Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 juillet 2011

Où va l’argent des contribuables américains ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Le 2 août, si un accord n’est pas trouvé sur la dette américaine, les Etats-Unis risquent de se retrouver en défaut de paiement. Les conséquences seront graves, a prévenu Barack Obama, en expliquant que l’Etat envoyait « 70 millions de chèques par mois ». A qui ? Revue de détail.

Au-delà des polémiques, la crise sur le plafond de la dette américaine rappelle à l’ensemble du pays l’incroyable prodigalité de l’Etat fédéral, résumé par le chiffre récemment avancé par le président Obama : 70 millions de chèques envoyés tous les mois par le gouvernement. Soit 27 chèques par seconde, et ce chaque jour.

Des chèques qui ne sont pas seulement destinés à ceux auxquels on pense immédiatement, comme les sous-traitants, les fonctionnaires et les bénéficiaires de l’aide sociale, mais aussi aux mineurs victimes de la silicose et à leur veuve (50 032 chèques en juin) et aux retraités des chemins de fer (613 912 chèques mensuels).

Avec ce chiffre, Barack Obama souhaitait illustrer les conséquences dramatiques du non-relèvement du plafond de la dette américaine avant la date butoir du 2 août. Cette semaine, le secrétaire d’Etat au Trésor, Timothy F. Geithner, a poussé le chiffre présidentiel à 80 millions ! Ce chiffre très concret veut contrebalancer les critiques les plus répandues sur le gouvernement fédéral : une structure bancale où l’argent du contribuable disparaîtrait dans les méandres de la bureaucratie.

Du point de vue des 70 ou 80 millions bénéficiaires de ces chèques, le gouvernement est au contraire une machine aux rouages bien huilés qui redistribue à bon escient – et dans tout le pays – l’argent qu’il reçoit. Pour de nombreux conservateurs, cette redistribution est une folie, un système d’assistanat à vie pour une nation qui vit aux crochets des largesses fédérales – « la circonscription des 70 millions de chèques ». (more…)

26 juillet 2011

Dette : Obama appelle les Américains à faire pression sur le Congrès

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Le président américain s'est dit persuadé qu'une issue reste possible pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis. (AFP)Le président américain s’est dit convaincu qu’un compromis avec les républicains reste possible pour éviter le défaut de paiement.

« Si vous voulez une approche équilibrée pour réduire le déficit, faites-le savoir à votre élu au Congrès ». Dans un discours à la Nation retransmis en direct depuis la Maison Blanche, Barack Obama a appelé lundi 25 juillet ses compatriotes à faire pression sur le Congrès pour parvenir à un compromis avec les républicains sur le relèvement du plafond de la dette.

Le président américain estime que l’attitude de ses adversaires, majoritaires à la Chambre des représentants, a conduit à une impasse « dangereuse » dans le débat sur la dette. Mais il s’est dit persuadé qu’une issue reste possible pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis après le 2 août.

La première économie mondiale risque en effet de se retrouver en défaut de paiement sous huit jours, si aucun accord n’est trouvé sur un relèvement du plafond de la dette. Une éventualité « irresponsable » selon le président.

« J’ai dit aux chefs de file des deux partis qu’ils devaient parvenir à un compromis dans les prochains jours, qui pourra être adopté par les deux chambres du Congrès, un compromis que je pourrai promulguer. Et je suis certain que nous pouvons sceller ce compromis », a lancé Obama. La journée de lundi a pourtant vu peu d’avancées. (more…)

5 mai 2011

Des guerres justes ?

Filed under: 09 - Evènement,11 - société — iledere @ 12:00

Qu’est-ce qu’une guerre « juste » ? Chaque génération ou presque pense pouvoir se passer de cette question, et doit finalement se la poser. Michael Walzer, notamment, y a réfléchi dans le contexte de la première guerre du Golfe. D’après lui, « les guerres justes sont des guerres limitées, menées conformément à un ensemble de règles destinées à éliminer, autant qu’il se peut, l’usage de la violence et de la contrainte à l’encontre des populations non combattantes ». Elles doivent être envisagées comme le dernier recours possible, de façon proportionnée, en vue de désarmer un agresseur et de rétablir la paix, conformément au souhait d’une société civile, sans usurper le droit à la souveraineté une fois cette mission accomplie.

