Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 juillet 2011

Le populisme contre le peuple ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses,11 - société — iledere @ 6:30

Le populisme vient régulièrement nourrir la la réflexion collective et les débats politiques. Notamment en été quand l’actualité immédiate laisse du temps et permet une disponibilité de l’esprit. Les Entretiens de Pétrarque à Montpellier ont notamment été consacrés à ce thème (Le Monde).

Il est clair que le populisme, pour ceux qui ont pris l’habitude de le dénoncer, est devenu une manière commode de se placer du bon côté de la pensée – là où le peuple représente un concept acceptable. En dénigrant sa caricature, son image grimaçante que serait le populisme, ils se donnent, sans trop de peine, une image de parfaits et distingués républicains. Dans notre démocratie, cette insulte qui vise à discréditer l’adversaire offre l’avantage d’être une notion à la fois précise et vague de sorte qu’elle fait mal mais sans qu’on se sente obligé de l’expliciter. Ainsi, elle sert de critique fourre-tout qui prétend accabler par exemple aussi bien Marine Le Pen que Jean-Luc Mélenchon et profite d’une impression générale qui laisse présumer une compréhension mais sans approfondissement.

Longtemps, on a pu considérer que le populisme était, pour la gauche, le peuple de droite, le peuple à laquelle celle-ci faisait volontiers référence non pas dans sa définition abstraite mais dans sa traduction concrète, quand les conservateurs ou même les libéraux, bien que plus réticents devant l’exploitation de cette mine démocratique, éprouvaient le besoin, contre les légitimités institutionnelles, de s’appuyer sur les évidences naturelles ou les arguments de bon sens – en tout cas allégués comme tels. (more…)

14 juin 2011

La grande misère de la politique

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

L’Histoire nous l’a démontré tout au long de son déroulement. Ceux qui, par le hasard de la naissance, ou parce que le destin les a portés en position de décider pour les autres, ou même parce que des élections dites « démocratiques » les ont amenés à ce poste, ont souvent brillé par leurs défauts plus que par leurs qualités, par leurs exactions plus que par le sérieux de leur engagement envers le peuple.

honnêteté

De Néron à Philippe le Bel, des Borgia aux souverains espagnols confrontés au Nouveau Monde, car les exemples pullulent, rares ont été les souverains dont la probité pouvait être louée. Peut-être pourrait-on citer Haroun al Raschid, ou le grand Cyrus… Et parmi les élus, il semble que De Gaulle pouvait se parer de cette qualité.
Pour l’époque la plus actuelle, il est préférable de se voiler la face, tant la situation est loin de cet idéal. Serions-nous revenus à cette époque dépravée que fut la Régence ? Non, probablement celle-ci est-elle allègrement dépassée dans la course au gain le plus grand dans les délais les plus brefs. Quant aux noms de ceux parmi les élus ou les décisionnels pour lesquels des enquêtes ont été lancées à leur encontre, leur énumération ressemble plus au Bottin qu’à la liste de la ménagère. C’en est au point qu’un changement s’impose au niveau mondial, tant ce qui est toujours au moins un délit ressemble presque, désormais, à la règle.
C’est d’autant plus grave, que cette malhonnêteté s’étend à la fois sur un défaut de probité généralisé, et sur une façon cynique de s’asseoir sur ses propres engagements, en regardant ailleurs. La confiance est exigée, sans rien en retour qui pourrait la justifier, hormis la force.

humilité
Quand vous prenez en charge le sort des autres, une grande responsabilité pèse sur vos épaules, que vous en soyez conscient, ou pas. De vos actes les plus infimes, en apparence, dépendra le sort de centaines, de milliers, voire de millions de personnes qui vous auront choisi, parfois, mais la plupart du temps qui subiront vos décisions. Tenir compte de ce facteur pour œuvrer au plus juste requiert de l’honneur bien sûr, mais aussi une grande humilité pour oser écouter les critiques, et en tenir compte. L’arrogance, à ce stade, est une catastrophe que tout le monde paye cher.
C’est pourquoi il faut accepter, parfois de se dire que dans ses décisions on s’est trompé, et même l’admettre publiquement afin d’opérer un changement d’orientation, s’il est encore possible. S’il ne l’est pas, il ne faut pas hésiter à trouver une solution peut-être pas idéale, mais meilleure que celle de l’intransigeance.
Sans vouloir être méchant, il n’est pas certain que la grande majorité des exigences mises en pratique au sommet de l’État depuis pas mal d’années déjà, assument cette nécessaire humilité. (more…)

2 juin 2011

Législatives 2012 : Le pays de Candy d’Hervé Novelli !

