Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

19 avril 2011

Le super plus grand bal des méga super plus grands menteurs

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,07 - Justice — iledere @ 6:30

C’est une légère démangeaison. Vous vous grattez puis vos neurones vous emmènent ailleurs. Vous oubliez. L’irritation revient. Vous recommencez. Vous vous dîtes « quelle bande de cons ! ». Aussitôt, parce que vous avez des choses importantes à faire, votre esprit part ailleurs. Un journaliste vous rappelle. Le parasitage revient. Léger embarras. Est ce que j’ai un avis sur le film de Daniel Leconte « le bal des menteurs » ? Ben non.

Ce sera probablement mauvais. Depuis une dizaine d’années, ce gars-là est un condensé de ce qui se fait de pire dans le PAF. Pensée facile, brossage dans le sens du poil, courbette devant le pouvoir, rabâchage de poncifs, ennui sidéral, tromperie et détournement de l’information. Leconte est le champion toute catégorie du documentaire bidonné sur la banlieue (1). Seul son film sur Carlos permet de rehausser le niveau, mais il n’a fait que récupérer les intuitions d’Olivier Assayas, le réalisateur. Si on me demande de choisir entre Cauet et Leconte, je prends le premier sans l’ombre d¹une hésitation. C’est une question d’éthique. Et je ne plaisante pas. Au mieux, Leconte anime des débats insipides. Au comble de l’arnaque, il promeut des shows faisandés où les cibles sont musulmanes et où les stars de l’info se la jouent rebelle. Ce gars-là est devenu, pour une petite secte dont je fais parti, un personnage hilarant. Qu’y a-t-il eu de plus comique à la télévision depuis des lustres qu’Axel Ganz ou Jean Pierre Elkabach en « stars de l’info » luttant pour l’indépendance des médias dans cette perle de désinformation qu¹est « Main basse sur les médias » ? (2)

Qu’il continue à cachetonner à Arte, à sous louer un appartement à France Inter, à lécher les tapis de Canal, je m’en branle. Je sais, je ne suis pas poli. Mais c’est dimanche matin et je n¹ai pas le goût des efforts sémantiques. La seule chose que je lui demandais était de me foutre la paix. C’était une sorte d’accord tacite entre nous. J’ai des livres à écrire, des films à réaliser, des toiles qui sèchent. Peu de temps à perdre. Mais voilà, le « bal des menteurs » est sorti le mois dernier. J’ai été appelé par des radios et des journaux pour réagir. J¹étais dans un premier temps au générique avec la mention « avec Denis Robert dans son propre rôle ». Ma victoire judiciaire ­magnifique – contre Clearstream les a obligés in extremis à virer les passages me concernant et ma présence au générique.

Daniel Leconte n’est pas seul. Ils sont une petite bande avec Philippe Val, Richard Malka, un avocat qui est aussi celui de Clearstream et Elisabeth Levy (l’ex de Malka). Denis Jeambar vient compléter la bande. Je ne comprends pas trop ce que Jeambar est venu faire dans cette galère mais tant pis pour lui. (more…)

15 mars 2011

Exit Juppé

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Après un mini-état de grâce d’Alain Juppé lors de sa nomination au quai d’Orsay, l’ancien Premier ministre étant devenu « l’homme fort du gouvernement » aux yeux des médias, le vent a déjà tourné. Maurice Szafran montre que pour devenir le chef de file des anti-Khadafi, Sarkozy a décidé de se passer de son ministre des Affaires Étrangères.

Il aura donc suffi de quinze jours pour que Nicolas Sarkozy, une fois encore, démente le chœur enfiévré des journalistes et des commentateurs. Ainsi le président de la République, au plus bas dans les sondages et dans une partie non négligeable de son électorat, affaibli par le scandale MAM et son manque de réactivité face à ce délabrement de l’Etat, avait donc accepté que les Français voient ressurgir sur le devant de la scène super Juppé, ultra puissant ministre des Affaires Étrangères, quasiment débarrassé de la gangue, de l’influence élyséenne et du tout-puissant ex-secrétaire général de la présidence, Claude Guéant. Et dire que certains d’entre nous, parmi les « professionnels de la profession », ont voulu croire à ces âneries…

