Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

17 avril 2010

Mettons le nucléaire à la retraite

Filed under: 12 - Brèves — iledere @ 12:00

Si nous mettions le budget de la dissuasion nucléaire à la disposition des caisses de retraite ?

Le Sénat annonce un budget de 3,8 milliards d’euros consacré à la force de dissuasion nucléaire. C’est plus de la moitié des 7 milliards d’euros de déficit du régime général des retraites.
Après tout, qu’est-ce qu’on en a à faire de nos bombes ?
Qui est notre ennemi ?
D’après ce qu’on nous explique bien depuis 10 ans, notre ennemi c’est le terroriste islamiste. Vous vous voyez balancer un missile nucléaire sur un kamikaze barbu ?
Notre arsenal, auquel la France est toujours attachée, n’a plus de raison d’être.
Quand cette bombe a été créé, la France avait pris ses distance avec l’Otan. Elle était le symbole de son indépendance. Mais aujourd’hui…

Qui plus est, le président Obama vient de révéler que cet arsenal n’était pas sécurisé. Pas sécurisé ! En effet nous a-t-il expliqué, « le danger du terrorisme nucléaire est l’un des plus grands dangers contre la sécurité du monde entier ».

C’est bien la peine d’entretenir un tel arsenal, si notre plus grand risque c’est qu’on nous le vole. Au fond, la sagesse serait de faire un grand sacrifice et d’abandonner une bonne fois pour toute notre nucléaire militaire (ses sous-marins, ses missiles etc.), et de rediriger les budgets dans une direction sociale. Ce serait un geste fort, sur le plan intérieur, pour aider à renflouer les retraites de nos vétérans, comme sur le plan diplomatique, où nous pourrions donner une bonne leçon de vertu aux entêtés d’Iran.

Et puis comme nous avons réintégré l’Otan, laissons notre bon maître Américain s’occuper de notre défense à notre place. Nous, nous n’avons plus les moyens, et la secrétaire d’État Hillary Clinton a bien expliqué dimanche que l’objectif des États-Unis était de rester « plus forts que n’importe qui dans le monde ».

En France, on a plus les moyens de nos ambitions, mais on a des idées !

Publié sur « Rimbus, le blog« 

3 janvier 2010

Obama, un an après

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

 Le 27 janvier 2009, Barack Obama prenait officiellement ses fonctions de 44ème président des États-Unis. Un noir à la Maison-Blanche, tout un symbole. L’Obamania aux USA et dans le reste du monde a cédé la place à une certaine déception quand ce n’est pas un dénigrement organisé. Que la désillusion envahisse ceux qui pensaient avoir trouvé Merlin l’Enchanteur, rien de plus normal. Pour les autres, malgré les retards et les embûches, le premier président de couleur des États-Unis demeure un formidable espoir.

Jacques Hubert-Rodier dans un excellent article publié dans Les Échos, livre une analyse très juste de la situation. L’éditorialiste relève que “le fol espoir a laissé place à une certaine déception“, pour mieux rappeler que la politique n’est pas la Star académie et qu’un paquebot de la taille des USA ne change pas de cap aussi vite qu’une goélette.

La déception que l’on fait peser sur Obama vient en partie du fait que celui-ci renvoie à son pays, tel un miroir, sa vraie image. Une réalité qui diffère du mythe de superpuissance invincible habilement endossé par son prédécesseur. Comme l’écrit Jacques Hubert-Rodier , “l‘Amérique n’est plus l’hyperpuissance de l’après-guerre froide, mais seulement la plus forte puissance dans un monde multipolaire partagé avec d’autres puissances.

Autre facteur également souligné, le fait que, contrairement aux fantasmes et à la France, le système politique américain est marqué par un réel équilibre des pouvoirs qui implique une négociation avec le Congrès, même lorsque le président est majoritaire dans les deux Chambres.

Derrière l’écume des vagues, de nombreux observateurs, à l’image de Jacques Hubert-Rodier, relèvent que, “en dépit de l’impression de doute, peu de présidents américains peuvent se prévaloir d’avoir autant changé la donne dans un laps de temps aussi court. Le changement de cap est d’autant plus remarquable qu’il intervient au milieu d’une récession économique sans précédent depuis la Grande Dépression des années 1930.”

