Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

11 mai 2011

Affaire Tapie : Lagarde visée par une enquête pour abus d’autorité

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

C’est un rebondissement spectaculaire et très inattendu dans l’affaire Tapie : saisi par le Parti socialiste, le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé mardi 10 mai à la Cour de justice de la République (CJR) d’ouvrir une enquête contre la ministre de l’économie, Christine Lagarde, pour abus d’autorité dans l’arbitrage favorable à Bernard Tapie. Une instance de trois magistrats, la commission des requêtes de la CJR, tranchera.

Cette décision intervient alors que l’affaire Tapie, qui défraie la chronique politique depuis de très longues années, semblait en passe d’être étouffée. Ce sont les socialistes qui en sont donc à l’origine : ils avaient saisi le Parquet général du rôle joué par Christine Lagarde dans ce dossier, en s’appuyant notamment sur les conclusions des investigations récentes de la Cour des comptes.

Comme Mediapart l’a raconté dans un article récent (voir Tapie : les nouvelles preuves du scandale d’Etat), c’est le rapport d’information du président (PS) de la commission des finances, Jérôme Cahuzac, qui a mis le feu aux poudres. Dans ce rapport (il est ici), le dirigeant socialiste détaillait par le menu dans quelles conditions l’Etat a pris la décision de suspendre le cours de la justice ordinaire, qui tournait à son avantage, pour confier à un tribunal d’arbitres privés le soin de juger le conflit qui opposait le Consortium de réalisations (CDR, la structure publique de défaisance gérant les actifs douteux de l’ex-Crédit lyonnais) à Bernard Tapie, au sujet de la vente du groupe de sports Adidas.

Et, citant en certains passages, un récent « référé » de la Cour des comptes, il faisait les constats suivants : «Le compromis d’arbitrage, dont plusieurs conditions, notamment la renonciation à la possibilité d’un appel, présentaient de forts risques pour l’État, a été signé dans une version “différente du texte et des modifications qui ont été approuvés par le conseil d’administration du CDR”. La rédaction En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l’ensemble de leurs demandes d’indemnisation à 50 millions d’euros” a été remplacée par la rédaction suivante : En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l’ensemble de leurs demandes d’indemnisation d’un préjudice moral à 50 millions d’euros”. Ce point était pourtant de première importance pour les finances publiques dès lors que l’indemnisation d’un préjudice moral était laissée à la libre appréciation du juge, que la procédure d’arbitrage est confidentielle et échappe ainsi aux comparaisons et que les sommes n’avaient pas à supporter l’impôt.» (more…)

24 avril 2011

Les affaires de Christine Lagarde avec le patron d’Oséo

Décidément, une des rares promesses de campagne de Sarkozy a avoir été respectée c’est de décomplexer la droite. Notamment au niveau de l’argent… Les scandales concernant les conflits d’intérêt des ministres sont innombrables. Et pourtant ils ne peuvent s’empêcher de remettre les mains dans le pot a confiture pour grapiller un peu plus.

« Petits joueurs, petits voleurs, petits rapaces… Il leur fallait encore le petit sou, encore un dernier petit sou » éructait Michel Piccoli au sommet de sa forme dans « le sucre »

Nous avions déjà, dans le présent blog, épinglé Christine Lagarde pour les conflits d’intérêts de celui qui est son époux à la ville, Xavier Giocanti, un as de la défiscalisation. Déjà plutôt incongru lorsque l’on partage la vie de la  ministre des finances
On aurait pu croire qu’elle se tiendrait tranquille d’autant que ses magouilles avec Tapie sentent bon la distribution complaisante du pognon des contribuables

Et bien non…. Voici que l’on apprend que la ministre a investi (à plusieurs reprise) dans une PME, histoire de diminuer son ISF et que ladite PME n’est pas n’importe laquelle. Pas étonnant que les électeurs se sentent des velléités d’apprentissage de la pêche à la ligne les jours d’élection…  Explications de Bruno Botella pour « acteurs publics.com » :

Selon nos informations, la ministre de l’Économie et le PDG d’Oséo, François Drouin sont associés au sein de la même société, Applicatour, une petite entreprise créée par le fils de ce dernier. Dans sa déclaration d’intérêts, Christine Lagarde mentionne bien cet investissement permettant de réduire son ISF mais sans préciser sa proximité avec le patron d’Oséo, groupe public placé sous tutelle de Bercy.