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:30

En vue des législatives de 2012, Hervé Novelli vient de faire publier sous forme de BD, la vie idéale d’une famille virtuelle vivant dans sa circonscription. Naïveté, cynisme ou simple propagande ? A vous de juger !

La vie politique française est pleine de surprises. Ainsi, on vient d’apprendre que le très « féroce » Hervé Novelli, dont le rêve consiste à : « supprimer la durée légale du travail, réformer de façon globale des contrats de travail, modifier le Code du travail, ériger la flexibilité comme une règle, supprimer les exonérations fiscales et sociales des heures supplémentaires » aurait gardé une âme d’enfant. Ou du moins, il pense que c’est le cas de ses électeurs !

En effet, on découvre sur le site Bedenews, cette touchante déclaration de l’ex ministre : « J’ai voulu présenter mon bilan sous une forme un peu originale (…) » La forme en question c’est une bande dessinée, composée de huit dessins. Ils montrent une famille originaire de Chinon, dans l’Indre et Loire, dont Hervé Novelli est le député (…) » Précise Bede-News

Il faut dire que son bilan, présenté par une batterie d’outils de promotion (Site Web, Facebook et Twitter) sur le Net, ne lui a pas évité … une cuisante défaite aux dernières régionales

Alors, cette fois-ci, Hervé Novelli a décidé de changer de technique et de conter aux électeurs de sa circonscription, l’ensemble des bienfaits issus de son action.

Ainsi, on apprend dans la BD tirée à 55.000 exemplaires, et envoyée dans les prochains jours, aux électeurs de sa 4e circonscription d’Indre-et-Loire, que : « dans la famille Moreau qui habite entre Tours et Chinon : La vie quotidienne de cette famille tourangelle a été sensiblement modifiée entre 2007 et 2010 par les actions du gouvernement de la France auquel a appartenu Hervé Novelli (…) »

Dans cette famille type : le père est ainsi un restaurateur heureux, il a pu embaucher du personnel grâce à la baisse de TVA à 5,5% mise en place par Hervé Novelli dans le secteur de la restauration. La mère a pu gagner plus en travaillant plus grâce au mécanisme d’exonération de charges sociales mis en place depuis 2007 par le gouvernement, Yvonne, la grand mère bénéficie d’une maison de santé et a vu son minimum vieillesse augmenter de 25%, Vincent le fils se rend en toute sécurité à l’école puisque : la délinquance a baissé de 17,5%, … (more…)

29 mai 2011

Faut-il un « sexgate » pour que les partis excluent certains élus ?

Filed under: 07 - Justice,11 - société — iledere @ 6:30

Alors que l’affaire DSK continue de faire la une des journaux au gré des prise de positions quelques fois douteuses des dirigeants politiques et que l’affaire Tron commence à prendre aussi une place importante dans les gazettes, il semble qu’un certain nombre de nos compatriotes regardent les exactions des puissants d’un œil goguenard… Un coté franchouillard réellement déplaisant. Et en premier lieu pour ceux qui défendent le droit à la dignité des femmes… Sihem Habchi présidente de « ni pute ni soumise » donne son point de vue. Décapant, forcément décapant…

Agression sexuelle, viol et séquestration, ces crimes graves sont minimisés tous les jours en France par l’intelligentsia et une certaine classe politique. Les propos tenus par ces derniers sont d’une rare violence. Le principe de présomption d’innocence doit être respecté mais certainement pas aux dépends des droits de la victime ; une femme ou un homme qui dénonce une violence est reconnu par la société comme victime.

Loin de moi l’idée de porter un jugement sur une enquête en cours ; la justice doit faire son travail. Mais cependant, Nafissatou D., celle qui s’engage dans cette bataille, est trainée dans la boue. Cette femme de ménage guinéenne et mère célibataire, est traitée de « mercenaire » (sexuelle), pour ainsi dire de « pute ».

Ces mots, dans la bouche de nos élus, résonnent comme un coup de poignard. Je prie pour qu’aucune femme victime de viol n’entende ce que pense d’elle une certaine classe politique déchainée contre les droits de la victime.

