Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 octobre 2010

Tirons une leçon du mouvement contre la réforme des retraites.

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Ce qui est finalement le plus inquiétant, dans le mouvement des retraites, est la lumière faite sur une démocratie en état de décomposition avancée. De droite comme de gauche, nous devrions tous nous en inquiéter, au lieu de nous y vautrer.

Au début de l’année, le président de la République annonce une réforme qu’il va tenir apparemment jusqu’au bout en l’adaptant à peine à l’extrême-marge. Dans ce processus, l’ensemble des acteurs de notre système démocratique sont bafoués : les syndicats ne sont pas consultés, les autres partis politiques à peine, le parlement qui tente régulièrement de faire évoluer ce texte doit finalement réduire ses débats au minimum et n’accepter que les amendements tolérés par le gouvernement. L’impression qui ressort de tout cela est une évidence : le gouvernement peut faire ce qu’il veut, comme il le veut, sans qu’une opposition institutionnelle réelle puisse se mettre en place.On pouvait à ce moment-là espérer que la rue se substitue et prenne le contrôle des choses. Finalement, jusqu’à maintenant, ce n’est pas du tout le cas. Les syndicats ont organisé un mouvement, au départ, très peu contestataire : quelques grandes manifestations, certes impressionnantes, mais qui n’inquiétaient pas plus que cela le pouvoir. Ces dernières semaines, les choses se sont radicalisées mais sans soulever l’ensemble des Français. Certes, des salariés de certains secteurs se sont fortement mobilisés, mais sans jamais parvenir à déclencher une grève majoritaire et sans paralyser le pays. Même s’il faut faire la queue une heure pour avoir de l’essence, on ne peut pas dire que notre vie en soit radicalement transformée.

Dans ce petit bras de fer, les acteurs ont donc cherché, avec une certaine insistance, la position de la population. Ah, comment savoir ce que peut bien vouloir le peuple… On a donc, de tous les côtés, commandé des sondages, dont on sait pourtant qu’ils sont aisément manipulables et réalisés dans des conditions toujours discutables. Ainsi, dans les grands débats organisés dans nos médias, on a pu voir les partisans des deux camps se jeter les mêmes chiffres à la figure en affirmant détenir le soutien de la majorité. Sans aucune preuve concrète.
Dans ce jeu stupide, les médias ne sont pas en reste. Pour illustrer l’avis du bon peuple, on rajoute une louche de sondages et surtout, les habituels micro-trottoirs où un bon Français donne son avis. Souvent, ces petits reportages sont au mieux risibles. Voici que, sur TF1, on interroge un passant de Neuilly-sur-Seine qui, bien évidemment, déclare sa haine de ces infâmes grévistes privilégiés qui l’empêchent de mettre de l’essence dans sa Porsche… Pendant ce temps, sur Arte, voici un enseignant qui dit comprendre les grévistes. Sur France 2, un médecin libéral se plaint de ne pas pouvoir remplir sa voiture d’essence pour aller faire sa tournée, alors que sur une autre chaîne du service public, un médecin hospitalier rejette la réforme. Le pire a pour moi été d’entendre l’habituel langue de bois ressassant toujours les mêmes marronniers que nous devrions considérer comme justes : les Français sont nuls en économie, les Français sont des enfants qui refusent une réforme inévitable, les Français en ont marre de ces prises en otage, les Français ont besoin de l’essence pour vivre, les Français veulent la fin du statut de la fonction publique, les Français sont fatigués de cette élite bourgeoise qui prend des décisions qui ne la touchent pas directement… (more…)

22 octobre 2010

Majorité révoltée

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Il est d’usage d’opposer majorités silencieuses et minorités révoltées. Au regard de cette classique opposition, qui explique en partie l’allergie de la gauche radicale aux sondages, la vigueur du soutien de l’opinion au mouvement social contre la réforme des retraites est détonante. L’enquête BVA-M6 impressionne. Pas moins de 66% des personnes interrogées se déclarent « favorables à ce durcissement du mouvement de protestation » alors que la question fait explicitement état de « grèves reconductibles » à la RATP et à la SNCF. Pour CSA-Le Parisien, ce sont 61% des Français qui seraient favorables à une « grève durable et continue ».

Toutes les enquêtes d’opinion témoignent de la popularité croissante d’une protestation qui se heurte à l’autisme du pouvoir. D’après celle de l’Ifop pour Sud-Ouest, ce sont 71% des sondés qui trouvent le mouvement du 12 octobre « justifié » et même 42% « tout à fait justifié » ! La sympathie pour la protestation est générale, mais elle est particulièrement marquée chez les jeunes, les femmes et dans les catégories populaires.

