Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 novembre 2010

Le trésor de Balladur

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Après un nouveau témoignage explosif recueilli par le juge Van Ruymbeke, plusieurs familles de victimes de l’attentat de Karachi ont annoncé leur intention de déposer plainte pour «mise en danger de la vie d’autrui» et «homicide involontaire» contre Dominique de Villepin et Jacques Chirac (voir nos révélations). L’ancien premier ministre a décidé de contre-attaquer en s’expliquant, ce vendredi soir, au 20h de TF1.

Lors de son intervention télévisée, Dominique de Villepin a d’abord fait part de son souhait d’être entendu comme témoin par la justice «dès la semaine prochaine». «Il est important que la vérité soit connue dans ce dossier», a-t-il expliqué.

Sur le fond, M. de Villepin a confirmé que «Jacques Chirac, quand il est arrivé comme président de la République en 1995, a souhaité moraliser la vie publique internationale, c’est-à-dire interrompre les contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions», sans toutefois citer les noms d’Edouard Balladur ou de Nicolas Sarkozy. Il a ajouté que cette décision de l’ancien chef de l’Etat français était fondée sur de «très forts soupçons» quant à l’existence d’un système illégal de rétrocommissions en marge de grands marchés d’armement signés sous le gouvernement Balladur (1993-1995).

Mediapart publie un extrait du livre-enquête Le Contrat (éd. Stock), rédigé par deux des journalistes de Mediapart,  paru en mai dernier, dans lequel l’ancien premier ministre livrait pour la première fois sa vision de l’affaire.

Le blog des socialistes de l’île de Ré se fait un devoir de reproduire cet extrait en espérant que cette affaire ne pourra pas être étouffée par une justice aux ordres….

Le «trésor de Balladur»
Un homme a vécu toute cette période à des postes d’observation privilégiés, puisqu’il fut d’abord directeur du cabinet du ministre des affaires étrangères Alain Juppé entre 1993 et 1995, puis secrétaire général de l’Élysée après l’élection de Jacques Chirac. Comme Charles Millon, Dominique de Villepin estime avoir de bonnes raisons d’en vouloir aux balladuriens d’hier, devenus les sarkozystes d’aujourd’hui. Comme Charles Millon, il lâche au compte-gouttes les confidences. Car, comme Charles Millon, cet homme-là en sait beaucoup. Trop, même, à en croire son raisonnement.

«C’est un peu la quête du Graal, votre affaire», a lâché d’emblée Dominique de Villepin, rencontré à deux reprises (avant et après sa relaxe dans l’affaire Clearstream, intervenue le 28 janvier 2010) dans les locaux de son club politique, à l’ombre de l’église Saint-Augustin. «Vous touchez un sujet dont personne n’a jamais parlé, car la peur et la lâcheté sont la règle», a ajouté l’ancien premier ministre. Avant de prévenir: «Mais attention, je ne veux pas que vous vous abritiez derrière moi pour dire ce que vous ne pouvez ou n’osez pas écrire vous-mêmes. Après avoir fait office de lièvre dans l’affaire Clearstream, je ne veux pas servir de paillasson dans celle-là.»

L’affaire Clearstream, encore et toujours, qui semble coller à la droite française depuis le milieu des années 2000 comme ce maudit sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Un dossier qui vit d’abord Nicolas Sarkozy, ainsi que de nombreuses personnalités, être accusé par un “corbeau” de détenir des avoirs occultes via une chambre de compensation luxembourgeoise, avant que la justice n’établisse le caractère délirant de ces accusations, basées sur des listings truqués.

