamnations pour apologie de crimes de guerre, apologie de crimes contre l’humanité, racisme, antisémitisme et négationnisme, pas plus qu’à l’éloge funèbre qu’il fit de Maurice Bardèche – riait au premier rang du spectacle de Dieudonné lorsque ce dernier offrit au négationniste Robert Faurisson un écrin scabreux au Zénith de Paris.

Désormais lestée de cette sortie au racisme patent, l’extrême droite « respectable » dont Marine Le Pen était censée incarner la naissance vient de se fracasser sur l’autel des ressorts politiques profonds de cette partie de l’échiquier politique. Tout comme elle se fracassa lorsque, en Italie, le magistère institutionnel et la tribune publique qu’offrit Silvio Berlusconi à la Ligue du Nord créèrent dans la Péninsule une ambiance de pogroms et permirent que fussent avancés au niveau gouvernemental des projets – tels que le tatouage des Roms – que l’on croyait ensevelis sous les décombres du mussolinisme. Et l’ambiance créa, comme souvent lorsqu’elle s’abat avec une durée suffisante sur un territoire, des passages à l’acte, en l’espèce des crimes racistes. (more…)

13 décembre 2010

Allô, Brice, tu as dis « disproportionné » ?

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Les flics condamnés à Bobigny méritent-ils la prison ? La sanction est lourde, mais elle ne doit pas masquer le volet disciplinaire : ces flics peuvent-ils rester flics quand avec leurs pv, ils écrivent des romans ?

Les faits sont d’une exceptionnelle gravité. A Aulnay-sous-Bois, une patrouille contrôle une voiture, et essuie un refus d’obtempérer, ce qui est une infraction pénale : quand un flic fait valoir son titre et impose un contrôle, on obéit, quitte à contester dans un second temps.  S’en suit un mouvement de panique, ce qui en soit n’est pas pro. C’est le schéma de la bavure, qui peut être grave, mais on comprend la scène : les flics ne font pas un métier facile, et ils leur arrivent de perdre pied. Dans notre affaire, la panique du moment a eu pour conséquence qu’un des flics, maitrisant mal son véhicule, a blessé un de ses collègues, sans gravité heureusement. Rien à dire encore.

Mais là, ça dérape, et ça n’a plus rien à voir ni avec la police, ni avec le service public. Les flics se concertent et inventent un roman : le type a foncé sur le flic. La voiture est considérée comme une arme, et la tentative d’homicide avec arme, c’est les assises et ça vaut perpétuité ! Les flics organisent une stratégie du mensonge, et pour faire bon poids, se mettent à cinq pour rouer de coups le criminel qui n’en est pas un. Problème, les balourds de flics ne tiennent pas cinq minutes. Nous avons donc des flics qui ont, pour se protéger, fait le choix d’établir en concertation de faux procès verbaux, de mentir effrontément à leur hiérarchie et au procureur de la République,  d’envoyer un homme aux assises pour un crime imaginaire, et de rouer de coups celui qui dans l’affaire est la victime.

Le parquet avait demandé des peines de prison avec sursis, alors que le tribunal a prononcé de la prison ferme. C’est parfaitement légal, car le tribunal n’est pas limité par les réquisitions. Le parquet et les prévenus ont fait appel, et la cour d’appel de Paris dira ce qu’elle en pense Je me garde bien de donner un avis, mais je souligne que  nous sommes dans du hors norme : s’organiser pour envoyer un homme aux assises pour une infraction inventée de A à Z, et frapper cette victime. Attendons l’arrêt de la cour. Mais les réactions sont quand même à se taper le cul par terre. (more…)

11 décembre 2010

De pagaille et boulettes, Hortefeux et Fillon s’enneigent.