Cet exceptionnel niveau de soutien de l’opinion ne garantit pas aux syndicats de l’emporter dans leur bras de fer avec le gouvernement. Entre deux élections, Nicolas Sarkozy ne semble reconnaître que la légitimité des agences de notation financière et sa stratégie de consolidation de ses soutiens à droite lui interdit un recul qui l’exposerait à une « chiraquisation » de son image.

En face, la faiblesse de l’implantation des syndicats français dans le secteur privé réduit les possibilités d’une généralisation des grèves. Et pourtant, le climat est plus explosif que jamais. La protéiforme affaire Woerth-Bettencourt, avec ses ramifications allant de Sarkozy à Madoff, a agi comme un puissant révélateur de la vérité du régime actuel.

Henri Vacquin n’a peut-être pas tort de considérer que nous sommes aujourd’hui finalement plus proches de mai 1968 que de décembre 1995.

Eric Dupin pour son blog « les murmures d’Eric Dupin« 

21 octobre 2010

Parlementaires, et si commenciez par « sauver » vos propres régimes de retraites ?

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:30

A l’UMP, ont affirmait que les retraites étaient « maintenant sauvées », après le vote au Sénat du report de 60 à 62 ans de l’âge du départ à la retraite. Cette affirmation n’est toujours pas une réalité pour les régimes des députés et sénateurs qui sont évasifs sur la possibilité d’un alignement sur celui des autres français !

Et même si, comme l’écrit l’AFP :  » La réforme du régime de retraite des députés sera débattue le mercredi 27 octobre par le bureau (organe dirigeant) de l’Assemblée nationale, a déclaré mardi à la presse le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer … / … Et que :  » La réforme devrait marquer la fin du régime spécifique de retraite des députés, souvent décrié car très avantageux, comme celui des sénateurs … / … « 

Celà n’explique pas comment les députés vont combler le déficit actuel de leur régime qui est de : 52 millions d’euros par an ! comme l’expliquait « Sauvegarde Retraites « , qui ajoutait au passage que : «  si on étendait à tous les régimes de retraite la gestion du régime des députés, nous aurions besoin de 1 000 milliards d’€ … / …  »

Ce qui est confirmé par La Tribune : «  La caisse de retraite des députés, verse chaque année près de 66 millions d’euros de pensions aux anciens élus du Palais-Bourbon, l’équivalent de 13 % du budget global de l’Assemblée. Mais les cotisations ne représentent que 23 millions, dont les deux tiers sont acquittés par l’Assemblée elle-même en tant qu’employeur. Pour équilibrer le régime, l’Assemblée verse donc en plus une subvention de 42 millions. Le budget de l’Assemblée étant financé par celui de l’État, c’est donc le contribuable qui finance au bout du compte l’essentiel de la retraite des députés … / … « 

Quant aux sénateurs :  » La semaine dernière, le Sénat a adopté le principe d’une réforme de son régime de retraite , sans toutefois se prononcer sur la suppression de la cotisation double. Cette mesure a fait « l’objet d’une expertise et devrait pouvoir être proposée« , indiquait le communiqué, sans plus de précisions … / …  » – Capital

Néanmoins, le Sénat affirme « autofinancer » son régime de retraite au travers de sa « cagnotte  » , dont Marianne2 nous parlait, en Juin 2010. Celle-ci, sert en partie à payer les retraites des sénateurs et  » s’élève à 581 millions « . Si l’on en croît Gérard Larcher, c’est une somme « épargnée et placée »

La Tribune est moins catégorique et explique :  » … / … Pour verser annuellement 26 millions d’euros de pensions, la caisse ne peut pourtant compter que sur 3,5 millions de cotisations des sénateurs en activité, et 6,5 millions de cotisations patronales versées par le Sénat. D’où sortent alors les 15 millions d’euros restants ? De produits financiers provenant du portefeuille de la caisse, même si ce portefeuille s’est déprécié de 100.000 euros en 2009 en raison de la crise … / … Or, les sénateurs oublient un peu vite que les cotisations patronales acquittées par le Sénat sont en fait financées par les contribuables… »

Alors, devant tant de sollicitude pour pérenniser nos régimes de retraites, les parlementaires vont-ils être magnanimes et réellement aligner le leur sur celui du régime général ? (more…)

20 octobre 2010

Retraites : carton rouge pour Depardieu !