Un crachat sur le travail accompli par Ni putes ni soumises
Ni putes ni soumises a déchiré l’omerta sur les violences faites aux femmes dans nos quartiers populaires, considérées comme soumises aux codes machistes et aux traditions :

« Qu’est-ce qu’elle faisait là ? »
« C’est qu’elle était d’accord. »
« Les femmes n’ont pas à parler de ces choses-là. »
« Elle portait une jupe. »

Il était urgent de créer les conditions d’une libération de la parole des filles des quartiers face aux violences, face aux brimades et autres intimidations, portée par un cri commun :

« La liberté s’arrache, la République vous protège. »

Ce que je découvre jour après jour, ce n’est plus simplement du sexisme, qui je le rappelle décrit les discriminations subies par les femmes en raison de leur sexe, mais bien des violences dont on se refuse à dire le nom. Cette culture du déni, érigée en règles, est un crachat sur tout ce travail accompli. (more…)

7 mai 2011

Un seul Etat pour deux rêves

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

L’épineux partage de la Palestine
Entamées le 2 septembre sous l’égide du président Barack Obama, les négociations israélo-palestiniennes ne se heurtent pas seulement à la poursuite de la colonisation mais aussi aux vues radicalement différentes des deux parties sur Jérusalem, les réfugiés, les frontières, l’eau. Cette impasse amène un certain nombre de responsables, y compris israéliens, à prôner la création d’un seul Etat sur tout le territoire entre la Méditerranée et le Jourdain.

Par Alain Gresh

« Le moindre danger, le moindre mal, serait la création d’un Etat unique avec des droits égaux pour tous ses citoyens », annonce le président du Parlement. Figure de la vie politique, un ancien ministre surenchérit : il n’existe plus désormais d’autre option que la proclamation d’un seul Etat sur tout le territoire historique de la Palestine, de la Méditerranée au Jourdain. Une jeune députée aux convictions religieuses bien ancrées défend les mêmes conclusions. Trois personnalités palestiniennes ? Trois membres de l’organisation islamiste Hamas ? Trois antisionistes européens ? Non : ce diagnostic a été formulé par trois membres éminents de la droite israélienne.

Le premier, M. Reuven Rivlin, récuse l’idée d’une menace démographique arabe et observe que cette manière de penser « amène à évoquer le transfert ou le fait qu’il faudrait tuer les Arabes. Je suis horrifié par ces propos. Je vais dans les écoles où, lors de simulations d’élections, Lieberman [le ministre des affaires étrangères, dirigeant du parti d’extrême droite Israël Beitenou] obtient 40 % des voix et j’entends des enfants dire qu’il faudrait tuer des Arabes. (…) Ce type d’attitude a été créé par la position condescendante des socialistes [le Parti travailliste] qui affirment : “Nous [les Juifs] ici et eux [les Arabes] là-bas.” Je ne l’ai jamais compris. Quand Jabotinsky (1) disait : “Sion nous appartient”, il voulait dire un premier ministre juif et un vice-premier ministre arabe (2) ».

Le second, M. Moshe Arens, s’est illustré comme ministre de la défense et ministre des affaires étrangères dans les années 1980. Parrain politique de M. Benyamin Netanyahou, catalogué comme un « faucon », il s’est exprimé dans une tribune du quotidien Haaretz : « Que se passerait-il si la souveraineté israélienne s’appliquait à la Judée et à la Samarie et que l’on offrait à la population palestinienne la citoyenneté israélienne ? Ceux qui, en Israël et à l’étranger, considèrent “l’occupation” comme un mal insupportable seraient soulagés par un changement qui libérerait Israël de ce fardeau (3). » (more…)

1 mai 2011

L’Europe de François Mitterrand ?

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:20

Les deux hommes ont participé à des gouvernements de gauche, puis quitté le Parti socialiste, le jugeant trop peu « républicain ». Ils ont été — et demeurent — fascinés par François Mitterrand. Lors du référendum du 29 mai 2005, ils ont fait campagne contre le traité constitutionnel européen.

Mais, alors qu’en 1992 l’un, M. Jean-Pierre Chevènement, s’opposait au traité de Maastricht, l’autre, M. Jean-Luc Mélenchon, entrevoyait derrière ce texte « un début d’Europe des citoyens ». Si leurs deux ouvrages ne traitent pas exclusivement de ces choix, ils les éclairent (1).

