Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 octobre 2011

Sarkozy, plus c’est gros plus ça passe

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Nicolas Sarkozy, intervenant à la télévision ce 27 octobre, s’est hissé à la hauteur de lui même. « Plus c’est gros, plus ça passe » : le Président n’a pas dérogé à sa ligne de conduite.

Voici un florilège de ses perles les plus belles, glanées au fil de ses obsessions.

1 – La faute aux 35 heures
C’est devenu une figure imposée du discours présidentiel : si tout va mal dans notre pays, c’est parce que les 35 heures l’on ruiné. Et qu’importe les statistiques !

« Quand en 2001, expliqua-t-il, on a fait cette chose étrange, les seuls au monde, les 35 heures qui ont ruiné la compétitivité du pays, dans le même temps M. Schroeder, pourtant socialiste allemand, faisait l’inverse… »

Les conseillers de Nicolas Sarkozy devraient lire avec plus d’attention les statistiques de l’OCDE, par exemple, avant de transmettre l’argumentaire au président. La vérité est que les Français occupés travaillent annuellement plus longtemps que les Allemands. Cela dure depuis que l’OCDE tient la comparaison à jours, c’est à dire depuis 1993 au moins. Enfin le surcroît de travail annuel des Français, qui atteignait 121 heures en 2001, était encore de 114 heures en 2008, en dépit de la « chose étrange » qui a « mis la pagaïe » dans les usines françaises…

Comment prétendre ré-industrialiser la France, si le diagnostic du déclin industriel est à ce point erroné ?

2 – La faute aux impôts
Nicolas Sarkozy, multipliant les niches fiscales et sociales, a laminé les recettes publiques. Comment justifier cette politique, quand les déficits publics sont montrés du doigt ? Il suffit de dénoncer un excès d’impôts.
« La France, a prétendu le président, est le pays qui a les impôts les plus élevés d’Europe ».
C’est inexact. Quatre pays ont des recettes publiques en proportion du PIB supérieures aux recettes publiques françaises ; ils ont cependant beaucoup moins de chômeurs que la France, en proportion de leur population active.
Quant à l’impôt progressif sur le revenu, il est en France un des plus légers de l’OCDE. (more…)

8 septembre 2011

Tchernobyl : Joly dénonce un Etat « au-dessus des lois »

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:30

La candidate d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, Eva Joly, considère que ce non-lieu est « un déni de justice pour les victimes de la crise sanitaire de Tchernobyl »AP/Thibault Camus

Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, a dénoncé mercredi 7 septembre un Etat « au-dessus des lois » après le non-lieu accordé par la cour d’appel de Paris au Pr Pierre Pellerin, dans l’enquête sur l’impact du nuage de Tchernobyl en France.

« Vingt-cinq ans après l’accident de Tchernobyl, la responsabilité de l’Etat n’est pas reconnue par la justice. Ce non-lieu est un déni de justice pour les victimes de cette crise sanitaire, notamment pour les nombreuses personnes souffrant de troubles de la thyroïde », écrit l’eurodéputée dans un communiqué.

« Dans le cadre de la campagne présidentielle, je proposerai une nouvelle législation qui tienne compte des risques sanitaires induits par de telles catastrophes. La justice ne doit plus être aux ordres et l’Etat doit prendre ses responsabilités lorsqu’il a failli, ce qui a été le cas lors de la catastrophe de Tchernobyl », poursuit-elle.

Dans un autre communiqué, l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi, fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) estime également que « ce non-lieu est un non-sens ». (more…)

2 septembre 2011

La belle fable de Nissan pour vendre sa bagnole électrique

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

Demandez autour de vous : que se passera-t-il quand il n’y aura plus de pétrole ? Hein ? Réponse quasi-unanime : “ben c’est pas grave, on roulera en voiture électrique”…

Pas étonnant, c’est le message subliminal distillé par les médias esbaudis par les promesses des constructeurs automobiles, qui, il faut bien le dire, contribuent à les financer largement en leur achetant des quantités déraisonnables de pages de pub.