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

gerard-depardieu-dec-2009.1287412290.jpgMoi, j’aime bien quand Mémé Kamizole de fout en boule. Surtout quand elle s’en prend à Dépardieu qui devient décidément un gros beauf. Milliardaire mais beauf…

Comment se fait-ce qu’il n’y ait pas une seule journée où une info, sinon plusieurs ! ne me missent hors de mes gonds ? Je suis sans doute atrabilaire-née mais tout de même, j’apprécie tout autant les «coups de cœur» et les infos un tantinet rigolotes. Or donc, ce matin, épluchant comme d’habitude la newsletter de 20 minutes, je tombe en arrêt – j’ai tout du chien de chasse ! – devant ce titre Retraites : Pour Depardieu, la mobilisation contre la réforme est «ridicule». Vous dire que mon sang chaud bouillant ne fit qu’un tour relève du pur euphémisme. «De quoi se mêle-t-il ce gros porc ?» fut ma première réaction parmi d’autres, moins encore amènes.

Maud Pierron le souligne à très juste titre : il n’est plus à une provocation ni incartade près. La rubrique des faits divers fourmille de ses démêlés avec la police : conduite en état d’ivresse, algarades musclées, etc. J’avais épinglé le 22 décembre 2009 la dernière en date (tout du moins à ma connaissance) Gérard Depardieu multirécidi-viste : il pète un câble et une voiture Bd St Germain. Tout ça parce qu’un automobiliste s’était garé sur “SA” place…
Comme le dit très bien l’actrice et romancière Annie Duperey après qu’il eût multiplié les déclarations fracassantes empreintes d’une connerie suffisante, bête et méchante aussi bien à l’égard de personnalités politiques que d’artistes : «A un stade de notoriété et peut-être d’ébriété, (…) on se sent tout permis, on est au-dessus de tout, (…) on adore cracher dans la soupe (…) Ça a été un formidable acteur, mais il faut qu’il ferme sa gueule» (20 minutes 23 sept. 2010).

Vous remarquerez comme moi qu’elle parle de son talent au passé ! Cela rejoint exactement ce que je pense de Gérard Depardieu depuis belle heurette… Un has been. Il eut sans doute beaucoup de talent. Je me souviens en particulier du jeune interne en médecine de «Sept morts sur ordonnance» que j’avais vu en salle à Orléans, au Sélect rue Jeanne d’Arc pour autant que ma mémoire ne me trahisse pas, lors de sa sortie en 1975. J’allais beaucoup au cinéma à l’époque. C’était la première fois que je voyais Depardieu et je l’avais trouvé très bon. Il était alors sobre – peut-être dans les deux acceptions du terme !

Depuis déjà pas mal de temps je lui reproche de ne plus incarner des rôles mais de se contenter de faire du Depardieu. Quel que fût le rôle. Ça en devient chiant. Il a sans doute tourné dans 200 films mais beaucoup de merdes. Peut-être son nom à l’affiche suffit-il à remplir les salles mais sans moi ! (more…)

Monsieur Woerth, je vais vous expliquer

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Ce qu’il y a de formidable dans la langue de bois…c’est sa matière : le bois. Le gouvernement est une abstraction, jugez en par vous même : Celui-ci a été remanié au mois de mars et en juillet, il est désormais en sursis suspendu à notre défaite présumée au sujet des retraites. Eric Woerth pourra ensuite prendre la sienne. Lui n’a cependant pas besoin de ces fameux trimestres, il ne s’applique bien évidemment pas les lois de compression qu’il tente de faire adopter puisqu’il n’en a pas besoin.

Alors même que nous faisons feu de tous bois, livrant par là-même le meilleur de nous-même dans la rue, nous avons un ministre présumé coupable du cumul de ses fonctions passées, et conflits d’intérêts en veux-tu en voilà. Qu’importe la manière, ce qui compte c’est le résultat.

Que l’on repense à la stigmatisation actuelle du pouvoir, elle prend aujourd’hui une forme assez élaborée. Elle tente encore de trier le bon grain de l’ivraie, au motif primitif qu’il y aurait de bons jeunes lycéens s’opposant à des recalés du système scolaire. La faute à qui ?

Des banlieues et des casseurs, comment pourrait-il en être autrement au juste ?

Une chose est certaine, ces deux catégories de jeunes se retrouveront assis en rangs d’oignons au pôle-emploi dans les mois à venir. Bref, nous assistons à une lutte assez élaborée sur la forme, faisant fi des injonctions Sarkozyenne. Seul homme aux commandes du France.