C’était d’abord oublier une règle de base, cette pratique d’airain de la Ve République : en matière de politique étrangère, seul le président décide, le patron du Quai d’Orsay n’étant qu’un exécuteur plus ou moins respecté, plus ou moins influent. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, quel que soit le contexte politique, n’ont jamais cédé un pouce de pouvoir. (more…)

9 mars 2011

Une députée UMP propose de « remettre les immigrés dans des bateaux »

Filed under: 09 - Evènement,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

La députée UMP Chantal Brunel (AFP)« Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer. Nous, on doit montrer qu’on a des solutions« , prétend Chantal Brunel. « Est-elle la nouvelle porte-parole du FN?« , s’indigne le MJS.

La députée UMP Chantal Brunel a suggéré mardi de « remettre dans les bateaux » les immigrés « qui viendraient de la Méditerranée« , en réaction aux sondages donnant Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle.

« Il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout remettons-les dans les bateaux! » a déclaré l’ancienne porte-parole de l’UMP à la presse dans les couloirs de l’Assemblée. La députée n’a pas indiqué à quel moment, au cours des derniers mois, des bateaux immigrés ont accosté sur les côtes françaises.

« Le temps n’est plus à la parole mais aux actes et aux décisions » a ajouté Chantal Brunel. « Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer. Nous, on doit montrer qu’on a des solutions » a-t-elle ajouté. « On doit assurer la sécurité en France et rassurer les Français » a-t-elle conclu. (more…)

11 décembre 2010

De pagaille et boulettes, Hortefeux et Fillon s’enneigent.

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 8:40

Mercredi, alors que Paris était paralysé dès le milieu d’après midi, le ministre de l’intérieur expliquait qu’il n’y avait pas de pagaille. De Moscou, Fillon accusa Meteo France. Il suffit de quelques boules de neige pour que le gouvernement se ridiculise avec quelques boulettes. Sarkozy, lui, recevait son grand ami syrien, comme si de rien n’était. Les droits de l’homme, nous rappelle Wikileaks, ne sont pas un sujet à évoquer avec le dictateur syrien.

Pagaille politique
Les centristes veulent croire à leur destin. Jean-Louis Borloo, grand vaincu du remaniement gouvernemental de novembre, est enfin sorti de son silence médiatique jeudi soir. Il a invité diverses personnalités à un dîner de la République, à l’occasion du 105e anniversaire de la loi sur la laïcité, organisé par le Parti Radical. Le prétexte était facile. Ministre fidèle des gouvernements Raffarin, Villepin puis Fillon de 2002 à 2010, Borloo ne s’est jamais montré critique avec les politiques menées. Il a fallu qu’il sorte du jeu gouvernemental pour que sa « fibre » sociale ressorte enfin. Quelle coïncidence ! Cette rencontre, prévue de longue date, devait se transformer en ode au centre. Problème, ni Hervé Morin, président du Nouveau Centre, ni François Bayrou, unique centriste de l’opposition, n’étaient présents. A vrai dire, ce rassemblement n’intéressait pas grand monde, si ce n’est quelques pronostiqueurs politiques professionnels.

Mercredi, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, a fait l’actualité. Il a commis une belle boulette en commentant le blocage généralisé des transports en Ile-de-France, vers 17 heures : « il n’y a pas de pagaille. » Hortefeux, le temps d’une conférence de presse, ressemblait à son ancien collègue Borloo quand, ministre au moment de la grève des carburants en octobre dernier, expliquait que la plupart des stations service du pays étaient correctement alimentées… Le lendemain, le ministre de l’intérieur a dû se justifier : « j’ai dit très exactement qu’à ce stade, a priori, il n’y a pas de pagaille mais des difficultés sérieuses se font sortir. (…) Plutôt que disserter sur la pagaille, je préfère livrer bataille.» Et il ajoute, quand même, que les circonstances météorologiques étaient « exceptionnelles ». Pour faire bonne figure, le ministre précisa même qu’il n’y aurait aucune contravention de stationnement ce jeudi. Une belle promesse rapidement démentie par les faits.