L’avantage, c’est que les médias en question reprennent ces inepties en bêlant, et surtout sans se poser les questions qui fâchent, du genre :

– Comment on va faire pour produire toute cette électricité ? (on va mettre des centrales nucléaires partout)

– Où va-t-on trouver les capacités de production suffisantes pour produire par millions des batteries et des moteurs, qui exigent par exemple du lithium et des terres rares ? (pas de réponse)

– Où vont-elles être produites ? (en Chine)

– Quel est le bilan CO2 de ces engins quand l’électricité est produite à partir d’énergies fossiles ? (désastreux)

– Comment on fait pour aller de Metz à Biarritz ? (on prend le train)

Néanmoins, après des années d’annonces et de protos de salons, il semble qu’il soit bientôt possible d’acheter, à prix exorbitant, les premiers specimens de ces engins. (more…)

27 juillet 2011

Galéjades de Fillon sur la croissance française

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

La campagne présidentielle fait peser une sérieuse menace sur les chiffres. François Fillon a donné le ton, samedi 28 mai. S’adressant au conseil national de l’UMP, réuni à Paris, il n’a pas hésité à tricher avec les dernières prévisions de l’OCDE, afin d’embellir la croissance économique française prévue pour 2011.

« L’OCDE, affirma-t-il, vient de faire pour la France une prévision à 2,2% ; c’est plus du double de la croissance des Etats-Unis ; c’est plus du double de la croissance de la Grande Bretagne ; c’est beaucoup plus que la croissance de la zone euro en moyenne. »

Le Premier ministre aurait pu se contenter de souligner que l’OCDE, dans les « Perspectives économiques » publiées le 25 mai, se montrait plus optimiste que le gouvernement français, qui, le 20 août dernier, a ramené sa prévision de croissance pour 2011 de 2,5% à 2%.

Mais pourquoi ajouter ces galéjades, que dément un simple coup d’œil sur le site Internet de l’OCDE ? Pourquoi se référer aux Etats-Unis, dont la croissance, selon l’OCDE, serait non pas moitié moindre, mais au contraire nettement plus vive que la croissance française : 2,6% contre 2,2% en 2011, puis 3.1% contre 2,1% en 2012 ? (more…)

29 mai 2011

Chômage d’avril : une drôle d’«éclaircie»

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Si la catégorie A semble se stabiliser, c’est au profit de l’«activité réduite» qui continue, elle, de croître. Et bizarrement, alors que Nicolas Sarkozy a promis des contrats aidés et des formations aux chômeurs de longue durée, le nombre des inscrits dans les catégories correspondantes baisse !

Fin avril, l’officielle catégorie A — demandeurs d’emploi sans activité aucune — compte 10.900 inscrits en moins par rapport à mars (et depuis janvier, le recul total s’élève à 53.400). C’est, nous dit-on, un quatrième mois consécutif de baisse qui laisse entrevoir cette «reprise» tellement attendue.

En glissement annuel, la hausse est de 0,2% : on peut effectivement parler d’une ébauche de «stabilisation» mais certainement pas de «reprise», puisqu’aucun reflux n’est véritablement acté.

Moins de chômeurs, plus de précaires
Et il est clair que cette soi-disant «reprise» s’édifie sur la précarisation de l’emploi : «la précarité de l’emploi [est la ] grande gagnante de la sortie de crise», constate Libération, et «la reprise passe d’abord par les « petits boulots »», confirme Marc Landré du Figaro. Une tendance confirmée par les dernières prévisions de l’Unedic qui ne prévoit pas de décrue de l’«activité réduite» avant 2012. Telle un tsunami, la crise a détruit des emplois pérennes par centaines de milliers et ne laisse derrière elle que des débris.

Les chiffres des catégories B et C — celles des chômeurs qui acceptent des petits contrats, faute de mieux — le prouvent. La catégorie B (activité inférieure à 78h/mois) s’est enrichie de 4.700 inscrits : sur l’année, la hausse est de 5,7%. La catégorie C (activité supérieure à 78h/mois) est restée stable avec 100 inscrits en moins : sur l’année, la hausse est de 12,8%. L’intérim, premier employeur privé de France et baromètre de la mauvaise santé du marché du travail, propose des missions de plus en plus courtes.