«D’après moi, l’affaire Clearstream n’aurait pas pu prendre cette ampleur s’il n’existait pas, bien sûr des fantasmes, mais aussi une réalité. Or, la vigilance particulière du président de la République sur cette affaire n’était pas fondée sur des fantasmes», attaque DDV, qui en vient à ce qui est, selon lui, le cœur du sujet: «les réseaux». (more…)

20 septembre 2010

Hortefeux flirte avec les démons xénophobes et populistes

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Brice Hortefeux en conférence de presse à Grenoble, le 5 août 2010 (Robert Pratta/Reuters)

Un air nauséabond souffle sur la France, et l’on comprend que c’est un peu toute la planète qui s’en aperçoit quand on voyage ou qu’on lit la presse étrangère. Quelque chose est en train de se passer au « pays des droits de l’homme ».

Les vieux démons de la xénophobie et du populisme antirépublicain avaient peut-être été enterrés trop vite. En 2009, le débat sur « l’identité nationale » avait déjà mis quelques puces à quelques oreilles. Mais après tout, la question paraissait en soi légitime. Et puis comme les ficelles politiciennes étaient trop grosses et que le prétendu « grand débat » tourna au café du commerce, la baudruche se dégonfla rapidement.

Chassés par la porte de l’entrée « immigration », les vieux démons sont pourtant en train de revenir par la fenêtre « sécurité ».

Xénophobie, populisme et antirépublicanisme
Depuis le mois de juillet, en effet, il ne s’agit plus simplement de désigner des problèmes de délinquance précis et de leur déclarer la guerre. Il ne s’agit plus seulement de lutter contre la délinquance et ses figures-repoussoirs habituelles (les bandes de jeunes, les fous criminels sexuels).

Cela, nous le connaissions depuis longtemps, et le petit jeu qui va avec : la droite contre la gauche, les syndicats de police contre les magistrats, les emballements médiatiques à chaque fait divers sortant un peu de l’ordinaire (un ordinaire fait de petits problèmes qui concernent un peu tout le monde dans la vie quotidienne, ce qui n’intéresse évidemment personne).

Mais depuis cet été, quelque chose a changé : le gouvernement actuel s’attaque désormais à des catégories de population. C’est le démon de la xénophobie qui s’agite.

Mais il ne revient pas seul. Son petit frère, le démon du populisme et de l’antirépublicanisme, n’est jamais loin. Plusieurs indices de sa présence ne trompent pas. D’abord, ce démon aime qu’on vénère les chefs, qu’on ne discute pas l’autorité, qu’on ne perde pas de temps à parlementer et qu’on ne fasse pas de compromis. Si le Chef dit quelque chose, cela doit devenir immédiatement réalité !

Ce satané démon…
Le démon ne supporte pas la séparation des pouvoirs, ni l’indépendance de la justice, ni la liberté des journalistes, ni l’autonomie relative des fonctionnaires, pas même la légitimité des élus locaux. On est avec lui ou contre lui, et tout est bon pour réaffirmer son pouvoir. Le mensonge n’est pas glorieux mais il est nécessaire, le démon a dit qu’on ne devait pas hésiter.

On pourra toujours dire plus tard « je ne savais pas » (que j’avais sur mon bureau une circulaire sur l’expulsion des Roms) ou « vous m’avez mal compris » (je parlais des Auvergnats, pas des Arabes). Le principe est clair : nul ne doit résister. Ainsi le démon pousse t-il le Chef à détourner les missions de l’administration pour protéger un de ses lieutenants quand le scandale menace.

Il pousse aussi un autre à dire que ceux des élus qui ne pensent pas comme on doit penser (par exemple sur la vidéosurveillance) sont des traîtres et que c’est à cause d’eux que tout va mal. Il pousse encore le Chef, son staff et un truc qui s’appelle le Parlement à laisser le ministre de l’Intérieur réformer la justice des mineurs (en instaurant la comparution immédiate pour eux) au mépris des travaux en cours au ministère de la Justice.