Le monde des affaires est décidément petit. Dans sa déclaration d’intérêts, publiée comme celle de tous les membres du gouvernement jeudi 21 avril par Matignon, dans un souci de transparence, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, indique avoir des parts dans la société Applicatour. Un investissement PME qui en vertu de la loi TEPA lui permet de réduire son impôt sur la fortune. (more…)

7 avril 2011

Christine Lagarde, la woman n’est plus trop wonder

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:30

C’était le ministre modèle, peut-être le dernier bon élève pur jus du sarkozysme. En une semaine et deux accrocs majeurs, l’affaire Tapie et le budget, le dernier crack de la sarkozie a perdu une bonne partie son aura.

Le cimetière du sarkozysme est déjà bien rempli de cadavres plus ou moins embaumés : il y a les gueules cassées de l’ouverture, Bernard Kouchner, Christian Blanc; les bons élèves tombés au champ d’honneur (ou plutôt à l’hippodrome) comme Eric Woerth, les éclopés de la diplomatie comme Michelle Alliot-Marie, les recalés de Matignon comme Jean-Louis Borloo, les techniciens déchus comme Xavier Darcos ou Christine Albanel. Tous ceux-là et quelques autres tentent de se refaire une santé politique et nous devons bien admettre que leur convalescence risque d’être fort longue.

Christine Lagarde figurait jusqu’à cette semaine, parmi les miraculés du sarkozysme. Un profil boosté à l’anglosaxonne ce qui impressionne les journalistes, un côté pro qui donne l’impression de toujours savoir de quoi elle parle. En disant du bien de sa ministre qui l’avait aidé à affronter-la-crise-ce-qu’il-a-su-faire-de-mieux-qu’on-se-le-dire, le Président avait l’impression d’envoyer des fleurs qui lui retombaient sur le visage. C’est bien simple, Christine Lagarde, tout le monde l’aimait, et pas seulement parce qu’elle parle bien l’anglais. Même les jeunes de l’UMP (voir deux minutes après le début de la vidéo) .

On notera d’ailleurs que le clip des jeunes UMP aligne allègrement une liste très fournie d’anciens ministres en disgrâce, de Xavier Darcos à Rama Yade en passant par Rachida Dati. Normal, c’est comme sous Staline : le parti se renforce en s’épurant. (more…)

3 avril 2011

Le PS accuse Christine Lagarde dans l’affaire Bernard Tapie

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 12:00

 Bernard Tapie auditionné par la commission des finances de l'Assemblée nationale, en septembre 2008.  Photo AFP  L’homme d’affaires aurait empoché plus de 200 millions d’euros : ruineux pour l’État, et pas forcément légal. Les députés PS ont demandé la saisine de la Cour de justice de la République.

Christine Lagarde a donc menti. Et dans de grandes largeurs. Ce n’est pas 20 à 30 millions d’euros (M€) que l’État a remboursés à Bernard Tapie, comme le soutenait en 2008 la ministre de l’Économie et des Finances. Mais entre 200 et 220 M€, si l’on en croit le rapport d’information de la commission des finances de l’Assemblée nationale, que préside Jérôme Cahuzac, le député socialiste du Lot-et-Garonne. La note est salée pour le contribuable, le premier lésé par la façon dont a été clos le contentieux opposant l’homme d’affaires au CDR, la structure qui avait repris les actifs douteux du Crédit lyonnais.