M. Chevènement veut comprendre comment Mitterrand en est venu à faire de « l’Europe » « un mythe de substitution au projet de transformation sociale qui l’avait porté au pouvoir en 1981 ». Et comment la réalisation du marché unique des capitaux a pris le pas sur la construction d’une « France socialiste » où, ainsi que le proclamait l’hymne du parti, « tout devient possible ici et maintenant ». Selon M. Chevènement, Mitterrand, ébranlé par la débâcle de 1940, aurait en réalité toujours estimé que la France ne pouvait faire mieux que « passer entre les gouttes ». Ce qui au demeurant était aussi la conviction de Jean Monnet, exprimée dès août 1943 : « Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leurs peuples la prospérité. »

Mais « l’Europe », ce « pari pascalien » de Mitterrand enfanté par une analyse pessimiste des capacités propres de la France, ne permit pas seulement d’habiller un « ralliement au néolibéralisme qui ne pouvait se donner pour tel ». Elle offrit aussi, au moment de la chute du mur de Berlin, l’avantage de « canaliser le mouvement irrésistible de la réunification allemande ». Non sans contreparties : arracher son mark à l’Allemagne obligea à accepter un mark bis, l’euro, dont les effets déflationnistes n’ont semblé s’estomper qu’en période de bulle financière. Cette intégration économique du Vieux Continent a également précipité la mise en cause des institutions (services publics) et des souverainetés (monnaie) sans lesquelles la gauche est impuissante. Chemin faisant, M. Chevènement relève un savoureux paradoxe : en 1972, Mitterrand « trouva dans la social-démocratie européenne le contrepoids nécessaire à l’engagement qu’il avait pris en signant le programme commun de la gauche » avec le Parti communiste ; onze ans plus tard, au moment du « tournant de la rigueur », Mitterrand trouvera dans « l’Europe » une couverture « internationaliste » de gauche lui permettant d’habiller son ralliement au néolibéralisme. Police d’assurance dans un cas, poudre d’utopie dans l’autre… (more…)

31 mars 2011

Détruire les casinos et liquider la Française des Jeux : manifeste pour une politique civilisationnelle des jeux

Filed under: 01 - Etudes et analyses,11 - société — iledere @ 6:30

Il est de ces lois qui cristallisent une époque ; de ces lois résumant à elles seules un siècle, un cycle : votée discrètement en mai 2010, la loi d’ouverture à la concurrence des jeux en ligne est de cette catégorie.

Pourquoi ouvrir à la concurrence un système jusque-là entre les mains de personnes publiques ? Des centaines de sites illégaux, des millions de joueurs, et des milliards d’euros qui échappent à la fiscalité… Le statut quo ne suffisait plus ; « Il fallait légiférer » : fatalité législative inquiétante. Mais quelle est donc cette situation intenable ? Comment en est-on arrivé à ce nouveau phénomène de société qu’est cette dépendance aux jeux ? Alors que cette loi va faire l’objet prochainement d’une évaluation par le Parlement et que les partis politiques commencent à se positionner pour 2012, il est grand temps qu’un débat de fond émerge sur la législation en matière de jeux d’argent, une matière sur laquelle le législateur, au fil de son « œuvre », n’est jamais « revenu arrière ».

Constat
Le système actuel est né en deux temps : tout d’abord, l’Etat, après avoir réprimandé ces activités, a toléré le jeu (à la fin de l’Ancien Régime) voyant dans cette tolérance un moindre mal aux méfaits du jeu clandestin qui entraînait des perturbations de l’ordre public, le blanchiment d’argent, des activités clandestines… En tolérant le jeu, l’Etat a souhaité l’encadrer et remédier à ses effets pervers. C’est ici que les évolutions législatives auraient dues s’arrêter. Le deuxième temps de l’histoire des jeux n’est qu’une chute, l’enclenchement d’un engrenage infernal : pourtant tout commençait bien avec la loi du 21 mai 1836, qui demeure toujours le principe, prohibant les loteries de toute espèce. Néanmoins le législateur avait déjà à cette époque la manie d’affirmer des principes et d’y déroger dans le même texte : sont prévues dans cette loi une série d’exceptions pour les loteries destinées à des actes de bienfaisance, à l’encouragement des arts ou au financement d’activités sportives à but non lucratif et autres loteries de faibles ampleurs. Mais c’est l’article 136 de la loi de finances du 31 mai 1933 qui instaure l’exception la plus importante : il habilite le Gouvernement à fixer, par décret, les conditions d’organisation d’une loterie nationale. L’article précise qu’après que l’Etat prélève 100 millions de Francs, le produit de cette loterie est destiné à une caisse de solidarité agricole. Cette loterie nationale est gérée depuis le décret du 9 novembre 1978 par la Société de la Loterie Nationale et du Loto National (SLNLN) qui devient la Française des jeux en 1990 (1). Les gouvernements ont pris l’habitude de compter de plus en plus sur les recettes fiscales tirées des jeux : de là découlent les paradoxes et la schizophrénie de l’Etat, partagé entre une volonté de lutte contre le jeu et le maintien de ses recettes fiscales. (more…)