Dans le même temps, le ministère des Transports jugeait « normales » les difficultés de circulation rencontrées la veille. De Moscou, où il était en déplacement commercial, François Fillon a, lui, préféré se défausser sur les services de l’Etat, en l’occurrence Meteo France : « Météo France n’avait pas prévu cet épisode neigeux, en tout cas pas son intensité puisque les prévisions étaient de trois centimètres et qu’il est tombé, je crois, 12 centimètres sur Paris même, et 20 centimètres sur certaines régions de la banlieue. Donc, il est incontestable que les services chargés du déneigement ont été pris au dépourvu.» Son secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, en rajouta : « l’épisode neigeux a été beaucoup plus brutal et (était arrivé) beaucoup plus tôt qu’annoncé par Meteo France. » Pourtant, les prévisions officielles communiquées la veille mardi prévoyaient bien une dizaine de centimètres de neige dès le lendemain sur la région parisienne…

Quelle pagaille gouvernementale !

Maîtrise sarkozyenne
Jeudi, Nicolas Sarkozy n’avait pas grand chose à dire sur ces difficultés de circulation. Les temps ont changé. Il y a trois ans, il aurait bondi sur l’occasion pour fustiger quelques préfets. Depuis, il tente de se « présidentialiser » à grande vitesse avant la campagne de 2012, et de gommer ses réflexes agités. Visites de terrain pacifiée, humour tranquille, épouse souriante, diplomatie distante… tout est fait et pensé en ce sens. Sur le terrain, justement, l’équipe élyséenne déploie la plus grande énergie à éviter tout débord. Le lieu des déplacements en province est connu à la dernière minute, il s’agit toujours de coins facilement contrôlable. (more…)

4 décembre 2010

Sarkozy au plus bas…

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Selon le baromètre TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, Nicolas Sarkozy atteint le point le plus bas depuis son arrivée à l’Elysée. François Fillon perd lui aussi des points.

Trois semaines après le remaniement du gouvernement, force est de constater que le rebond attendu n’a pas eu lieu. Pire, la courbe de confiance du président de la République connaît en cette fin d’année son point le plus bas depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007. Du côté de Matignon, les nouvelles ne sont pas bonnes non plus : François Fillon, qui a voulu se maintenir à la tête du gouvernement, voit sa courbe baisser à nouveau, pas loin de sa cote d’alerte.

Seule bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy, les sondages favorables à la gauche à dix-huit mois de la présidentielle attisent les convoitises et suscitent des ambitions. Les hésitations de DSK, la multiplication des candidatures aux primaires du Parti socialiste, les appels à avancer la date de ce scrutin avant l’été, peuvent créer un sentiment d’exaspération chez des Français davantage préoccupés par la façon dont le pays sortira de la crise que par le bal des prétendants au PS.

Le doute sur Eva Joly
Candidate aux primaires d’Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly ne réussit pas à faire le plein de ses troupes pour son entrée dans le baromètre. Seuls 39 % des sympathisants Verts lui font confiance, quand ils sont 50 % pour Aubry ! Les dirigeants écolos ne sont pas les seuls à avoir des doutes sur sa candidature.

Mélenchon sans troupes
Celui qui veut être le candidat du Front de gauche à la présidentielle a du mal à fédérer son camp. Les sympathisants de gauche sont deux fois moins nombreux à croire à ses chances pour l’avenir qu’à celles de son rival Olivier Besancenot.
Son populisme revendiqué montre ses limites.

» Consulter le baromètre (pdf)

(Crédits photo : AFP PHOTO POOL ERIC FEFERBERG )

12 avril 2010

Sarkozy, premier Président exhibitionniste

Filed under: 01 - Etudes et analyses,20 - UMP — iledere @ 6:30

Wikimedia CommonsJamais la vie privée d’un homme politique n’a été autant exposée que celle de Nicolas Sarkozy. Si l’utilisation à des fins politiques par les médias -et les politiques eux-mêmes- n’est pas chose nouvelle, la notion même de vie privée a largement évolué au point de devenir aujourd’hui un critère de jugement politique. Encore faut-il savoir poser des limites à l’exposition de l’intimité.