Au total, le nombre des inscrits en catégories ABC — c’est-à-dire l’ensemble des demandeurs d’emploi «tenus d’accomplir des actes positifs de recherche» — a reculé de 6.300 personnes en France métropolitaine pour s’élever à 4.039.100 (+3,3% sur un an). Avec les DOM, ils sont 4.301.200. (more…)

22 mai 2011

Christine Lagarde a des problèmes avec les chiffres. M’enfin

Filed under: 03 - Economie,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Christine LagardeLe ministère de l’Économie exulte : les bonus des traders sont en baisse et le PIB est en forte hausse. Génial ! Sauf qu’à y regarder de plus près… c’est un peu l’inverse, en fait.

La semaine dernière a été marquée par deux infos économiques majeures : la baisse des bonus des banquiers et la forte hausse du PIB, près d’1% en trois mois, rendez-vous compte… De la belle ouvrage. Sauf que deux perturbateurs (certainement adeptes des théories du complot ?) sont venus calmer les ardeurs de nos fougueux économistes gouvernementaux.

Bonus fumeux
Le premier, Olivier Fluke, ne cesse, depuis des années, de décortiquer les bilans de nos banques nationales. Et à la lecture des communiqués de son ministère préféré, il s’est littéralement étranglé. Les chiffres de Mâme Lagarde ne correspondaient à rien. Il a donc fait chauffer sa calculette et remouliné les calculs. Au cas où… Et le résultat est à mourir de rire, accrochez vos ceintures : notre valeureuse marquise ministre a tout simplement divisé le montant des rémunérations variables de BNP-Paribas-Fortis par les effectifs de… BNP-Paribas seulement ! Ce qui faisait artificiellement monter les chiffres de 2009. De là, il était alors plus simple de prétendre que les bonus ont baissé en 2010. Forcément.

Las, le bonhomme a calculé qu’entre 2009 et 2010, au lieu de la baisse annoncée (de 303.000 euros en 2009 à 290.000 en 2010 par personne concernée), les bonus avaient en fait grimpé de 290 000 € à 291 000 €. Et au final, l’augmentation de la rémunération moyenne (fixe + variable), qui n’intéresse visiblement personne, est passée de 380 000 euros en 2009 à 434 000 euros en 2010 : soit une augmentation de 14%, alors que les revenus de la banque de financement et d’investissement (BFI, le secteur spéculatif de la BNP) ont diminué de 11% en valeur absolue et de 19% à périmètre et charge constants. Et pour la Société Générale, aussi citée par Bercy dans son communiqué ? La rémunération totale moyenne s’est établie à 309 000 euros en 2010 contre 319 000 euros en 2009, une baisse de 3%… alors que les revenus des activités pérennes de la BFI ont diminué de 21% ! (more…)

26 février 2011

Sarkozy et l’Université – la revanche personnelle d’un cancre.

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Après les faux diplômes de RACHIDA …il y a un menteur de plus au
gouvernement

L’histoire universitaire et le rapport malheureux de Nicolas Sarkozy à celle-ci permettent de comprendre la politique de mépris qu’avec constance ses affidés développent à l’endroit de la recherche et des chercheurs, de l’université et des universitaires. Preuves à l’appui.

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’université et la recherche trahissent une implication personnelle qui n’obéit pas seulement à la centralisation présidentielle du pouvoir. Il ne suffit pas de mettre en cause les conseillers et la plume du discours du 22 janvier 2009 sur « une stratégie nationale de recherche et d’innovation » alors que des passages improvisés de cette allocution prennent un ton acrimonieux et que bien d’autres interventions confirment un solide ressentiment.
Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’en prenait par exemple à celui qui avait mis la princesse de Clèves au programme du concours d’administration centrale : « Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle » (23 février 2007 à Lyon).
Depuis, les propos méprisants se sont multipliés contre les scientifiques ou des sciences. En février 2008, la mise en place d’une commission présidée par le professeur Guesnerie, visait à donner une caution académique aux reproches adressés à un enseignement qui négligerait l’entreprise, accorderait trop de place à la macroéconomie et à la sociologie et préparerait, on le devine, à des pensées politiquement subversives. Toutefois, la commission Guesnerie conclut à une excellente qualité d’ensemble des manuels. Les attaques contre la section économique et sociale ont néanmoins continué en prenant parfois le ton du persiflage au nom d’une compétence peu évidente. Ainsi, le 27 janvier 2009, Nicolas Sarkozy ressassait-il son hostilité devant un nouveau public : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C’est une blague. Mettez vos enfants dans la filière ES, ils ne pourront pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques ». (more…)