Et de souligner que, sur la base du compromis, Barack Obama termine l’année avec un succès qui ne doit pas être minoré. Celui d’avoir réussi à imposer sa réforme de l’assurance-maladie là où Bill Clinton avait échoué 20 ans plus tôt. (more…)

5 décembre 2009

Audacieux satisfecit de Sarkozy

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:28

sarkozy-pouce-leve.1259703672.jpgNicolas Sarkozy a fait récemment l’éloge de son propre plan de relance. Un plan « sans erreur », dit-il, grâce auquel « la France aura la plus petite récession ». Le Chef de l’Etat a versé des larmes sur la « déflation » nippone et « l’effondrement » britannique, allant jusqu’à se lamenter sur « les ravages » de la crise aux Etats-Unis.

L’activité économique américaine n’a guère à envier à celle de la France. Depuis la crise, les deux économies ont connu des évolutions presque parallèles. Une récession suivie d’une reprise. Notons que cette reprise est plus vive aux Etats-Unis qu’en France. En outre, l’économie américaine continue de bénéficier de son élan antérieur. De 2000 à 2007, sa croissance avait dépassé celle de la France de 4,8 points. Les « ravages » de la crise ont à peine entamé cet avantage américain.

Une observation similaire vaut pour la dette publique. En 2011, prévoit l’OCDE, celle-ci devrait atteindre environ 100% du PIB tant en France qu’aux Etats-Unis. Et la charge de la dette sera de même ampleur, si l’on en croit l’évolution attendue des taux d’intérêt à long terme.

Nicolas Sarkozy s’est chaudement félicité d’avoir donné la priorité à l’investissement. C’était, dit-il, « le seul choix possible ». Le problème est que la consommation de crise ne tire pas l’investissement, que seules les exportations soutiennent. On notera en tous cas le contraste entre les Etats-Unis et la France, selon les prévisions de l’OCDE. Aux Etats-Unis, pays de « ravages », l’investissement est promis à un redémarrage fulgurant dès l’été prochain. En France, pays de l’excellence, il s’inscrirait sur une pente douce – trop douce pour redonner du tonus à l’emploi. (more…)

2 novembre 2009

Etats-Unis : baisse de la consommation en septembre

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Vincent Kessler WASHINGTON (Reuters) – Les dépenses de consommation des Américains ont diminué de 0,5% en septembre après quatre mois de hausse, une conséquence notamment de la fin de la « prime à la casse » automobile, montrent les statistiques publiées par le département du Commerce.
Ce recul, le plus marqué depuis décembre dernier, est conforme aux attentes des économistes et analystes interrogés par Reuters.La hausse de la consommation en août a été revue à 1,4%, contre +1,3% annoncé auparavant.
Le repli des dépenses observé en septembre pourrait raviver les craintes d’un accès de faiblesse des dépenses des ménages au quatrième trimestre avec la disparition de certaines mesures de relance. Or la consommation représente deux tiers de l’activité économique aux Etats-Unis.
Ajustée de l’inflation, la consommation affiche un recul de 0,6% en septembre après une progression de 1,0% en août.Les revenus des ménages sont parallèlement restés stables, comme attendu, après une hausse de 0,1% en août. Leur taux d’épargne a atteint 3,3%, contre 2,8% le mois précédent.
Lisa Lambert, version française Marc Angrand

19 septembre 2009

Accoucher en France, quelle chance

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 6:30

Assister à la naissance de son premier enfant, ça n’a pas de prix… en France. Aux Etats-Unis, en plus des angoisses de l’accouchement, les couples doivent calculer au plus juste. Un journaliste américain compare les deux systèmes.

En mars dernier, par une calme nuit parisienne, je me trouvais avec ma femme, Chrystèle, une Française, dans le service maternité d’un hôpital public parisien. Nous attendions patiemment que notre bébé se décide à pointer le bout de son nez. L’intéressé prenait tout son temps. Les heures s’égrenaient doucement, scandées par le bip-bip des appareils de monitoring. Tout à coup, les machines ont commencé à s’emballer. En moins d’une minute, Chrystèle s’est retrouvée entourée d’infirmières. Le bébé n’allait pas bien. Son rythme cardiaque ralentissait dangereusement. La pression sanguine de Chrystèle chutait rapidement. Un interne m’escorta prestement dans le couloir en essayant de ne pas m’alarmer… en vain.