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 8:40

Mercredi, alors que Paris était paralysé dès le milieu d’après midi, le ministre de l’intérieur expliquait qu’il n’y avait pas de pagaille. De Moscou, Fillon accusa Meteo France. Il suffit de quelques boules de neige pour que le gouvernement se ridiculise avec quelques boulettes. Sarkozy, lui, recevait son grand ami syrien, comme si de rien n’était. Les droits de l’homme, nous rappelle Wikileaks, ne sont pas un sujet à évoquer avec le dictateur syrien.

Pagaille politique
Les centristes veulent croire à leur destin. Jean-Louis Borloo, grand vaincu du remaniement gouvernemental de novembre, est enfin sorti de son silence médiatique jeudi soir. Il a invité diverses personnalités à un dîner de la République, à l’occasion du 105e anniversaire de la loi sur la laïcité, organisé par le Parti Radical. Le prétexte était facile. Ministre fidèle des gouvernements Raffarin, Villepin puis Fillon de 2002 à 2010, Borloo ne s’est jamais montré critique avec les politiques menées. Il a fallu qu’il sorte du jeu gouvernemental pour que sa « fibre » sociale ressorte enfin. Quelle coïncidence ! Cette rencontre, prévue de longue date, devait se transformer en ode au centre. Problème, ni Hervé Morin, président du Nouveau Centre, ni François Bayrou, unique centriste de l’opposition, n’étaient présents. A vrai dire, ce rassemblement n’intéressait pas grand monde, si ce n’est quelques pronostiqueurs politiques professionnels.

Mercredi, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, a fait l’actualité. Il a commis une belle boulette en commentant le blocage généralisé des transports en Ile-de-France, vers 17 heures : « il n’y a pas de pagaille. » Hortefeux, le temps d’une conférence de presse, ressemblait à son ancien collègue Borloo quand, ministre au moment de la grève des carburants en octobre dernier, expliquait que la plupart des stations service du pays étaient correctement alimentées… Le lendemain, le ministre de l’intérieur a dû se justifier : « j’ai dit très exactement qu’à ce stade, a priori, il n’y a pas de pagaille mais des difficultés sérieuses se font sortir. (…) Plutôt que disserter sur la pagaille, je préfère livrer bataille.» Et il ajoute, quand même, que les circonstances météorologiques étaient « exceptionnelles ». Pour faire bonne figure, le ministre précisa même qu’il n’y aurait aucune contravention de stationnement ce jeudi. Une belle promesse rapidement démentie par les faits.

Dans le même temps, le ministère des Transports jugeait « normales » les difficultés de circulation rencontrées la veille. De Moscou, où il était en déplacement commercial, François Fillon a, lui, préféré se défausser sur les services de l’Etat, en l’occurrence Meteo France : « Météo France n’avait pas prévu cet épisode neigeux, en tout cas pas son intensité puisque les prévisions étaient de trois centimètres et qu’il est tombé, je crois, 12 centimètres sur Paris même, et 20 centimètres sur certaines régions de la banlieue. Donc, il est incontestable que les services chargés du déneigement ont été pris au dépourvu.» Son secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, en rajouta : « l’épisode neigeux a été beaucoup plus brutal et (était arrivé) beaucoup plus tôt qu’annoncé par Meteo France. » Pourtant, les prévisions officielles communiquées la veille mardi prévoyaient bien une dizaine de centimètres de neige dès le lendemain sur la région parisienne…

Quelle pagaille gouvernementale !

Maîtrise sarkozyenne
Jeudi, Nicolas Sarkozy n’avait pas grand chose à dire sur ces difficultés de circulation. Les temps ont changé. Il y a trois ans, il aurait bondi sur l’occasion pour fustiger quelques préfets. Depuis, il tente de se « présidentialiser » à grande vitesse avant la campagne de 2012, et de gommer ses réflexes agités. Visites de terrain pacifiée, humour tranquille, épouse souriante, diplomatie distante… tout est fait et pensé en ce sens. Sur le terrain, justement, l’équipe élyséenne déploie la plus grande énergie à éviter tout débord. Le lieu des déplacements en province est connu à la dernière minute, il s’agit toujours de coins facilement contrôlable. (more…)

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