L’ancienne banque publique, à qui Bernard Tapie avait donné mandat de vendre le groupe Adidas dans les années 90, a sans doute manqué à son obligation de loyauté. Elle lui a caché les conditions de la cession de l’équipementier sportif. Elle a tu l’identité exacte de certains investisseurs dissimulés dans les paradis fiscaux et a masqué le montant des plus-values réalisé en 1995, lorsque le repreneur Robert Louis-Dreyfus a introduit Adidas en Bourse.

Sur ordre de Sarkozy
Il n’en demeure pas moins vrai qu’au terme d’un incroyable marathon judiciaire, l’horizon commençait à s’éclaircir pour l’État. Après le dernier arrêt de la Cour de cassation, on s’acheminait vers un niveau d’indemnisation beaucoup plus faible que prévu. C’est à ce moment-là que Christine Lagarde, sur ordre de Nicolas Sarkozy, a suspendu le cours normal de la justice pour confier le litige à trois arbitres privés.

Ces derniers ont alors accordé près de 400 M€ à l’ancien golden boy des années Mitterrand. Ce qui lui a permis d’empocher au bas mot 200 M€, déduction faite de ses dettes fiscales et sociales. Un pactole qui comprend la somme ahurissante de 45 M€ pour préjudice moral. Les innocents condamnés à tort, qui passent des années en prison, perçoivent rarement plus d’un million d’euros…

Non seulement l’État a joué contre l’intérêt général, mais il s’est sans doute affranchi de la loi. Après avoir été officiellement saisie en 2008 par Marine Le Pen, la Cour des comptes a transmis le dossier à la Cour de discipline budgétaire et financière. Elle lui demande de mettre en cause la responsabilité de deux hauts fonctionnaires. Jean-François Rocchi est le principal visé. Actuellement président du Bureau de recherches géologiques et minières, il dirigeait le CDR, la fameuse structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais.

La Cour des comptes lui reproche notamment d’avoir forcé la main de son conseil d’administration. En l’obligeant à accepter l’abandon des procédures judiciaires et en ne l’informant pas du risque de voir le préjudice moral culminer à des hauteurs stratosphériques. Des accusations que Jean-François Rocchi a toujours démenties, mais sans convaincre ses procureurs. Selon la cour, l’État ne pouvait recourir à une procédure d’arbitrage privé qu’avec l’aval du Parlement. Il s’est passé de son avis.

Immunité des politiques
Les poursuites contre Jean-François Rocchi s’inscrivent malgré tout dans le registre du symbolique. Il n’encourt qu’une peine d’amende. Et le donneur d’ordre, Christine Lagarde, bénéficie d’une immunité totale, la Cour des comptes n’ayant pas le pouvoir de poursuivre des membres du gouvernement. D’où l’intervention des députés PS, hier, qui ont saisi la Cour de justice de la République, seule à même de juger les actes commis par les ministres dans l’exercice de leur fonction (voir ci-dessous).

Quant à l’ultime chance de voir Bernard Tapie rendre l’argent, elle passe par le Conseil d’État. Ce dernier doit examiner un pourvoi en annulation de la procédure d’arbitrage formé par le député Nouveau Centre Charles de Courson. Son issue est incertaine. En première instance, le tribunal administratif avait débouté le parlementaire après avoir estimé qu’aucune erreur d’appréciation n’avait été commise. Ce que ne manque jamais de rappeler Bernard Tapie.

Par Dominique Richard pour Sud Ouest

22 décembre 2010

Les petites affaires de Monsieur Lagarde

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 6:30

Dessin de Large - JPG - 54.3 koXavier Giocanti, l’époux de Christine Lagarde, est un as de la défiscalisation. Plutôt incongru, lorsqu’on partage la vie de la ministre de l’Économie.

En 1998, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, faisait un beau cadeau à Xavier Giocanti, le Marseillais qui partage la vie de Christine Lagarde, ministre de l’Économie : les « zones franches urbaines » de la ville. Depuis douze ans, le beau Xavier, sous couvert d’une bienfaisance officiellement destinée à donner du travail à ceux qu’on ne peut kärchériser, implante des immeubles et quelques entreprises dans ces «  zones ».