Le couloir résonnait d’une angoisse toute paternelle. Des portes de diverses chambres et salles de travail s’échappait une cacophonie discontinue de cris, de pleurs, de gazouillis et de rires. J’engageai la conversation avec un autre futur papa. Enceinte de tout juste sept mois, sa femme s’apprêtait à donner naissance à un bébé tellement petit qu’il pourrait tenir dans la paume de sa main. C’est alors que je songeai que, si nous étions aux Etats-Unis, nous aurions des motifs d’inquiétude autrement plus pressants que l’état de santé de la mère et de l’enfant.

La plupart de mes amis américains, en pareille situation, doivent se livrer à de savants calculs entre liquidités, probabilités, ticket modérateur et franchise d’assurance. Un couple d’Oakland, en Californie, exultait en me confiant que leur accouchement ne leur avait coûté “que” 1 200 dollars [820 euros], des examens prénataux à la péridurale, en passant par deux nuits d’hospitalisation. Je compris leur soulagement lorsqu’ils m’expliquèrent que l’hôpital avait facturé 30 000 dollars [21 000 eu­ros] à leur compagnie d’assurances. (more…)

30 août 2009

Noam Chomsky :  » Il n’y a plus de sentiment d’espoir « 

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 7:00

Pour Noam Chomsky, professeur au MIT, la financiarisation de l’économie, l’idéologie  » fanatique  » de l’efficacité des marchés et le pouvoir croissant du secteur financier ont précipité cette crise. Si celle-ci ne lui paraît pas à la même échelle que la Grande Dépression des années 1930, il estime qu’il y avait alors plus d’espoir dans les catégories modestes.

Quand vous analysez la crise que nous traversons, comment la jaugez-vous en termes d’importance et d’impact par rapport à d’autres que vous avez connues ?

Mon enfance est celle de la Grande Dépression de 1929, et la crise actuelle n’est pas à la même échelle. En tout cas d’un point de vue économique. Mais d’un point de vue psychologique, ou culturel, je ne sais pas, il y a une différence. Pendant la crise de 1929, les membres de ma famille étaient des travailleurs, tous au chômage. Mais ils avaient de l’espoir.

Oui, il y avait à l’époque le sentiment que les choses s’amélioreraient. C’est une époque, où même si l’on n’avait pas été longtemps à l’école, la culture était beaucoup plus présente dans les classes modestes. On écoutait le Quartet de Budapest, on discutait des mérites de Freud. Les syndicats se développaient et les gens découvraient les vacances. Ils étaient très pauvres mais ils avaient la certitude que la vie était riche, et qu’elle serait meilleure. La période que nous vivons actuellement est beaucoup plus déprimée, il n’y a pas de sentiment d’espoir. Les gens sont des victimes, pas des agents du changement. Pour continuer le parallèle avec les années 1930, il y avait à l’époque beaucoup d’activisme. Il y a eu des sit-in dans des usines. Dans la littérature de l’époque, on décrit les menaces sur l’appareil industriel et la montée du pouvoir politique des masses. Tout cela était très effrayant pour la classe d’affaires.

En quoi est-ce différent aujourd’hui ?
Avant c’était une lutte des deux côtés. Maintenant, il n’y a plus que les riches contre des gens désorganisés. Je vais vous donner un exemple qui est assez éclairant. L’administration Obama est en train de démanteler l’industrie automobile, qui était le coeur de l’industrie américaine. Ca ne dérange pas tant que ça les propriétaires, qui peuvent fabriquer ailleurs pour moins cher. Et avec moins de contraintes environnementales. Et cela ne dérange pas non plus Wall Street qui a le gouvernement et le Congrès dans sa poche depuis la financiarisation de l’économie. Mais on démantèle alors que l’on a vraiment besoin de ces emplois. Ces ouvriers maîtrisent l’acier et nous en avons besoin pour créer des transports ferroviaires rapides et mettre un terme à notre dépendance abusive envers les matières fossiles. Mais que fait-on ? Notre ministre des Transports se rend en France, en Allemagne et en Espagne, pour acheter avec l’argent des contribuables des trains à grande vitesse ! Pendant ce temps-là, on démantèle les capacités de production qui nous permettraient de le faire nous-mêmes. Ce faisant, on détruit la force de travail de communautés entières. Evidemment, les travailleurs pourraient chercher à prendre leur destin en main et produire ce dont nous avons besoin. Ils ne le font pas, non pas pour des raisons économiques, mais pour des raisons sociales. Il n’y a pas de mouvement en ce sens. (more…)