La rumeur autour de la vie privée du couple Sarkozy pose, plus que jamais, la question de la frontière entre vie publique et vie privée.
« La vie privée est une notion confuse, difficilement formalisable et qui ne prend de sens que dans un contexte historique précis » écrivait en 2002 le sociologue Patrick Baudry dans un ouvrage sur « la vie privée à l’heure des médias ». Bien avant le début de l’ère Sarkozy qui a largement accentué cette tendance, Patrick Baudry écrivait déjà : « Après les stars, c’est la vie privée des hommes politiques qui intéresse le plus les médias. Le pouvoir n’est plus sacré et inaccessible. Ses détenteurs sont soumis à une tyrannie de l’intimité où vie privée et vie publique sont de plus en plus confondues. Si la vie privée est dévoilée, ce n’est pas à cause de l’intérêt public mais bien pour satisfaire le voyeurisme et la soif de sensationnel du public ».

Historien et professeur à la Sorbonne, Antoine Prost relativise les dérives récentes dans l’usage médiatique de la vie privée des hommes politiques : « l’utilisation à des fins politiques par les médias de la vie privée des hommes politiques n’est pas chose nouvelle ». Et de citer la campagne menée, dans les années 1887-1888, contre le président Jules Grévy à travers son gendre qui vendait des décorations. Sans parler des maîtresses de Louis XIV et Louis XV, de la mort subite de Félix Faure,  qui succomba d’un arrêt cardiaque en galante compagnie à l’Elysée.

Affaire Caillaux: Le Directeur du Figaro tué par la femme d’un ministre
Beaucoup plus emblématique est l’affaire Caillaux, ministre des finances qui s’était opposé à l’allongement à trois ans du service militaire et voulait instituer l’impôt sur le revenu. Trois mois durant, il fit l’objet d’une campagne de presse menée par Le Figaro qui publia le fac similé d’une lettre adressée à sa maîtresse alors qu’il n’avait pas encore divorcé. Elle était signée « Ton Jo ». « Le scandale fut énorme…La légitime Madame Caillaux alla voir le directeur du Figaro, Calmette, et le tua d’un coup de revolver. C’était en mai 1914. Caillaux démissionna » écrit Antoine Prost. Un précédent qui explique peut-être la prudence du journal d’Etienne Mougeotte dans l’affaire de la « rumeur ». (more…)

28 février 2010

l’amer Ministère de la honte…

Filed under: 13 - PS,20 - UMP — iledere @ 6:30

Aujourd’hui, à l’appel de 85 organisations, dont les Verts, Attac, le PCF et le Front de gauche (voir la liste plus exhaustive ci-dessous), plus d’un millier de personnes environ ont manifesté dans le centre de Paris pour réclamer « la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’immigration.

Je suis fort désolé de n’avoir pu être des leurs,  mais j’ai soutenu moralement ceux qui marchaient  depuis le fin fond de ma province… c’est toujours mieux que rien !

Je relaie ici l’Appel derrière lequel ils se sont mobilisés, en vous invitant à faire de même sur vos blogs…

Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration
Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de « l’Identité nationale » a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

Qu’a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des « dérapages » individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un « débat » sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et co-responsables du contrôle identitaire sur la France.

La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : « Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ? » La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République. (more…)

9 janvier 2010

Hémorragie aux Echos: un quart des salariés choisissent de partir

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

Hémorragie aux Echos: un quart des salariés choisissent de partirDeux ans après le rachat du groupe Les Echos par LVMH, près d’un quart des salariés, dont 62 journalistes, ont fait jouer leur clause de cession et s’apprêtent à quitter le groupe. Des journalistes qui attendent toujours les investissements promis par Arnault et qui portent un regard désabusé sur l’absence de stratégie de la direction et sur la connivence affichée de ses responsables avec le pouvoir.