28 janvier 2011

La politique internationale de Nicolas Sarkozy

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

A l’instant où la France va présider les G8 et G20 il est bon de faire le point sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy qui pourrait alors se décrire en président du monde, comme il se clamait président de l’Europe quand ce n’était que la France, institutionnellement, qui présidait l’Europe. Si nous devions la résumer en deux mots ce serait : échec et honte, et même au pluriel, échecs et hontes. Les qualités de son action ont pour noms : arrogance, mensonge, paroles pseudo éthiques et actes sans aucune morale, courbettes devant les forts et grande gueule devant les faibles, gesticulation sans effet.

L’actualité nous commande de parler de la Tunisie. La position de la France avant et pendant la révolution du jasmin est tout simplement révoltante à mille lieues des déclarations angéliques à Strasbourg du tout nouveau président français clamant que l’éthique n’était finalement que la seule voie possible pour la politique étrangère. Ce pouvoir, et d’autres avant lui, a soutenu et félicité un dictateur corrompu qui a volé à grandes mains la population tunisienne, a enfermé les opposants et a bridé la liberté de la presse.
Notre fameuse Rama Yade n’a eu assez de sourires et de silences lors de son voyage d’agrément en Tunisie avec Nicolas Sarkozy servant, non à son corps défendant, de caution à un régime méprisable.
Pour tenter de faire oublier le passé complice de la France, Nicolas Sarkozy a préféré comme son frère Lagardère qui voulait qu’on le croit incompétent plutôt qu’escroc quand il a fait un milliard d’euros de plus value sur la cession de ses participations dans EADS, ce qui de fait l’envoyait de Charybde en Scylla car cela voulait dire de fait que nous avions le choix entre un escroc qui bénéficie de délit d’initié ou un incompétent majeur qui touche un salaire astronomique sans rapport avec ses qualités de dirigeant s’avouant lui-même incompétent, je disais donc que Nicolas Sarkozy pour faire oublier son passé complaisant et son copinage avec Ben Ali a préféré faire passer le tout et faire avaler le boa et ses plumes aux Français, pour une légère erreur d’appréciation.
Or un diplomate contredit cela aussi (Libération) : Le renversement du régime de Ben Ali était-il prévisible ? On évoque la perspicacité de la diplomatie américaine, dont les correspondances ont été révélées par WikiLeaks, pour mieux critiquer à l’excès une diplomatie française prise de court et inefficace. Aucune chancellerie n’avait inscrit dans ses prévisions le scénario qui a débouché sur la chute du régime Ben Ali. Au cours de la décennie passée, les analyses de notre ambassade à Tunis et celles du Quai d’Orsay soulignaient régulièrement la dégradation des libertés publiques et la répression qui touchait les associations et les organisations non gouvernementales telle que la Ligue tunisienne des droits de l’homme, la première dans le monde arabe. Les rapports diplomatiques mettaient aussi l’accent sur l’exaspération et le mal-être de la jeunesse tunisienne, liés certes au problème de l’emploi mais aussi à l’absence d’espace et d’expression politiques. Enfin, la prévarication et le développement d’un système de prédation du secteur privé de l’économie par le clan Trabelsi étaient perçus comme l’un des risques pesant sur la stabilité du pays. L’antienne de Ben Ali, présentant son régime comme un rempart contre la menace islamiste, relayée avec complaisance par nombre de politiques en France, était considérée dans les notes diplomatiques comme le fonds de commerce du régime et le prétexte pour s’abstenir de toute ouverture politique jugée déstabilisante. L’analyse diplomatique privilégiait le risque de mouvements sociaux à la menace islamiste. (more…)

28 octobre 2010

Emploi des jeunes, espérance de vie… Quatre idées reçues sur la réforme des retraites

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:28

Qu’il s’agisse de soutenir la réforme des retraites ou de la dénoncer, l’argumentaire des acteurs politiques ou syndicaux est plutôt rodé. Et construit sur des assertions présentées comme autant d’”évidences” frappées au coin du bon sens. Pourtant, à y regarder de plus près, la plupart sont discutables. En voici quatre :

“Aujourd’hui on vit plus longtemps. Il est normal, il est naturel, il est logique de prolonger le temps au travail” (Eric Woerth, 9/09)

Vrai et fauxC’est l’argument-massue du gouvernement et des soutiens à la réforme : l’espérance de vie a augmenté, il faut donc travailler plus longtemps. Même le Parti socialiste admet ce fait comme une évidence. Les choses sont pourtant plus complexes.