Plus récemment, Hubert Védrine nous rappelle que, sous le mandat de Kofi Annan, l’ONU a voulu sortir du dilemme infernal du « droit d’ingérence » pour évoluer vers un « droit de protéger », mieux défini. La guerre d’Irak a failli assassiner le principe de « communauté internationale ». L’intervention en Libye, qui a obtenu un consensus à l’arraché, l’a relancée. Il fallait pour cela des circonstances exceptionnelles : un tyran promettant des « rivières de sang » et un peuple en marche réclamant une« zone d’exclusion aérienne », coûteuse mais possible à mettre en place. La preuve. Quelle que soit l’issue de ce bras de fer, l’ONU peut s’honorer d’avoir évité un massacre annoncé et levé un sentiment d’impunité qui aurait peut-être mis un coup d’arrêt au printemps démocratique. Mais redisons-le : il s’agissait de circonstances exceptionnelles, historiques, car engageant un effet domino de grande ampleur.

Bien plus délicat est de vouloir armer les rebelles libyens. Au risque de voir certains combattants retourner leurs armes un jour contre ceux venus les aider… Même si nous ne sommes plus en Afghanistan, du temps de la guerre contre les Soviétiques. A l’époque, les Etats-Unis armaient des djihadistes pour qu’ils triomphent de l’URSS. Aujourd’hui, le fait d’aider ce peuple à renverser son tyran dévaluera, sans l’éteindre, le désir de djihad au temps de « l’après ». (more…)

27 avril 2011

La sinistre farce de Guantanamo enfin au grand jour ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 12:00

Ils n’avaient rien à y faire pour la plupart.Certains y sont restés huit ans et ont été libérés sans le moindre jugement entre deux. D’autres ont été renvoyés dans leur pays où les attendait une mort certaine, comme pour Al-Libi, celui qui avait tout avoué, et surtout ce qu’il n’avait pas vu…

Pour que cela devienne élément à charge de Colin Powell à l’ONU. Un document de 700 pages atterri hier au New-York Times décrit par le détail la farce tragique qu’a été et qu’est toujours la prison de Guantanamo (document qu’analyse aussi Le Monde ce jour-même). Grâce encore une fois à Wikileaks. Les américains vont-ils un jour s’apercevoir qu’on y a fait croupir des gens qui n’avaient rien à y faire et rien à se reprocher, qu’on y a allègrement torturé ou envoyé ailleurs (dans d’autres pays) pour y être également torturé, qu’on a méprisé les conventions établies sur les droits de prisonniers, bref qu’on a commis là l’un des pires exemples d’abus et de néantisation des droits de l’homme ? Vont-ils un jour s’en rendre compte ?

Dans ces documents, il y a toute la folie des militaires qui se sont chargé des détenus. L’un d’entre eux a noté par exemple, après six années d’interrogatoire réguliers, d’un détenu qui n’a jamais rien eu à dire qu’il « restait des zones potentielles à exploiter » avec lui ! Autrement dit, on tombe sur un syndrome connu, celui du gars qui a échoué à faire parler un prisonnier, mais qui continuera tout le temps à dire que celui-ci savait quelque chose… histoire de garder son « job » de geôlier ! Le journal note aussi que parmi les 172 restants, tous portent le titre de « prisonnier à haut risque » : le problème, c’est que les 600 détenus qui sont passés à Guantanamo avaient tous bénéficié de la même appellation. Tous à « hauts risques« , même les gamins amenés là car ils n’avaient pas été capturés mais tout simplement vendus par des afghans désireux de se faire de l’argent facile ! Ou encore celle du prisonnier 1051 (et oui ce fut aussi déshumanisant que ça !) de son nom Sharbat, capturé en mai 2003 près de l’explosion d’une IED, simplement parce qu’il se trouvait là… avec son troupeau de moutons. Longtemps interrogé, il se révéla n’être effectivement qu’un simple berger, n’ayant aucune idée politique ou aucun investissement pour un bord ou l’autre, ne répondant correctement qu’aux questions portant sur… l’élevage. Malgré cela, le tribunal militaire en a fait un « ennemi combattant », l’euphémisme créé pour échapper aux lois sur les conventions de Genêve et l’assistance aux prisonniers, et n’a été libéré que trois ans plus tard… sans procès et encore mois de compensation pour emprisonnement sans aucune justification. Raflé, il était l’homme qui était là à la mauvaise place le mauvais jour. Bilan pour lui : trois années de torture. (more…)