Cet entrepreneur, qui, selon ses propres termes, s’occupe du « PIB de Christine Lagarde » (« plaisir intérieur brut »), manifeste hélas une vraie détestation pour le fisc, dont la représentante dort dans son lit. Ainsi, c’est dans la partie néerlandaise de l’île de Saint-Martin qu’il a installé sa boîte de gestion hôtelière. Puis il a créé une société de conseil en patrimoine dont l’objectif est d’éviter la guillotine de l’impôt… De la défiscalisation tout ce qu’il y a de plus légal, mais qui la fiche mal quand on partage la vie de celle qui squatte Bercy…

Mais il y a mieux. Selon Paris- Match, Xavier Giocanti a un frère caché, un certain Renaud Muselier. Un garçon connu puisque, sans y laisser de traces, il a occupé la fonction de secrétaire d’État aux Affaires étrangères sous le pontificat de Jean-Pierre Raffarin. Il est bien sûr député et même viceprésident d’un monstre créé par Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée. Dans un entretien avec Match, Muselier a ouvert son vaste cœur : « Xavier ? C’est mon frère. »

Avec son « frère » Muselier, Giocanti est en affaires. Renaud, ami de Paul Bérenger, ancien Premier ministre de l’île Maurice, participe là-bas à un projet immobilier qui exige un investissement de 30 millions d’euros pour la construction de 33 villas qui doivent rapporter 80 millions d’euros. Grâce à Joe Lesjongard, ancien ministre du Logement, Muselier et ses potes ont obtenu le label Integrated Resort Scheme, un dispositif qui vous fait échapper à l’impôt. Visitez le site Web de Belle Rivière (du nom d’une rue de Saint-Pierre-et-Miquelon libérée en 1941 par un vrai héros, l’amiral Muselier, grand-père de Renaud), il vous promet tous les arrangements avec le fisc, et même d’y échapper complètement en devenant résident fiscal de l’île Maurice.

L’autre aubaine, c’est l’intervention à Maurice de l’Onudi, l’organisme de coopération internationale de l’ONU avec les pays en voie de développement. Ce perspicace et astucieux machin a participé à la mise en valeur du domaine de Belle Rivière.

Et c’est sans aucun doute un pur hasard si, alors qu’il était secrétaire d’État, Muselier a obtenu la création à Marseille du bureau français de cet Onudi. Et un bonheur de plus, possible pour son frère Xavier, puisque l’Onudi se charge aussi de créer des zones franches à Maurice. Elle est pas belle, la vie ?

La défiscalisation, nouveau symbole de réussite
Il fut un temps, il n’y a pas si longtemps, où payer ses impôts était un honneur. Il y a un siècle et demi, le droit de vote était la contrepartie de cet acte citoyen. Le médecin de mon village se vantait de n’avoir jamais été redressé d’un franc, malgré plusieurs contrôles. À cette époque, abuser le fisc était une fraude et, pour de nombreux bourgeois, un acte inconcevable. La probité était une valeur.

Mais qui connaît encore le sens de ce mot ? Les temps ont bien changé, aujourd’hui, la défiscalisation n’est plus une honte, c’est au contraire un signe extérieur de réussite sociale. À 50 ans, si vous n’avez jamais été voir un conseiller en défiscalisation, vous êtes un minable. Pour faire le travail, des experts sont apparus. Certains font des cours sur des paquebots à des médecins. Les avocats fiscalistes ont, eux, oublié leur serment. Plus question de probité, ni d’humanité. Plus ils font économiser de l’argent à leurs clients, plus ils gagnent, plus nous nous rapprochons de la Grèce. (more…)

8 août 2010

Quand Woerth assurait la protection des espèces

Filed under: 01 - Etudes et analyses,03 - Economie — iledere @ 6:28

Pourquoi Eric Woerth et Christine Lagarde, durant plus d’un an, laissèrent-t-ils le champ libre aux paiements en espèces, ceux qui ne laissent pas de trace ? Depuis octobre 1940, la loi les interdisait en France au-delà d’un  certain montant. Il s’agissait de freiner le marché noir, puis de combattre la fraude fiscale, enfin de lutter contre le blanchiment de l’argent sale.