Il a même soufflé hier au même ministre de l’Intérieur (récemment condamné par cette maudite justice à cause des pressions du démon de la xénophobie) que les magistrats ne devraient plus être des fonctionnaires d’Etat mais des personnes élues localement. Et pour les « rapprocher du peuple » encore plus, il pense comme le Chef qu’on pourra leur adjoindre des jurés populaires au tribunal correctionnel. (more…)

6 septembre 2010

Mohamed s’en va

Filed under: 11 - société,20 - UMP — iledere @ 6:25

« Ma décision est prise. Je rentre définitivement au Maroc en 2011. » Des mots signés Mohamed. Une profession de foi symptomatique du malaise ambiant, parue sur le site d’information Rue89. Pierre Haski, son directeur, a rarement vu un article susciter un tel intérêt au coeur de l’été : « Près de 200 000 lecteurs, plus de 1 200 commentaires, en plein mois d’août ! »

Mohamed n’est pas un aigri ni un excité de la cause victimaire. Mais un ingénieur de 25 ans. Il gagne 2 700 euros par mois et a choisi de vivre en France. Parce qu’il manquait d’air au Maroc, de cinémas, de pluralisme et d’offre culturelle. Aujourd’hui, c’est en France qu’il étouffe.

Les blagues racistes dont il se moquait jadis sont devenues bien trop sérieuses depuis qu’elles tournent dans la bouche d’un ministre« Le fait qu’un ministre de l’intérieur fasse une de ces blagues montre à quel point les clichés sont profondément implantés dans l’imaginaire français. Et le fait que l’on me rapporte à un cliché m’est devenu insupportable. »

A tort ou à raison, Mohamed se sent regardé de travers. Sa peur a la forme d’« une petite vieille »« Son regard est plus vif. Son sac est plus serré entre ses bras. Ses jambes bougent plus vite quand je passe trop près. » Il a beau se répéter que cette petite vieille n’est pas la France, qu’il est entouré de Français ayant les yeux de l’amitié, il a décidé de repartir vers un pays où il n’aura pas à se demander s’il fait peur. Quitte à l’enjoliver. Le Maroc qu’il voyait jadis comme un désert est dépeint en palmeraie. Tout y serait plus vert. Même la liberté de conscience !

Ce n’est pas l’avis des « dé/jeûneurs », ces militants laïques du Maroc qui endurent un mois de ramadan où ils ne peuvent manger en public sans risquer d’être arrêtés. Ceux-là rêvent de laïcité. Quelques-uns se battent pour obtenir des papiers français. Mohamed les a, mais veut les rendre. « En France, je suis considéré comme musulman. Mon entourage ne comprend pas que je puisse être agnostique avec mon prénom. On ne comprend pas pourquoi je ne fais pas le ramadan. En deux jours, j’ai dû entendre une dizaine de fois, sur le ton de la blague, que je «finirai en enfer». »

L’oxygène manque
C’est bien pour lutter contre cette assignation que des laïques se battent et débattent. Mais Mohamed n’a plus la force de les distinguer de « la petite vieille ». A force de se croire mis dans le même panier, on jette tous les débats sur l’islam dans la même corbeille : « Ma tête et mon prénom feront toujours de moi un musulman en France. C’est pour cela que je me sens visé par toutes les attaques directes ou indirectes contre l’islam. » (more…)

4 septembre 2010

Brice Hortefeux intéressé par la Mairie de Vichy

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Ça ne s’invente pas. Brice Hortefeux, âme damnée d’un exécutif qui a érigé la chasse aux voleurs de poules et aux caravanes ainsi que la déchéance de nationalité en actions prioritaires, s’est officiellement déclaré intéressé par la mairie de Vichy.

La tentation de Vichy n’est pas nouvelle pour le conseiller régional auvergnat qui avait déjà choisi la ville d’eau pour y organiser en novembre 2008 une Conférence sur l’intégration réunissant les 27 ministres de l’Intégration de l’UE.