25 avril 2011

Dette américaine : la politique contre le marché

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Un frisson vous a peut-être traversé le 18 avril dernier. Vous avez appris que l’agence de notation Standard & Poor’s désormais une perspective négative sur la dette américaine.

« Coup de semonce » a-t-on entendu. Partout, on a vu réapparaitre les graphiques qui nous rappellent la situation soi-disant catastrophique des finances publiques d’Europe et d’ailleurs. Pourtant, la décision de Standard & Poor’s n’a eu aucun impact sur les acheteurs de dette américaine. Parce que le dollar fait référence et que les bonds du trésor américain sont incontournables, ils sont restés des acheteurs fidèles.

La nouvelle a perturbé le processus de négociation entre la Maison Blanche et la majorité républicaine au Congrès. Les deux parties avaient jusqu’à vendredi dernier pour trouver un accord, faute de quoi l’État fédéral aurait été mis dans une situation de cessation de paiement. L’annonce que Standard & Poors pourrait prochainement retirer aux Etats-Unis la note AAA a apporté de l’eau au moulin de la rhétorique républicaine anti-étatiste. Elle a sans doute la pression exercée sur Obama pour qu’il accepte malgré tout des coupes budgétaires irresponsables. Et, l’accord signé in extremis vendredi dernier, même s’il comprend des hausses d’impôts, a de quoi répugner plus d’un progressiste. Si les Républicains ne s’étaient pas emparés du changement de notation, peut-être que l’exécutif aurait été plus à même d’imposer ses vues.

Un néo-libéral s’emparerait de cet évènement pour souligner le caractère vertueux de la notation de la dette des États. Ne faisant que traduire sous forme de note de mauvais fondamentaux économiques, l’agence incite les décideurs à prendre le problème « à bras le corps ». Une lecture moins idéologique des faits met en doute les bienfaits de cette « transparence ». A quoi sont censées servir les agences de notation ? Les États, en tant qu’emprunteurs, paient pour se voir attribuer une note censée refléter leur niveau de risque. En théorie, le taux d’intérêt payé par l’emprunteur reflète ce risque. Comment les prêteurs ont-ils réagi ? Ils ont haussé les épaules. Le taux d’intérêt des bonds du Trésor – les titres de dette américaine – ont légèrement baissé. Quant à la monnaie, elle n’a pas varié non plus. Les acheteurs traditionnels de dette américaine n’ont pas modifié leur comportement.

L’agence de notation est passée à côté d’une donnée très simple : le pouvoir de marché détenu par la dette américaine. Abondants, les titres libellés en dollars sont parmi les seuls à être liquides, transparents et relativement sûrs quant à leur rémunération. C’est une des raisons pour laquelle 60% des réserves de change de la banque centrale de Chine sont détenus sous la forme de titres américains. Les acheteurs de dette américaine ne peuvent pas se payer le luxe de conduire à l’effondrement d’un système économique avec lequel ils sont pieds et poings liés. On rétorquera que le rôle d’une agence est justement de fournir une information « objective » sur les risques encourus par les emprunteurs. C’est pourtant négliger le fait qu’un prix ne dépend pas de données substantielles mais de l’absence ou non de demande. (more…)

11 janvier 2011

USA : après la fusillade, les questions…

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

« Qui sème le vent récolte la tempête« . C’est en quelque sorte le fond de la polémique qui enfle au USA. Le  staff du blog « Culture femme » revient sur la tragédie de la fusillade de Tucson alors que l’élue démocrate, Gabrielle Giffords (notre photo), est gravement blessée à la tête, est toujours dans un état critique. Nul doute que la réflexion ne s’arrêtera pas au Tea Party et que la liberté de possession d’arme sera de nouveau sur la sellette.