Pourtant, de février 2009 à juin 2010, sous prétexte de « moderniser l’économie », cette réglementation fut abrogée, mais son remplacement tarda. Pendant plus d’un an, le ministre du budget se montra intraitable en parole contre les fraudeurs et contre les trafiquants ; quant à son action, elle marqua le pas.

Depuis 1940, le code monétaire et financier et le code général des impôts sont régulièrement mis à jour, afin d’interdire les paiements en liquide dépassant un certain montant : 5.000 francs au tournant du siècle, ce qui est traduit par 750 euros au moment du passage à la monnaie unique. Au-delà, il faut rédiger un chèque barré, faire un virement, bref, laisser une trace écrite dans les livres d’une banque.

Mais un puissant lobby s’active : celui du commerce et de la distribution. Le plafond des paiements en espèce est bientôt relevé : 1.100 euros en 2005 pour un commerçant ; 3.000 euros pour un particulier s’il était résident fiscal en France ; 15.000 euros pour un non-résident.

Les sanctions suivent la pente inverse. Jusqu’en 2005, les contrevenants doivent acquitter solidairement une amende fixée à 5% des sommes illégalement échangées en liquide. L’ordonnance du 7 décembre 2005 atténue sensiblement l’article 1840 du code général des impôts. Les contrevenants sont désormais passibles d’une amende « dont le montant ne peut excéder 5% » des sommes illégalement échangées.

Pourtant, le Conseil du commerce de France, une émanation du Medef réunissant la plupart des syndicats patronaux de la distribution, accentue sa pression. En décembre 2008, il demande que l’on porte le plafond des paiements en espèces autorisés de 3.000 à 10.000 euros. On en savourera l’argumentaire. Un tel aménagement, écrit le Conseil du commerce de France, « n’aurait que des conséquences positives sur le budget de l’Etat en garantissant des entrées de TVA supplémentaires. » (more…)

12 juin 2010

Sortie de crise : les diafoirus again…

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Tandis que la ministre de l’Economie estime que la France est dans une « période plutôt d’après-crise », son collègue de la Relance émet des réserves, en raison notamment d’un investissement privé insuffisant.

Les données de l’Insee sur l’emploi salarié, qui font état d’une légère hausse au premier trimestre, sont « le signe que nous entrons dans une période plutôt d’après-crise« . C’est ce qu’a déclaré la ministre de l’Economie et de l’Emploi, Christine Lagarde, lors de son passage sur France Info jeudi 10 juin. « Pour la première fois depuis le premier trimestre 2008, l’emploi salarié augmente en France, c’est vraiment une bonne nouvelle », a-t-elle déclaré.

« C’est le signe que nous entrons dans une période qui est plutôt une période d’après-crise« , a-t-elle ajouté. Mais elle a toutefois nuancé: cela « ne signifie pas que les effets de la crise sont résorbés, ni qu’on aura dorénavant chaque trimestre des chiffres positifs ».

Interrogée sur les raisons de cette petite éclaircie, Christine Lagarde a mis en avant les chiffres positifs en matière de croissance enregistrés depuis le deuxième trimestre 2009.

Retour du beau temps sur les CDI
« Graduellement, les entreprises ont commencé à restocker, puis, au fur et à mesure que des commandes se précisent, que le livre de commandes se consolide un peu, certaines entreprises ont recommencé à embaucher« , a-t-elle déclaré.

« On a très clairement ce mouvement-là au niveau de l’intérim mais également maintenant au niveau des contrats à durée indéterminée, donc des emplois plus solides, c’est particulièrement vrai dans le secteur des services, mais pas dans le secteur industriel », a-t-elle ajouté.