26 août 2009

La récession bien pire en Europe qu’aux Etats-Unis

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

graphe-recession-annuelle-ue-et-usa-eurostat.1242386164.PNGLa récession est beaucoup plus grave en Europe qu’aux Etats-Unis. L’office statistique européen Eurostat vient de le confirmer. Du premier trimestre 2008 au premier trimestre 2009, le PIB s’est contracté de 2,6% aux Etats-Unis et de 4,4% dans l’Union européenne. La chute atteint 4,6% dans la zone Euro.
L’Allemagne (-6,7%) subit un véritable sinistre, de même que l’Italie. La France (-3,3%) s’en tire moins mal – il serait inconvenant de dire « mieux ».
On se demande, à lire ces chiffres, combien de temps les gouvernements européens feront-ils semblant d’avoir coordonné des plans de relance efficaces. La vérité est qu’ils n’en ont rien fait. Chacun a prêché pour sa chapelle. Beaucoup ont trainé les pieds. La plupart ont pris des mesures d’une ampleur dérisoire au regard du problème posé.
ocde-leffet-attendu-des-plans-de-relance.1242386412.PNGA l’occasion du dernier « G20 », l’OCDE publia une liste grise de paradis fiscaux qui fit très grand bruit. Le même jour, l’organisation internationale publia également un dossier sur la récession et les diverses politiques de relance. Il était éloquent. Notamment ce graphique, qui compare l’ampleur des politiques de relance et des effets attendus de celles-ci. Ce document passa quasiment inaperçu. Il est vrai qu’il se prêtait mal à l’esbroufe et aux effets de manche.
N’y cherchez pas l’Italie, absente du graphique puisque totalement privée de plan de relance. Sa dette publique fut-elle jugée trop lourde pour ça ? Gageons que demain, elle sera bien pire.

Les idées toutes faites vont bon train. On a même entendu à Dublin le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, venir prêcher la baisse des salaires des fonctionnaires dans certains pays européens. Dans le même ordre d’idée le ministre français du Budget, Eric Woerth, vient d’appeler à la réduction de la dépense publique…
Faut-il, pour garder son calme, faire semblant de n’avoir rien entendu ? On en arrive à se demander si la crise, pour certains, ne serait pas l’opportunité rêvée d’affaisser la protection sociale. Depuis le temps qu’ils l’espèrent, on comprend leur impatience. Et qu’importe si les revenus des plus pauvres en pâtissent. Les banques leur feront crédit !

Par Jean-François Couvrat pour son blog « Déchiffrages« 

25 août 2009

Pour sauver la banquise, sauvons nous des banquiers… et des marchands d’armes

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Le rapport annuel de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri), publié lundi 8 juin 2009, constate que les dépenses militaires à travers le monde n’ont jamais été aussi importantes. Le document rapporte qu’en 2008, et ce malgré la crise financière qui a frappé la planète, l’enveloppe consacrée aux dépenses militaires a augmenté de 4 % en un an, atteignant le niveau record de 1 464 milliards de dollars à travers le monde.

Après, ils nous font du baratin sur le sauvetage de la planète, la croissance verte, la lutte contre les pandémies, mais l’essentiel des richesses des pays capitalistes sont consacrées à la guerre et à l’armement pour la faire.

Plusieurs éléments expliquent ce chiffre, expliquerait le rapport du Sipri : la concrétisation du concept de « guerre contre le terrorisme », qui « a poussé plusieurs pays à voir leurs problèmes à travers une perspective fortement militarisée », ainsi que les guerres menées en Irak et en Afghanistan, qui « ont coûté 903 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires pour les seuls Etats-Unis ».