Brice Hortefeux avait alors justifié son choix le 19 septembre 2008, à Vichy, en clôture du congrès des cadres de l’ANAEM , dénonçant “le crétinisme” de certaines associations qui voient là une provocation au passé. “Il faut arrêter avec ces bêtises, arrêter de faire payer à Vichy tous les péchés du monde” avait déclaré le ministre avant de conclure: “Je ne ferai pas de politiquement correct. Je revendique à mort le choix de Vichy“ (source La Montagne 21 septembre 2008 )

L’ambition aujourd’hui déclarée par Hortefeux pour la ville de Vichy (source La Montagne 29 août 2010) fait suite à l’annonce par le maire actuel, Claude Malhuret, de ne pas briguer un nouveau mandat. Cette solution offrirait une confortable solution de repli pour le ministre originaire du Puy-de-Dôme qui, malgré son activisme au gouvernement et la présence de son mentor à l’Elysée, n’apparaît pas en capacité de s’emparer de la ville de Clermont-Ferrand aux mains des socialistes depuis la libération.

Sans tomber dans le piège de l’amalgame facile avec la capitale de la France de Pétain, la période retenue pour laisser filtrer l’information est volontairement provocatrice.

Le 15 juillet 1940, le régime de Vichy adoptait une loi relative à la procédure de déchéance de la qualité de Français. Une semaine plus tard, le 22, était promulguée une loi portant sur la révision des naturalisations. Dans la foulée, le 27 était créée une Commission chargée de réviser les naturalisations effectuées après le 10 août 1927. En septembre, une loi relative à la « situation des étrangers en surnombre dans l’économie française » était à son tour promulguée. (more…)

31 août 2010

Entre Besson et Hortefeux, c’est chaud !

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:15

( Dessin : Louison )La préparation du débat sur la nouvelle loi immigration génère un affrontement feutré entre le ministre de l’Intérieur et celui de l’immigration. L’une des meilleures prises du « sarkozysme de gauche » est menacée d’une OPA par les sarkozystes de droite. Ambiance.

La préparation du débat sur la nouvelle loi immigration génère un affrontement feutré entre le ministre de l’Intérieur et celui de l’immigration. L’incarnation du « sarkozysme de gauche » est menacé d’une OPA par les sarkozystes de droite. Ambiance.

La préparation du débat, en septembre à l’Assemblée nationale, sur le projet de loi « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité », donne lieu à un affrontement entre Brice Hortefeux et Eric Besson. Les deux ministres ne sont pas d’accord sur les amendements à apporter au texte, présenté au conseil des ministres en mars dernier. Lors d’une réunion cette semaine à Matignon, le ministère de l’Intérieur a proposé un amendement visant à retirer la nationalité française aux « polygames », genre Liès Hebbadj, l’homme aux quatre  « épouses »  (ou maîtresses, au choix) en tchador de la banlieue de Nantes.
Pour y parvenir les juristes de l’intérieur ont bâti un « délit de polygamie de fait, escroquerie, abus de faiblesse », détaillé samedi dans Libération . Trois « faits » qu’il faudrait cumuler pour se voir condamner par un tribunal à la déchéance de nationalité…
La construction juridique fait frémir à la Chancellerie, et provoque des mines de dégoût au ministère de l’Immigration.

Eric Besson fait savoir à Matignon et à l’Elysée qu’il veut appliquer « Grenoble, tout Grenoble, rien que Grenoble ». Car dans son discours de Grenoble, le 30 juillet, le président a parlé de la sécurité, mais pas la polygamie. Donc Besson propose de priver de la nationalité les personnes condamnées pour un crime (donc aux assises) à une peine de plus de cinq ans, à condition qu’elles aient acquis la nationalité française depuis moins de 10 ans et qu’elles ne deviennent pas apatrides de ce fait. Et c’est tout. Michèle Alliot-Marie serait sur la même ligne. On reviendrait à la situation d’avant 1998. On attend l’arbitrage de Matignon et de l’Elysée (surtout ce dernier) pour la semaine prochaine…
Pour Besson, c’est pas de chance. En mars dernier il pensait avoir trouvé le moyen de présenter un projet « de gauche », consacré notamment à la répression des employeurs de travailleurs sans papiers, avec notamment un article qui accentuait la pression sur les donneurs d’ordre, les grandes entreprises. Cela devait masquer l’aspect répressif du projet de loi, qui facilite les expulsions d’immigrés irréguliers, réduit le pouvoir des juges, allonge la période de rétention possible, etc.   Six mois plus tard, le virage sécuritaire est pris, la chasse aux Roms est ouverte officiellement, même s’il s’agit plus d’esbroufe que d’une politique véritablement nouvelle. (more…)