Le Tea Party et Sarah Palin mis en cause suite à la fusillade qui a fait 6 morts lors d’un meeting politique
Le Tea Party, mouvement ultraconservateur américain qui a connu une certaine recrudescence depuis l’élection de Barack Obama, est aujourd’hui montré du doigt par la presse américaine. Celle-ci indexe plus particulièrement la rhétorique (discours) violente et souvent raciste du Tea Party, et notamment la rhétorique de Sarah Palin, chef de file des ultraconservateurs. Lors de la campagne de mi-mandat (perdue par les démocrates, désormais minoritaires au Congrès), Sarah Palin n’avait pas hésité à mettre sur son site une carte des Etats-Unis où les circonscriptions tenues par des élus démocrates, étaient marquées comme des cibles. La presse américaine se rappelle aussi que Gabrielle Giffords était publiquement en faveur de la réforme du système de santé, une réforme que les conservateurs et républicains ont tenté par tous les moyens, d’empêcher.

Six morts, plusieurs blessés et une élue démocrate toujours dans un état critique après avoir reçu une balle en pleine tête
Tout s’est passé lors d’un meeting politique à Tucson (Arizona) samedi. Europe 1 écrit : « Le tireur, un jeune homme d’une vingtaine d’années a surgi, armé, en plein rassemblement politique dans une épicerie de la ville de Tuscon. Il a visé Gabrielle Giffords, qui avait annoncé cette sortie publique sur son compte twitter, avant de tirer tous azimuts. Selon les témoignages diffusés sur les chaînes de télé américaines, 15 à 20 coups de feu auraient été tirés créant des scènes de panique. Selon la radio américaine NPR, il a ensuite cherché à s’enfuir mais a été plaqué au sol par un passant avant d’être arrêté. Il aurait agi seul. Son geste reste pour l’instant inexpliqué. »

Parmi les nombreux blessés, se trouve la parlementaire démocrate Gabrielle Giffords , 40 ans. L’élue a dû être conduite en urgence à l’hôpital pour subir une opération, et sa situation est toujours jugée critique, tout comme l’état d’au moins 5 autres blessés.

La classe politique américaine a unanimement condamné cet acte de violence qui demeure encore inexpliqué. Immédiatement après ce drame, Barack Obama a réagi en parlant de « tragédie indescriptible« , et dénonçant « un acte de violence terrible et insensé qui n’a pas sa place dans une société libre. »

Du côté des républicains, leur chef de file, John Boehner, le tout nouveau président de la Chambre des représentants, évoquait « un triste jour » pour les Etats-Unis.

Face à la polémique et au débat désormais ouvert ouvert aux Etats-Unis sur le discours raciste et violent des membres et sympathisants du Tea Party, beaucoup se demandent à présent quelle part ce discours a pu, ou peut avoir sur des esprits faibles. (more…)

16 novembre 2010

Climat : fronde des chercheurs américains contre les sceptiques

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Des participants à un concours de lutte ordinairement enneigé dans le nord de la Turquie (Umis Bektas/Reuters)La guerre a repris aux Etats-Unis sur le front du climat. Dopée par ses résultats électoraux, la droite veut laminer tout ce qui reste des projets du pays pour diminuer ses émissions de CO2. Des scientifiques ont décidé d’investir les médias pour contrer les « négationnistes ».