C’est d’ailleurs la multiplicité des mouvements qui fait la force de celui-ci. Le cœur de ce mouvement, n’en doutant pas, reste le mouvement des étudiants et des lycéens. Les autres salariés et chômeurs, humiliés dans leur grande majorité par 30 ans d’abrutissement économique, n’ont plus ni les moyens financiers de tenir, et même plus l’envie.

Avez-vous ressenti le lien social renaissant, avez vous parlé enfin à quelques inconnus dans la rue. Pour ma part hier, j’ai constaté le bonheur des personnes âgées venues en nombre manifester, trois mamies sont venues parler à mes enfants. C’est de ce lien dont la société nous prive un peu plus chaque jour. Un chant Ardéchois ici, une mère gardant les enfants des voisins, durant un happening dans la rue, le voisin, cet inconnu, vous refilant un peu de son gasoil, la France, c’est ça, ma France c’est vous, la France c’est moi.

Un slogan hier à Valence : « Eteins la télé, allumes ton cerveau » et encore un autre qui fit rire beaucoup le troisième age « Sarkozy t’es foutu, la vieillesse est dans la rue ». (more…)

17 octobre 2010

Guillaume Sarkozy veut faire main basse sur l’argent des retraites complémentaires

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Ça aide bien, dans la vie, d’avoir un frère chef de l’Etat du genre de Nicolas Sarkozy ! « Il ne s’agit pas que d’une coïncidence. Mais bien plutôt d’une stratégie concertée en famille : l’un assèche les régimes par répartition tandis que l’autre pose les fondements du système par capitalisation », écrit Médiapart : Guillaume Sarkozy, patron de Malakoff Médéric, est en train de monter, avec la complicité de l’Elysée, un fonds de pension à la française !

Lors de l’émission de France 2 consacrée aux retraites, face à une Arlette Chabot offusquée, Ségolène Royal avait déclaré, citation que nous reprenions dans notre long article de décryptage du programme :

« Je ne veux pas que les salariés aient à la fois subi la financiarisation de l’économie, les dégâts de l’économie financière et aillent alimenter par leurs cotisations des fonds de pension qui, demain, vont peut-être faire faillite, qui vont à nouveau se balader au niveau de la planète des prédateurs pour racheter des entreprises, délocaliser etc. Ils seront deux fois victimes : victimes de la crise économique, victimes de l’incapacité des gouvernants à sauver la Sécurité sociale et victimes des banques, des assurances privées et des fonds de pension qui attendent, tapis dans l’ombre, de mettre la main sur ce pactole… et c’est bien pour ça que le Medef ne dit rien, parce que ces entreprises-là, elles sont au Medef, et le Medef se tait aujourd’hui et se cache parce que la réforme de François Fillon, c’est la réforme du Medef. »

La présidente de Poitou-Charentes avait raison, comme l’analysait quelques jours plus tard sur sa page Facebook Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, commentant un article des Echos titré Retraite : la réforme va faire évoluer en profondeur l’épargne privée : « Loin de sauver la retraite par répartition, la réforme du gouvernement contient de nombreux articles destinés à doper l’épargne retraite malgré les catastrophes qu’on a constaté en 2009, comme déjà en 2001, dans tous les pays qui avaient fondé leurs systèmes de retraite en priorité sur l’épargne individuelle. Mais en France comme ailleurs le lobby de la finance a les poches profondes et le bras long… »

Prenant cette fois appui sur un article de Juritravail, Levé de rideau sur les trois volets de la réforme de l’épargne retraite, il insistait à nouveau le lendemain : « Ce n’est pas l’aspect le plus médiatisé de la contre-réforme des retraites mais les mesures en faveur de fonds de pension à la française qu’elle contient sont d’une grande portée, malgré le désastre qui frappe actuellement les systèmes de retraites de ce type partout dans le monde du fait de la crise… » Eh bien figurez-vous qu’un tel « fonds de pension à la française » est en voie de création, avec aux manettes… Guillaume Sarkozy ! (more…)

14 octobre 2010

Retraites : la place des jeunes est-elle dans la rue ?

Filed under: 03 - Economie,06 - Travail-Entreprises — iledere @ 12:00

Une nouvelle fois Ségolène Royal a mis les pieds dans le plat en appelant hier soir sur TF1 (cf vidéo) les jeunes à se joindre pacifiquement au mouvement social contre la réforme des retraites. Hallucinant, démagogique et irresponsable s’emporte la droite qui dénonce une instrumentalisation de la jeunesse. A l’inverse, l’ex candidate des socialistes aux présidentielles met en avant la solidarité générationnelle. Pas si simple.