25 août 2010

Le sondage qui inquiète l’Elysée : l’été d’enfumage n’a servi à rien

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

La cote de popularité de Sarkozy remonte ...Et si Nicolas Sarkozy avait définitivement perdu la main ? C’est ce que laisse penser la dernière cote de popularité, mesurée par l’Ifop, qui ne montre qu’une très légère remontée pour le chef de l’Etat, 2 points seulement, de surcroît classique en période estivale.

2 petits points, à 36%, malgré un été « paroxystiquement sarkozyste ». Nous entendons par là que l’été fut l’occasion pour le président de la République et ses conseillers en communication d’appliquer avec une ardeur jamais connue avant les ficelles du sarkozysme : de l’enfumage, des discours, des opérations médiatiques musclées, pour faire croire qu’on agit et qu’on s’occupe des problèmes des Français.

Jamais Nicolas Sarkozy n’avait lu des discours sécuritaires qui étaient allés aussi loin (le lien immigration/délinquance a été fait pour la première fois). Des mots sur la déchéance de la nationalité, une offensive verbale contre les Roms, tout a été tenté pour remettre à flots un président bien mal en point. Nicolas Sarkozy a même eu la chance de pouvoir compter sur une gauche qui a largement joué le rôle qu’il attendait d’elle, celui de l’idiot utile, toujours prêt à s’indigner et à valider ainsi la stratégie de communication de l’Elysée.

Au vu du sondage de l’Ifop, faut-il comprendre que le président ne parvient plus à tromper, que les Français ont, peut-être définitivement, compris que derrière le verbe dur, se cache encore et toujours une main molle ?

Les Français ne sont manifestement pas tombés dans le piège électoraliste estival. Ils ont compris que Nicolas Sarkozy depuis 8 ans est en charge de l’insécurité, et que ses résultats sont pour le moins négatifs (violences aux personnes +30%). Ils ont flairé les écrans de fumée, sur la déchéance de la nationalité notamment, dont ils savent bien qu’au-delà des mots il ne subsistera pas grand chose, si ce n’est quelques exemples ultra-médiatisés qu’on ne manquera pas d’infliger aux télespectateurs de TF1 le jour venu.

Quant aux Roms, il s’agit de la plaisanterie de l’été. Comment peut-on, comme l’UMP, le PS et Nicolas Sarkozy, défendre en permanence l’Union européenne et ses principes de libre circulation généralisée, comment peut-on avoir soutenu l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007, et feindre de s’indigner de l’arrivée massive de Roms ?…Voilà qui n’est pas sérieux. (more…)

23 août 2010

Amine, « l’Auvergnat » d’Hortefeux, quitte l’UMP

Filed under: 12 - Brèves,20 - UMP — iledere @ 15:32

Le jeune militant UMP raillé en 2009 par le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, qui avait été condamné pour racisme à la suite de ces propos, a annoncé, lundi 23 août, sa décision de quitter le parti majoritaire.

Amine Benalia-Brouch, qui annonce sa décision sur son profil Facebook, a expliqué à Reuters qu’il révélerait ultérieurement les raisons de son choix. « Il y a des choses qui ne m’ont pas plu », a déclaré le jeune homme.