Mise en place en décembre 2007 par LVMH lors du rachat du groupe Les Echos à Pearson, la clause de cession (NDLR : qui permet aux journalistes de quitter leur entreprise avec indemnités en cas de changement de propriétaire) a pris fin le 23 décembre 2009. Selon la Lettre A, « 109 personnes ont choisi de quitter le groupe sur 434 salariés, dont un tiers de secrétaires de rédaction. Au sein du journal Les Echos, 62 journalistes, sept pigistes, quatorze cadres et onze employés sont sur le départ. Parmi les journalistes démissionnaires, 32% partiront en retraite anticipée ».
C’est, au total, un quart des effectifs qui fait jouer cette clause de cession.
Selon un syndicaliste « un certain nombre de gens sont partis en ayant quelque chose derrière, notamment parce que la clause de cession était longue : 2 ans. Individuellement, c’est une protection. Ça a laissé du temps aux gens pour se retourner. Ils ont saisi des opportunités, retrouvé du travail, profité de cette clause. Mais dans les services administratifs, à la régie publicitaire ils n’en ont pas bénéficié et la pression était autrement plus lourde».

Le nombre de départs traduit l’atmosphère qui règne dans la rédaction et le ressentiment vis à vis du nouvel actionnaire. En 2007, Bernard Arnault, le PDG de LVMH rachète le groupe Les Echos à Pearson pour 250 millions d’euros et promet monts et merveilles: «Arnault avait promis des investissements, on les attend toujours. Au contraire, il nous adjoint tous un tas de trucs déficitaires qui plombent le groupe : connaissance des arts, Radio classique etc.  Que des trucs qui perdent de l’argent. Arnault n’est clairement pas un homme de presse mais un formidable homme d’entreprise » ironise un journaliste.

Un homme d’influence, en revanche. En 2007, Stratégies écrivait que «  L’acquisition des Échos serait aussi un moyen pour Bernard Arnault d’acquérir le « must have » de la presse économique ». A condition de ne pas trop fragiliser sa danseuse. (more…)

22 décembre 2009

Les têtes à couacs: Sarkozy et sa manie sondivore

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:30

(Dessin Louison)Dans la série des couacs de la majorité, les sondages. Ce fut l’une des polémiques de l’été : au détour d’un rapport de la Cour des Comptes, on découvre bientôt que Nicolas Sarkozy se shoote aux études d’opinion, quitte à s’assoir sur les procédures du Code des marchés publics.

Les journalistes savaient bien que le Président était sondomaniaque et que chaque décision élyséenne ou presque était adossée à une étude d’opinion. Mais c’est la Cour des Comptes qui a pris Sarko la main dans le sac à malices sondagières : 
« Plus intéressant et surtout plus révélateur des mœurs élyséennes sous l’ère Sarkozy, la 4e chambre de la Cour des comptes chargée de l’épluchage des factures a découvert une « convention » signée entre un cabinet d’études et la Présidence de la République qui, selon l’expression de son président Alain Pichon, « ne préservait pas bien les intérêts de la Présidence ».
Heureusement, le rapport se fait plus précis. Cette convention, dont le coût avoisinerait les « 1,5 million d’euros », a été signé en dépit du code des marchés publics
», écrit Gérald Andrieu le 17 juillet, au sortir d’une conférence de presse de la Cour des comptes.

L’étincelle allumée par les « pittbulls » de Séguin, le Président de la noble institution,  met le feu à la plaine. Pendant deux semaines, Arrêt sur Images, Mediapart, Marianne2, Libération s’en donnent à cœur joie et décortiquent les pratiques sondagères de la sarkozie, qui ne se limitent pas au budget de l’Elysée, mais débordent sur le SIG (Service d’information du gouvernement) et les ministères.
On découvre bientôt, grâce aux aveux mêmes de l’Institut Opinion Way que Patrick Buisson est plus que récompensé des excellents conseils qu’il a donnés au candidat Sarkozy durant sa campagne présidentielle.

On apprend aussi que les sondages d’Opinion Way, publiés pratiquement chaque semaine par le Figaro, sont pour partie importante financés par l’Eysée, malgré les dénégations des responsables de cet organisme de sondages. Ils se révèlent très peu convaincants lorsque l’on constatera qu’après la polémique, le système, abondamment dénoncé par Marianne, s’arrêtera à la rentrée. Si le Figaro et LCI continuent de travailler avec Opinion Way, la fréquence des publications s’est nettement ralentie. (more…)

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