“Génération sacrifiée”, le terme revient dans de nombreuses bouches à gauche. Quelques heures avant Ségolène Royal, Martine Aubry avait, sur Europe 1, estimé que : “Le Premier ministre prend vraiment les jeunes pour des enfants. Les jeunes malheureusement ont l’impression d’être une génération sacrifiée. Ils connaissent aujourd’hui la dureté du marché du travail, la précarité et ils savent calculer, comme tout le monde“.

A juste titre la jeunesse a des raisons d’être inquiète pour son avenir tant l’héritage que leur laissent les anciens semble chaotique : une dette colossale de 1500 milliards, un environnement dégradé, une économie naufragée. Leur présent n’est déjà pas très joli avec un système éducatif essoufflé, déconnecté de la vie active avec des universités parking à chômeurs, avec en ligne de mire un taux de chômage des jeunes de 18% et un taux de pauvreté de 12%.

Plus soucieuse de rassurer son électorat vieillissant que d’être pédagogique à l’égard des jeunes la droite se retrouve dans une situation paradoxale. Elle conduit aujourd’hui dans l’hostilité générale une réforme destinée à pérenniser le système de retraite et donc au final censée profiter aux jeunes.

Des jeunes accusés de se tirer une balle dans le pied en défendant la préservation du niveau de vie des plus de 65 ans à leur détriment. Rien ne serait pire qu’un statu quo favorable aux plus âgés affirment de nombreux observateurs. A courte vue oui. Car on peut espérer qu’intuitivement la jeunesse a conscience que l’orientation qui sera donnée à la réforme des retraites pèsera sur tous les autres dossiers dans la recherche d’une équité à la fois horizontale et verticale, c’est-à-dire générationnelle.

Ce matin sur France Inter, François Baroin, ministre du budget, affirmait que la réforme des retraites était une réponse à une question démographique. Faux affirme Jean-François Couvrat. Pour le journaliste économique du Monde, “On peut tout dire de la réforme des retraites, sauf qu’elle est dictée par une contrainte démographique. Elle vise en réalité à réduire la part de la richesse nationale consacrée au financement public des pensions “. (more…)

Êtes-vous sûrs que la grève est un combat inutile ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Le gouvernement présente les grèves comme inutiles. L’opinion publique ne semble pas toujours convaincue de l’efficacité des mouvements sociaux. Pourtant l’Histoire nous montre le contraire. Pourtant le mouvement de 2010 contre la réforme des retraites semble prouver l’inverse. Retour sur une manifestation qui mêle jeunesse, colère et indignation.

Que de jeunes, que de jeunes…
Face à l’incertitude des chiffres, il y a deux certitudes. La première, c’est que le mouvement de contestation a pris ce 12 octobre, une nette ampleur avec 3,5 millions de manifestants en France selon la CFDT et 1,2 millions selon la police. Tous les chiffres, même ceux du ministère ont donc augmenté.

La deuxième certitude est la présence massive des jeunes dans le cortège. En effet, Lycéens étudiants et même collégiens sont venus protester contre la réforme des retraites. Le diaporama photos réalisé par Acturevue, le montre très clairement. Et le gouvernement peut d’ailleurs commencer à s’inquiéter car la colère ne semble pas faiblir.

Le gouvernement va-t-il entendre la protestation de la rue ? Oû va-t-il attendre qu’une grève générale, qui peut avoir d’importantes répercussions sur l’économie, paralyse le pays tout entier ? Il faut attendre les jours prochains pour se prononcer sur la durée du mouvement. Mais il semble que la détermination et la conviction que le gouvernement peut reculer, aient gagné l’opinion publique.

D.Perrotin
Reportage en direct des manifestations par Acturevue

Il faut l’admettre, la grève est une tradition bien française dans le processus politique, mais malgré tout, elle a su apporter des avancées spectaculaires (1968 : Accords de Grenelle, 1995 : retrait de la réforme sur les retraites, les régimes spéciaux et la fonction publique). Et contrairement à ce que l’on tente de nous faire croire, à commencer par notre président Nicolas Sarkozy qui clamait en juillet 2008 que « désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit », elle s’est avérée dans le passé très efficace.