L’économie française a regagné 27.900 postes dans l’ensemble des secteurs, soit une hausse de 0,2% par rapport au trimestre précédent, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. L’évolution sur un an reste négative (moins de 123.500 postes ou moins 0,7%).

Mais « l’investissement privé n’est pas au rendez-vous »
De son côté, le ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance, Patrick Devedjian, a estimé jeudi que la France n’était « pas totalement sortie de la crise », en raison notamment d’un investissement privé toujours insuffisant. (more…)

4 avril 2010

Nouvelle loi du crédit à la consommation en France

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

La loi Lagarde prévoyant la réforme du crédit à la consommation, est examinée à l’Assemblée Nationale. Mais, d’ores et déjà, le doute plane sur sa capacité à enrayer la progression du surendettement, notamment auprès des associations.

Effectivement, la situation est alarmante, la Cour de Comptes l’a noté dans son rapport annuel, en faisant état de la progression du nombre de dossiers quelque soit la conjoncture économique. Le cap des 100 000 dossiers avaient été atteint en 1998 et celui des 200 000 en 2009. Cependant, on ne peut espérer une embellie en 2010 étant donné que les personnes perdant leur emploi en 2010 risque d’être encore conséquent.

Cette situation de surendettement doit être ralentie, parce qu’au bout du compte, elle ne profite à personne, ni aux sociétés de rachat de crédit ni aux banques.

Pour autant, la Lagarde comme auparavant la Loi Robien surendettement , ne s’attaque pas à la question de fond, à savoir la prévention. Le Cresus (fédération des chambres régionales du surendettement social) estime que ces lois prennent trop tard le processus, une fois que le surendettement est déjà là. Les dossiers de surendettement s’élèvent en moyenne à 40 000€ en France et seulement 22 000€ en Hollande et 15 000€ en Belgique. Dans le même mouvement les surendettés victimes d’accidents de la vie sont de plus en plus nombreux, allant jusqu’à 90% des personnes concernées. Maladie, chômage, séparation sont les situations qui amènent désormais devant les commissions de surendettement.

Evaluer la solvabilité sur une base déclarative jumelée à la consultation des fichiers de paiement (FICP) n’empêche pas les souscripteurs d’accumuler les crédits. En effet, les sociétés de prêts à la consommation n’ont pas la connaissance de la situation bancaire de leur client, ni de leur solvabilité. Un fichier qui serait positif pourrait en revanche être un signe d’alarme des banques sur la situation de leurs clients. Il y a également le problème des organismes de crédits qui accordent un quatrième prêt pour rembourser les deux premiers contractés.

En attendant l’instauration de ce fichier positif, il va falloir battre les réticences des banques ou même au Sénat qui s’est contenté de suggérer l’étude de cette question dans les trois années à venir, alors que les commissions de l’Assemblée ont proposé de ramener cette période à 18 mois.

par Lisa Tremblay pour « social et sociétal »

20 janvier 2010

Proglio gagne son banco, Lagarde mange son chapeau

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

2 millions d’euros par an en cumulant EDF et Veolia
« Le 5 novembre dernier, la ministre de l’Économie avait (…) assuré aux sénateurs que le nouveau patron d’EDF ne cumulerait pas les rémunérations et qu’il ne percevrait que celle de l’entreprise publique.
Interrogée à nouveau le 20 novembre sur RTL, elle avait campé sur ses positions, réaffirmant son refus que Proglio cumule deux rémunérations« , rappelle ce matin à Point nommé le site de l’hebdomadaire, qui qualifie donc de « véritable camouflet pour Christine Lagarde » la décision du Conseil d’administration de Veolia :
« Un joli cadeau de Noël. Dans le plus grand secret, les administrateurs de Veolia ont approuvé, jeudi 17 décembre, le montant des émoluments de Henri Proglio qui, après sa nomination à la présidence d’EDF, est désormais le président de leur conseil d’administration. Montant acté : 450 000 euros annuels. »