Le coup a été préparé la semaine dernière par 39 scientifiques précisément identifiés, chercheurs universitaires pour la plupart, appartenant à la Société américaine de géophysique. Dans un article tonitruant paru le 8 novembre dans le Los Angeles Times, repris par l’ensemble des journaux d’est en ouest, ils criaient leur ras-le-bol de la mise en doute du réchauffement climatique :

« On s’engage parce qu’on est fatigués de prendre des coups. L’idée que la vérité triomphera forcément un jour ne tient plus la route. La vérité est connue depuis deux décennies, et rien n’a changé. »

Ce coup de gueule collectif -ils annoncent 700 soutiens parmi leurs collègues membres de la Société de géophysique- dénote une vraie colère chez les scientifiques du climat, qui ont cultivé jusque là une discrétion à toute épreuve, fuyant les projecteurs, se contentant de répondre aux questions sans s’investir dans la débat politique.

Des experts, des vrais, pas des amateurs
Changement de braquet : ils vont combattre pied à pied ceux qu’ils qualifient de désinformateurs, lesquels sont désormais majoritaires à la Chambre des représentants. Des centaines de spécialistes se sont portés volontaires pour parler du climat et du rôle de l’homme dans la pollution de l’air en tant qu’experts.

« Expert ». Le mot devrait signifier quelque chose de précis : un scientifique spécialiste de ce dont il parle. Or, en matière de climat, c’est loin d’être toujours le cas (et pas seulement aux Etats-Unis).

Ces mêmes scientifiques qui crisent aujourd’hui se souviennent avec amertume de l’automne 2005, quand la commission Environnement du Sénat avait choisi d’auditionner « l’expert » Michael Crichton, médecin et auteur entre autre de « Jurassic Park » et de « Etat d’urgence », « techno-roman » sur le réchauffement climatique qui avait beaucoup plu au Président Bush. (more…)

28 octobre 2010

Le plan de Tim Geithner pour dévaluer le dollar et diminuer le déficit américain

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:30

Ce week-end, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a proposé aux ministres des finances du monde entier de limiter leurs excédents budgétaires à un pourcentage fixe du PIB.

Comment est-ce que ça fonctionnerait ? Pourquoi faire une chose pareille ?
A quoi est-ce que ça servirait ?
Oh, nous avions la ferme intention de répondre à ces questions. Et puis nous nous sommes dit : « pourquoi se donner tant de mal ? »
Tout ça n’est qu’un fantasme. Une hallucination. Et une escroquerie. Cela ne mérite pas une discussion sérieuse.
Geithner est le secrétaire au Trésor de la plus grande économie au monde. Il n’y a aucune preuve — absolument aucune — qu’il ait jamais réellement compris ce qui se passe. Ou s’il a compris, il ne s’est en tout cas jamais donné la peine de dire quoi que ce soit…

… au sujet de la crise du crédit… du désendettement… de la menace d’un excès de dette… et de tout ce qui s’est passé sur les trois dernières années.
Au lieu de ça, il n’a fait que réagir à cette crise à mesure qu’elle se développait — et toujours de la même manière : en tentant d’éviter tout grand changement ou perte pour les gens qui les méritent pourtant le plus. Bien entendu, les marchés signalaient clairement un besoin majeur de changement de direction. Les sociétés financières les plus grandes, et autrefois les plus profitables, des Etats-Unis étaient confrontées à la faillite… et des millions et des millions d’individus avaient de gros problèmes…

… mais Geithner ne comprenait rien à tout ça.
▪ Pourtant, c’est lui qui suggère désormais de nouvelles règles gigantesques que le monde entier devrait suivre. Des pays mettant une limite à leurs surplus ? C’est comme si un individu devait mettre une limite à la somme qu’il épargne.

A quoi est-ce que ça servirait ? Les épargnants seraient forcés de dépenser… ce qui est censé réduire la valeur de la devise qu’ils dépensent (en augmentant le côté « demande » de l’équation). Quelle devise dépenseront-ils ? Facile, celle qu’ils épargnent — des dollars !

Oh, ce Tim Geithner ! Quel petit malin. Limitez l’épargne et vous forcez les gens à dépenser des dollars… faisant baisser la valeur du billet vert, diminuant ainsi simultanément la valeur réelle de la dette extérieure américaine… et rendant les produits et services US plus attractifs aux yeux des acheteurs étrangers.