Washington contribue le plus à l’explosion des fonds destinés à l’armée, et reste en tête du classement établi par le Sipri avec 607 milliards de dollars dépensés en 2008, soit près de 41 % des dépenses militaires mondiales. Les Etats-Unis dépensent plus que les quatorze autres principaux pays réunis, selon l’ONG. Les fabricants d’armes ont réalisé un chiffre d’affaires en hausse. En 2007, les 100 plus grandes entreprises du secteur, parmi lesquels l’américain Boeing, devant le britannique BAE Systems et Lockheed Martin, ont connu un chiffre d’affaires de 347 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport à 2006.

La Chine qui, avec la Russie, a quasiment triplé son budget militaire depuis dix ans, est pour la première fois le deuxième pays dans ce classement, avec 6 % du total, devant la France (4,5 %) et le Royaume-Uni (4,5 %). L’Amérique du Sud a augmenté ses dépenses militaires de près de 50 % en dix ans, notamment en raison de « la course de fond engagée par le Brésil pour le statut de puissance régionale et l’escalade des dépenses en Colombie liée à son conflit intérieur ».

Démocratie et Socialisme

UBS : Le secret bancaire suisse sauvé par les Etats-Unis ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 7:00

La justice américaine était prête à ouvrir le coffre-fort du secret bancaire suisse… à l’explosif. Mais les gouvernements des deux pays ont vite eu fait de désamorcer la bombe en signant un accord qui évite la banqueroute à UBS. Les helvètes pourront en outre continuer de prétendre avoir sauvé leur secret bancaire… enfin presque.

Depuis plusieurs mois, le FISC yankee soupçonne 52 000 citoyens américains d’avoir illégalement échappé à l’impôt en plaçant leurs subsides dans la banque suisse UBS. Les témoignages accablants se succèdent à la barre (ovomaltine), mettant directement en cause les gestionnaires de l’établissement. Un gérant de fortune a convoyé des diamants dans un tube de dentifrice pour le compte d’un de ses clients, un autre a aidé son prospect à monter une structure internationale complexe lui permettant d’échapper à l’impôt, les témoignages ne manquent pas… Du coup, la justice américaine s’est énervée : devant les refus répétés de la banque de lui fournir des noms, elle a demandé au ministère de la justice de prendre le contrôle de la filiale américaine d’UBS. Un véritable putsch ! Qui aura fait long feu puisque les deux Etats se sont empressés de signer un accord, court-circuitant ainsi les voies de la justice.

Tout le monde il a gagné
Côté américain, le commissaire de l’Internal Revenue Service (IRS) Douglas Shulman salue une « large victoire » « sans précédent » qui marque une « étape capitale » contre l’évasion fiscale. Pas moins. Côté suisse, on savoure au moins autant la sentence : « Notre système juridique et notre souveraineté » sont sauvegardés a déclaré Micheline Calmy-Rey, conseillère fédérale. Un « succès substanciel » pour UBS et pour la Suisse qui a réussi à imposer « le respect [de ses] lois« . Le secret bancaire n’est donc pas remis en cause, pour Kaspar Villiger, président d’UBS. Tout le monde a gagné ? On dirait, mais des deux côtés, pourtant, des voix discordantes se font entendre. Côté américain, on regrette (un peu) que la justice, qui possédait des éléments à charge écrasants, n’ait pu aller à son terme et que l’accord signé l’ait été a minima. Côté suisse, on tremble (beaucoup), cet accord effleurant un pilier de l’économie nationale.

Le contenu de l’accord
Concrètement, l’accord implique que le FISC américain retire définitement sa plainte, qu’il n’en émette aucune autre qui y ressemblerait et qu’il fasse une nouvelle « demande d’entraide administrative » dans le cadre de la Convention de double imposition ratifiée en 1996 et précisée en 2003. Ensuite, UBS aura 370 jours pour identifier les cas de « fraude ou délits semblables » (« fraud or the like », notion floue sans définition établie) et livrer l’identité des clients impliqués. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 4450. Une première salve de 500 noms devra néanmoins être fournie d’ici 90 jours. Les clients lésés conserveront leur droit de recours auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF). (more…)

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