Dans une vidéo filmée en septembre 2009 et visionnée plus de 1,3 million de fois sur Internet, on peut voir une participante de l’université d’été de l’UMP déclarer en parlant d’Amine Benalia-Brouch : « Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière… » Brice Hortefeux avait alors répondu : « Ah, mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C’est pas du tout ça. » L’enregistrement laisse ensuite entendre une militante ajouter : « C’est notre petit Arabe… », puis le ministre dire : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

Brice Hortefeux a été condamné le 4 juin 2010 à 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère racial pour ces propos. Le ministre de l’intérieur, qui s’était dans un premier défendu en expliquant qu’il parlait des Auvergnats, a fait appel de cette décision.

LEMONDE.FR avec Reuters

28 juin 2010

Bachelot : le piston du fiston

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 7:37

rbScandale : la ministre de la Santé coupable de népotisme, accuse Noël Mamère, qui parle de « voyous au sommet de l’Etat ».

Avec les scandales qui s’accumulent ces dernières semaines au sommet de l’Etat, les membres du gouvernement coupables formant désormais une liste longue comme un jour sans pain (Blanc, Yade, Joyandet, Amara, Estrosi, Hortefeux et Woerth bien sûr, résumé de toutes ces affaires dans le dernier paragraphe de notre billet du 22 juin), même les électeurs de droite ne peuvent plus nier que la Sarkozie représente le modèle de la république bananière. Il n’est que de lire les réactions courroucées des lecteurs du Figaro, pourtant par définition on ne peut plus indulgents avec l’UMP-de-leur-coeur, pour s’en persuader définitivement. Dans ce contexte, le retentissant coup de gueule de Noël Mamère, prononcé au micro de Radio J (et repris par Le Point), exprime à merveille le ras-le-bol général : « Au sein du gouvernement, il y a des gens qui n’arrêtent pas d’expliquer qu’il faut se serrer la ceinture, qui sont les chantres de la tolérance zéro et qui s’appliquent à eux mêmes le principe de l’impunité« , tonne le député Vert.

« Je ne suis absolument pas d’accord avec ceux qui disent aujourd’hui que la débâcle des Bleus est à l’image de ce qui se passe dans les cités. Je trouve que c’est scandaleux, c’est montrer encore une fois que les populations des banlieues ne seraient que des délinquants, des trafiquants de drogue et des voyous. En fait, les voyous, c’est pas dans les cités qu’ils se trouvent, c’est au sommet de l’Etat et dans les élites, les gens qui prennent des libertés avec l’argent public, qui prennent des libertés avec les principes démocratiques. » Une colère qui sonne d’autant plus juste que Mamère pointe un scandale dont on a très peu parlé : « Quand Mme Bachelot, la main sur le coeur, et de manière très solennelle nous dit qu’elle va s’occuper de ce qui ne la regarde pas, c’est-à-dire de changer les responsables de la Fédération de football, et pendant le même temps, engage son propre fils qui est céramiste à la direction du Centre français d’éducation à la santé, mais pour qui nous prend-on ? » Bonne question !

Le piston du fiston
« Le népotisme désigne une pratique qui, pour un responsable (élu, haut fonctionnaire, notable, dirigeant d’entreprise…), consiste à distribuer des honneurs, des avantages ou des emplois à des membres de sa famille, à des amis ou à des proches, plutôt qu’aux personnes qui y ont droit (logement, par exemple) ou qui sont les plus compétentes (promotion, attribution de postes). Le népotisme est donc un abus d’influence et d’autorité qui génère des injustices en écartant « ceux qui ne sont pas de la famille« . Il s’apparente au clientélisme, voire à des pratiques mafieuses » : (définition extraite du formidable Dictionnaire de la toupie). (more…)

14 juin 2010

Des ministres exemplaires

Il ne se passe pas une semaine sans que de nouvelles révélations affectent l’exemplarité du gouvernement. Cette semaine écoulée fut ainsi «exemplaire» à plus d’un titre.

Ce billet aurait pu s’intituler «comment les ministres narguent les citoyens». Retour sur une droite recomplexée.