Proglio a donc obtenu ce qu’il réclamait : « Depuis plusieurs semaines, Proglio demandait deux millions d’euros annuels « tout compris », en additionnant à la fois son salaire chez EDF et sa rémunération chez Veolia. Pourquoi un tel chiffre ? Tout simplement parce que le patron d’EDF souhaitait être rémunéré à la hauteur de son ancien salaire de PDG de Veolia, soit deux millions d’euros« . Nous y consacrions notre billet du 29 novembre dernier sous le titre de L’indécence d’État, alors qu’il n’était encore question « que » de 1,6 million d’euros annuels.

Et un tandem de choc, formé du Premier ministre François Fillon et du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, était pour. Les termes en lesquels nous exprimions alors notre indignation sont plus que jamais d’actualité. Extrait.

« Le vrai scandale, c’est que nos éminents représentants de la Sarkozie trouvent la demande de Proglio parfaitement légitime et la lui accordent sans sourciller au nom de l’État français. « Il faut que les choses soient très claires : on a choisi Henri Proglio parce qu’on [en] avait besoin. Dans ces conditions il est parfaitement normal » que sa rémunération « soit proche de celle qu’il avait dans ses fonctions précédentes« , estime le Premier ministre en visite à Flamanville, cité par Le Monde, un François Fillon qui débite comme une évidence un incroyable discours : il est « parfaitement normal » de toucher un salaire de 1,6 million d’euros, payés par l’État, dans un pays aux 4,6 millions de chômeurs où les bénéficiaires du RSA survivent avec 400 euros par mois ?

Indécence !
C’est le mot utilisé par Pierre Haski poussant son coup de gueule sur Eco89 : « Il y a de l’indécence dans l’air. Celle du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, qui parle de « courage » pour justifier la demande du nouveau PDG d’EDF de doubler son salaire par rapport à celui de son prédécesseur. Celle d’Henri Proglio, qui débarque à la tête d’une entreprise de service public en exigeant de maintenir ses avantages financiers acquis dans une des grandes multinationales privées françaises. Ministre d’un président qui prône sur la scène internationale la moralisation du capitalisme et la modération des revenus, Christian Estrosi a déclaré mercredi matin sur France 2 : « Il faut faire preuve d’un peu de courage si nous voulons avoir les meilleurs capitaines d’industrie pour diriger nos plus grandes entreprises.  » (…) mettre en avant le « courage » qu’il y aurait à doubler le salaire du PDG d’une entreprise d’État en pleine période de crise, alors qu’un demi-million de personnes a perdu son emploi ? »

A ces 1,6 million de salaire versé par EDF (45% d’augmentation par rapport au prédécesseur de Proglio) s’ajoutera donc un pourboire de 450 000 euros distribué par Veolia, pour aboutir aux 2 millions convoités, malgré l’engagement de non-cumul des rémunérations pourtant pris par Christine Lagarde. Mais on savait déjà ce que vaut la parole des gouvernants de Sarkozie…

Et puis quelle idée aussi de prétendre s’opposer à la volonté d’un proche du chef de l’État ! Si la ministre de l’Économie était un minimum cohérente et soucieuse de donner du crédit à sa parole, puisqu’elle était opposée à l’addition des émoluments d’EDF et de Veolia, elle interviendrait pour réduire de 450 000 euros le salaire du PDG d’EDF.

Mais soyons certain qu’elle préfèrera manger son chapeau et laisser le cupide se goinfrer. En pleine crise frappant de plein fouet la France d’en-bas, alors que le petit peuple souffre et mange son pain noir, nul festin n’est refusé aux copains du pouvoir. C’est l’autre RSA : le revenu supérieur pour les amis. Bienvenue dans un pays gouverné par L’Union pour une minorité de privilégiés.

par Olivier Bonnet pour « Plume de Presse« 

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