21 mars 2011

Voter dans un pays qui ne s’appartient plus

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Haïti entre Dieu et ONG

« Ces élections ne seront pas parfaites, elles ne régleront pas tous les problèmes, mais elles constitueront un pas de plus vers la démocratie en Haïti (1) », affirmait M. Edmond Mulet, le chef guatémaltèque de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), quelques jours avant la présidentielle du 28 novembre. Au printemps, M. William Clinton, ancien président des Etats-Unis et envoyé spécial de l’Organisation des Nations unies (ONU), s’était montré encore plus confiant : « Les élections sont bien l’une des rares questions pour lesquelles nous n’avons pas à nous faire de souci (2). »

Le vote passé, la population ne décolère pas. Des manifestants dénoncent le processus électoral ; six groupes d’observateurs électoraux nationaux déplorent la « façon désastreuse » dont s’est déroulé le scrutin (3) ; quatorze des dix-neuf candidats en demandent l’annulation, certains évoquant une fraude massive. Présentée comme essentielle à la restauration de la stabilité du pays à la suite du séisme du 12 janvier 2010, l’élection apparaît comme un fiasco. Toutefois, la première réaction de la Minustah, de l’Organisation des Etats américains (OEA) et de l’administration américaine est de minimiser les problèmes et d’accorder un crédit de principe aux résultats.

Interrogé sur l’opportunité d’organiser une élection au beau milieu d’une épidémie de choléra, l’ambassadeur américain en Haïti, M. Kenneth Merten, a rétorqué : « Le gouvernement haïtien estime (…) que les questions de santé publique n’interdisent pas la tenue du scrutin. » Après tout, concluait-il, « c’est une élection organisée par Haïti ».

Par Haïti, vraiment ? Les donateurs privés ont fourni l’immense majorité des fonds nécessaires à son organisation : 14 millions de dollars en provenance des Etats-Unis, 7 millions versés par l’Union européenne et 5,7 millions par le Canada. L’Agence américaine pour le développement international (Usaid) a offert une assistance technique et matérielle après avoir commandité un rapport garantissant « la faisabilité de la tenue d’élections libres et justes ». De son côté, la Minustah s’est chargée de la logistique du dépouillement. (more…)

7 mars 2011

Liberté, égalité… « care »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:24

Respect, souci des autres : la première secrétaire du Parti socialiste, Mme Martine Aubry, hésite entre plusieurs termes pour traduire la notion de « care » qui, selon elle, devrait fonder le projet de société de sa famille politique. Mais la priorité accordée à la compassion et à une éthique individuelle ne conduit-elle pas à négliger les structures de l’économie ?

Qui refuserait de reprendre à son compte cette vigoureuse affirmation : « Nous voulons une société du respect, et non pas une société dure, violente, brutale, égoïste (1) » ? Belle formule, qui a le charme prenant des évidences. Il serait pourtant quelque peu frivole d’en sourire, comme d’une invocation utopique et consensuelle au parfum de peace and love. Car ce vœu, formulé par la première secrétaire du Parti socialiste français, Mme Martine Aubry, ne fait pas seulement écho au malaise diffus suscité par la difficulté d’imaginer un avenir différent : il relève avant tout d’une entreprise ambitieuse de refondation des valeurs de la social-démocratie, à la faveur d’une lecture apparemment modernisée tant de la question sociale que du fonctionnement de la démocratie. C’est dire qu’on est loin du gadget promotionnel ou de l’effusion personnelle : ce qui s’énonce et s’annonce ici, c’est une définition revisitée des enjeux et des moyens du socialisme libéral. Une voie nouvelle pour la gauche, objet du désir de nombreux citoyens mélancoliques, serait-elle enfin ouverte ?

C’est autour de la notion de care que s’élabore ce projet. Etrange choix que celui de ce terme de la langue anglaise que les dictionnaires traduisent par « souci, soin(s), attention », et que le plus distrait des spectateurs connaît grâce à l’expression « Take care », prononcée le plus souvent avec une ferveur contenue dans les films américains chaque fois qu’un personnage prend congé. Qu’est-ce donc que le care possède que la « sollicitude » ignore ? Tout simplement, son… background théorique. (more…)

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