La grève reste en effet, le moyen redoutable pour faire entendre sa voix lorsque celle-ci n’est pas prise en compte ou lorsque le gouvernement parle de négociation alors que les syndicats ont seulement été écoutés et non entendus. La grève apparaît dès lors, comme le résultat malheureux de l’absence d’un dialogue social.

Des erreurs propices au recul du gouvernement
Dans la situation actuelle, la grève peut être l’élément déclencheur d’un retournement de situation sociale grâce notamment au contexte politique actuel plutôt déprimant.

Tout d’abord, l’affaire Woerth-Bettancourt, qui a mis à jour une certaine promiscuité ou proximité entre le monde politique et le cercle des grandes fortunes, ne peut que susciter la colère de ses « petits » travailleurs. En outre, une décrédibilisation croissante de la fonction présidentielle ( qui a pour symbole le célèbre « casse-toi pauvre con »)ne cesse de fait perdre la confiance que peut avoir le citoyen envers ses élus.

Enfin le flirt assumé par l’UMP avec l’extrême droite que l’on qualifie « d’erreurs » comme celle relative à la circulaire sur les Roms et celle du président de la république dans son discours de Grenoble indigne nombre de personnes (une partie des catholiques, des centristes…).

Pour finir la dernière erreur qualifiée de « maladresse présidentielle » par Michel Rocard dans Le Parisien du dimanche 10 Octobre était : »d’ annoncer un remaniement trop longtemps à l’avance« . Cette décision politique délégitime en effet le rôle des ministres déjà très bousculés par la rue.  (more…)

29 septembre 2010

Retraites : coût pour l’Unedic de 440 à 530 millions d’euros à l’horizon 2018

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

La réforme des retraites aura un impact net sur les comptes de l’assurance chômage à partir de 2015, qui culminera entre 440 et 530 millions d’euros en 2018, selon des estimations de l’Unedic révélées mardi par La Tribune, dont l’AFP a eu copie.

Les effets du recul de l’âge légal de départ en retraite sur les comptes de l’Unedic, à savoir un surcoût d’indemnisation des chômeurs mais aussi des cotisations supplémentaires, ne seront en effet pas immédiats en raison de l’application progressive du décalage de l’âge.

Pour bâtir ses estimations, deux scénarios ont été testés par l’Unedic pour la période 2010-2018 : l’un à taux d’emploi à 60 ans inchangé et niveau de salaire constant, l’autre avec une augmentation du taux d’emploi d’un point.

Dans le premier cas, le coût de la réforme pour l’assurance chômage pourrait avoisiner un demi-miliard d’euros à l’horizon 2018.

Selon ce scénario, l’impact net pour l’Unedic s’élèverait à 230 millions d’euros en 2015, 480 millions en 2016, avant de se stabiliser à 530 millions d’euros à partir de 2017.

Pour les allocations chômage, le surcoût financier serait « nul pour l’Unedic jusqu’en 2014, estimé à 1,44 milliard d’euros sur la période 2015-2017 (230 millions d’euros en 2015, 480 millions d’euros en 2016, 730 millions d’euros en 2017) et estimé à 730 millions d’euros par an à partir de 2018« , selon la note.

Et pour les cotisations, la recette liée à des cotisations supplémentaires « n’existera pour l’Unedic qu’à partir de 2017 » et est estimée à environ 200 millions d’euros par an à partir de 2017, ajoutent les experts.

Le deuxième scénario serait un peu moins coûteux pour l’assurance chômage. L’impact net du recul de l’âge légal de départ en retraite s’élèverait à 200 millions d’euros en 2015, puis 420 millions d’euros en 2016, avant de se stabiliser à 440 millions d’euros à partir de 2017.

Autrement dit, si le taux d’emploi à 60 ans augmentait d’un point entre 2010 et 2018, le coût de la réforme pour l’Unedic serait réduit à 440 millions d’euros à l’horizon 2018, au lieu de 530 millions dans le premier scénario.

Pour les allocations chômage, ce deuxième scénario prévoit un surcoût financier nul jusqu’en 2014, estimé à 1,27 milliard d’euros sur la période 2015-2017 (200 millions d’euros en 2015, 420 millions d’euros en 2016, 650 millions d’euros en 2017) et à 650 millions d’euros par an à partir de 2018.

Et pour les cotisations, la recette liée à des cotisations supplémentaires, estimée à 210 millions d’euros par an, n’existerait aussi qu’à partir de 2017.

Les estimations des experts de l’Unedic prennent en compte les règles actuelles de l’assurance chômage.

Dépêche AFP

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