Brice Hortefeux, ministre condamné
Le ministre de l’intérieur a été condamné pour injure raciste en fin de semaine dernière. Il a fait appel. Dont acte. Il aurait pu et dû démissionner. Mais après tout, son honneur ne concerne que lui. Mercredi, ce même ministre a tenu une «conférence de presse». Il a voulu se refaire une virginité politique sur le dos de ce mari suspecté de polygamie et de fraudes aux allocations familiales. Lies Hebbadj a passé 48 heures en garde-à-vue, pour être ensuite déféré devant un juge et poursuivi pour escroquerie, fraudes aux prestations sociales, travail dissimulé, et aide au séjour irrégulier d’étrangers. Mercredi, Brice Hortefeux ne réalisait pas que certaines de ses déclarations pouvaient s’appliquer à son propre cas de ministre condamné : «Au-delà de cette situation particulière, il y a aujourd’hui des dérives que l’on ne peut ni ignorer ni accepter». Hortefeux en rajoute. Il serait ainsi «anormal qu’un étranger naturalisé par mariage conserve sa nationalité s’il est en situation de polygamie avec abus du système d’aides sociales». Le ministre se fiche de savoir si Lies Hebbadj est coupable ou pas. Il accuse, lui qui s’est senti blessé par sa propre condamnation après 10 mois de procédure !

Christine Boutin
L’histoire de Christine Boutin est cocasse, triste et inexcusable. C’est celle d’une ancienne ministre, gentiment troublionne au sein d’une majorité présidentielle, débarquée du gouvernement en juin 2009, députée retraitée à 6000 euros par mois, conseillère municipale à 2600 euros par mois, qui se voit gratifiée d’une incroyable mission, à 9500 euros par mois plus voiture avec chauffeur, sur l’impact de la mondialisation en France par Nicolas Sarkozy lui-même. Le Monarque n’a-t-il pas suffisamment de conseillers et hauts fonctionnaires à sa disposition pour une telle mission ? Pire, Christine Boutin a expliqué mercredi soir sur CANAL+ que sa mission serait longue, sans doute jusqu’en novembre 2011 (deux-mille onze !), puisqu’aucune échéance n’avait été fixée. En droit du travail, on appelle cela un CDI. Après vérification, Boutin se trouve bien seule dans son cas: Juppé, Rocard, Attali et bien d’autres ont tous travaillé bénévolement dans le cadre de missions similaires ces dernières années.

Eric Woerth
Jeudi matin, Christine Boutin a perdu les 9 500 euros de rémunération mensuelle qu’elle n’aurait jamais dû percevoir et auxquels elle s’accrochait encore la veille. Interrogé jeudi matin sur Europe 1, Eric Woerth demanda publiquement à son ancienne collègue de renoncer au traitement qu’il lui a lui-même accordé: «Je vais demander à Christine Boutin de prendre en compte »» cette affaire, et de «renoncer à cette rémunération de 9.500 euros». Suprême audace, il va même jusqu’à expliquer qu’il faut rendre «non cumulable les fonds de retraite parlementaires et les rémunérations publiques».

On ne cesse de rappeler l’affaire : il y a 15 jours, les députés UMP ont refusé de voter, à trois reprises, une proposition de loi visant à interdire aux ministres de percevoir un salaire d’élu local en sus de leur rémunération de ministre. On pourrait également rappeler le cumul de rémunération publique et privée de certains élus: Jean-François Copé, président du groupe des députés UMP à l’Assemblée Nationale, en est un bel exemple : député, maire, et avocat d’affaires depuis 2007. Eric Woerth lui-même pourrait agacer. Il cumule son traitement de ministre, et ses indemnités de maire de la ville de Chantilly, et … de trésorier de l’UMP. La belle affaire ! La récente nomination de son épouse chez Hermès rappelle que le ministre savait de quoi il parlait quand il traitait du bouclier fiscal du temps où il oeuvrait au ministère du Budget.

Et combien sont-ils ces anciens parlementaires devenus ministres qui ont gentiment «pris» leur retraite pour mieux cumuler cette dernière avec leur salaire au gouvernement ? (more…)

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