Effectivement, l’espérance de vie a augmenté entre 1980 et aujourd’hui, au rythme moyen de 2 à 3 mois par an. Mais rien ne garantit que ce phénomène va continuer irrémédiablement. L’espérance de vie est calculée à la naissance, en partant du principe que les conditions (environnementales, sociales, sanitaires…) seront identiques tout au long de la vie. Or un certain nombre de celles-ci (environnement notamment) se dégradent et seront moins bonnes demain qu’aujourd’hui.

La hausse continue de l’espérance de vie n’est pas un fait établi. Elle a ainsi reculé en Russie et stagne aux Etats-Unis (voire recule pour les plus pauvres), du fait d’un système de santé défaillant par exemple. En France, l’Insee a observé une hausse des décès de femmes en 2009. Dans une tribune parue dans Le Monde, trois chercheurs de l’Institut national d’études démographiques notaient fin septembre que “les prédictions de l’Insee, pour qui l’espérance de vie va continuer à croître au moins jusqu’en 2050, reposent sur des données fondées sur l’impact du recul des maladies infectieuses, sans prendre en compte la réalité actuelle des maladies chroniques”, comme l’obésité.

De plus, l’espérance de vie n’est pas l’espérance de vie en bonne santé, qui évolue peu, puisqu’elle n’a augmenté que de trois ans depuis quinze ans et se situe autour de 63 ans, avec d’énormes disparités en fonction de la profession et du niveau de vie.

En fait, le problème de financement résulte plus d’une question de pyramide des âges, comme le note le Conseil d’orientation des retraites : en 1980, on comptait trois actifs pour un retraité ; en 2010, nous sommes à 1,8 actif pour un retraité. En 2050, on devrait être à 1,2 actif pour un retraité. Mais “actif” ne veut pas dire employé. Car en dernier ressort, c’est bien la question de l’emploi et de la croissance qui régleront ou non le déficit des caisses de retraites, ce même en augmentant l’âge légal.

“Garantir aux Français qu’eux-mêmes et leurs enfants pourront compter sur leur retraite et que le niveau des pensions sera maintenu” (Nicolas Sarkozy, 20/10)

Plutôt fauxLa réforme sauve-t-elle un système en péril ? Pas vraiment. Le besoin de financement des régimes de retraites est d’une trentaine de milliards d’euros par an en 2010, un chiffre qui devrait monter à 70 à 115 milliards d’ici à 2050, selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites, dont les hypothèses elles-mêmes sont déjà sujettes à caution. Le constat est cependant unanime : les recettes manquent, d’autant plus avec la crise et la hausse du chômage, qui ont fait grimper encore le déficit. La France doit financer une retraite sur dix par l’emprunt, à hauteur de trois milliards chaque année, et le déficit cumulé atteint déjà 32 milliards.

Or la réforme n’assure que la moitié environ des besoins de financements, avec environ 27 milliards supplémentaires en 2018 (dont 18 milliards proviennent de l’allongement de la durée de cotisation), où le déficit du système devrait atteindre les 42,3 milliards. Le reste proviendra essentiellement de la liquidation des 32 milliards du fonds de réserve des retraites initialement prévu pour financer les départs en retraite entre 2020 et 2040.

Encore ce niveau de recettes reste-t-il optimiste. Comme le souligne le Conseil d’orientation des retraites de façon relativement catégorique, les incertitudes règnent sur l’équilibre du système car il dépend essentiellement de la conjoncture : quel taux de croissance, combien de chômeurs ? Les hypothèses retenues sont optimistes. La réforme postule ainsi que d’ici à 2020, la France bénéficiera d’un chômage à 5 % (deux fois moins qu’à l’heure actuelle, et un niveau jamais atteint depuis la fin des années 1970) et d’une croissance moyenne de 2,8% par an, là encore du jamais vu en 30 ans. (more…)

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