Eh bien, nous tirons notre chapeau à M. Geithner. Il a réussi à élaborer un plan impossible, qu’aucun pays étranger ne mettra sérieusement en place. En fait, c’est un plan insensé. Forcer les gens à dépenser de l’argent ? Vous plaisantez ? En fait, ça ne fait que montrer à quel point il ne comprend rien. Une vraie économie ne peut être commandée ou organisée avec des sabots aussi gros. Contrôles de prix, planification centrale, gestion gouvernementale des entreprises et des investissements — tout ça finit toujours par échouer.

Enfin… au moins, il essaie, n’est-ce pas ? On peut au moins lui reconnaître ça… à ce benêt.

par Bill Bonner pour « la chronique Agora »

3 août 2010

A peine repartie, l’économie américaine ralentit déjà

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Paul Krugman doit savourer le moment. L’économiste de Princeton n’a cessé de répéter, à longueur de posts, que le plan de relance aux Etats-Unis, adopté en février 2009, n’était pas assez ambitieux, et qu’il fallait investir davantage. Exception faite de Christina Romer, les conseillers de Barack Obama ont toujours fait la sourde oreille. Mais la dernière batterie de chiffres concernant la santé de l’économie américaine tendent à donner raison au «Nobel»: ils confirment le scénario d’un essoufflement, déjà, de la reprise de la première économie mondiale.

Le produit intérieur brut (PIB) a grimpé de 2,4% d’avril à juin 2010, en rythme annuel, selon une première estimation publiée vendredi 30 juillet. Une performance légèrement inférieure au pronostic moyen des économistes interrogés (2,6%), et surtout très en deçà des résultats des deux trimestres précédents, qui ont été, eux, révisés à la hausse (+5% fin 2009 et +3,7% début 2010). Il s’agit du rythme de progression le plus faible depuis l’été 2009. Au passage, le département du Commerce américain en a profité pour dégrader un peu plus les performances de l’économie américaine durant la «grande récession»: le PIB s’est par exemple contracté, non plus de 2,4, mais de 2,6% en 2009.

Le 21 juillet, Ben Bernanke avait déjà sapé le moral des marchés, en évoquant une «incertitude inhabituelle» entourant la reprise. Le patron de la Réserve fédérale n’exclut plus de déployer de nouvelles mesures de soutien si nécessaire. La publication du PIB clôture une semaine américaine riche en statistiques, qui se sont toutes révélées assez désastreuses. A commencer par l’emploi: le nombre de nouveaux chômeurs inscrits la semaine du 18 juillet, publié jeudi 29 juillet, a certes baissé par rapport au pic de la semaine précédente, mais reste à des niveaux préoccupants, à plus de 450.000 nouvelles inscriptions. Le taux de chômage aux Etats-Unis s’établissait fin juin à 9,5%.

Mardi, l’indice dit du «Conference board», un bon thermomètre de la consommation, a reculé en juillet pour le deuxième mois consécutif, à son plus bas niveau depuis février. Si l’on décortique les statistiques publiées ce vendredi, les dépenses des ménages, qui représentent les deux tiers de la croissance outre-Atlantique, sont effectivement à la peine. Elles n’ont progressé que de 1,6% sur le trimestre, contre une hausse de 1,9% en début d’année. A l’inverse, l’investissement des entreprises est en forte progression.

Le FMI pour de nouvelles mesures de soutien à la croissance
Alors que les marchés européens veulent croire à l’embellie, après un printemps désastreux, l’inquiétude traverse à nouveau l’Atlantique. Le spectre de la rechute, et d’une croissance en «W», continue de hanter l’économie américaine. Cette série de statistiques ne fait que conforter la position de Barack Obama, isolé au G-20 de Toronto, fin juin, parce qu’il en était encore à vouloir «sauvegarder et renforcer la reprise», quand ses collègues ne juraient plus que par l’austérité. (more…)

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