Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 septembre 2011

La juge accuse : Sarkozy a bien acheté son élection en enveloppes de liquide

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:30

La bombe a éclaté hier matin à la Une de Libération : « La juge (Isabelle) Prévost-Desprez, aujourd’hui dessaisie, explique qu’un témoin a vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces chez la milliardaire. Une révélation explosive publiée dans le livre de deux journalistes et démentie par la présidence de la République. »

Le scoop étant réservé aux abonnés du quotidien, voyons le résumé d’Europe 1 : « Dans cet ouvrage, intitulé Sarko m’a tuer et qui recueille des témoignages de personnalités qui ont subi les foudres du président de la République, la vice-présidente du tribunal de Nanterre déplore avoir été dessaisie à l’automne 2010 au profit du tribunal correctionnel de Bordeaux.

Il fallait me dessaisir par tous les moyens. Il était impératif de me débarquer », explique-t-elle. Mais surtout, Isabelle Prévost-Desprez affirme qu’un témoin a vu « des remises d’espèces à Nicolas Sarkozy » chez la milliardaire. La juge précise dans l’ouvrage faire ici référence à l’infirmière de Liliane Bettencourt, qui selon le journal Libération, ne se serait toutefois pas exprimée sur le procès-verbal. » L’Express précise : « Interrogée par les auteurs du livre, Isabelle Prévost-Desprez dit avoir été frappée par la peur des témoins lors de ses investigations sur un volet du dossier Bettencourt. Priée de dire de quoi ces témoins avaient peur, la magistrate répond : « Peur de parler sur procès-verbal à propos de Nicolas Sarkozy ».

Réaction de l’Elysée : « allégations scandaleuses, infondées et mensongères ». Ben voyons. S’agissant de cette affaire Woerth-Bettencourt, nous écrivions en novembre 2010 : « Rappelons qu’il s’agit d’une affaire d’État : le ministre Eric Woerth est lourdement soupçonné de «trafic d’influence par une personne investie d’un mandat électif» et de «financement illicite de parti politique ou de campagne électorale», au bénéfice du président de la République en exercice, Nicolas Sarkozy, dont l’élection s’en trouverait invalidée si les faits étaient avérés ». (more…)

15 août 2011

Le scandale de l’impunité totale de Nicolas Sarkozy

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 12:00

Affaires Karachi, Bettencourt, Tapie ? C’est entendu, s’il y avait une justice, elle expédierait Eric Woerth en prison et Christine Lagarde avec lui. Mais leur chef ?

L’hyperprésident, l’homme qui prend toutes les décisions ? Si Woerth est lourdement soupçonné d’avoir encaissé au moins 150 000 euros d’argent liquide en toute illégalité de la main de la vieille milliardaire, c’est bien pour financer sa campagne présidentielle : ne peut-il être inquiété pour cela ?
Et si Lagarde s’est rendue coupable de plusieurs violations manifestes de la légalité pour accorder coûte que coûte le cadeau royal à Bernard Tapie de centaines de millions d’euros aux frais du contribuable, n’est-ce pas sous son ordre ?
Par conséquent et ricochet, ne devrait-il pas s’en expliquer devant la justice ?

Le 14 mai dernier, nous titrions Lagarde en prison ! (et Sarkozy sitôt levée l’immunité présidentielle), mais nous avions tout faux. Non pas à propos de la culpabilité de la nouvelle patronne du FMI (quelle honte !), celle-ci s’est encore confirmée depuis, une enquête étant désormais ouverte pour des incriminations plus graves que le simple (sic) « abus d’autorité » : « complicité de faux » et « complicité de détournement de biens publics ». « Des chefs passibles de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende », ajoute Libération. Mais sur le sujet de la possible mise en cause du chef de l’Etat. Parce que Nicolas Sarkozy jouit en réalité d’une impunité totale. (more…)

7 juin 2011

Affaire Bettencourt: le parquet s’oppose à l’annulation de la procédure

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 12:00

Le parquet général de la cour d’appel de Bordeaux s’est opposé, lundi 6 juin, aux demandes d’annulation des enquêtes qui constituent l’affaire Bettencourt, formulées par Liliane Bettencourt, l’héritière du groupe L’Oréal, et par sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt. La chambre de l’instruction de la juridiction bordelaise rendra sa décision le 28 juin prochain.

Si la justice venait à faire droit aux requêtes des Bettencourt mère et fille, ce sont, au total, huit instructions judiciaires, nées de la révélation par Mediapart d’enregistrements clandestins réalisés au domicile de l’héritière L’Oréal par son majordome, qui pourraient être closes d’un trait de plume.

L’affaire Bettencourt avait poussé hors du gouvernement l’ancien ministre du travail, Eric Woerth, visé par une enquête ouverte pour  «trafic d’influence» au sujet de l’embauche de sa femme dans la société gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Plusieurs juges bordelais travaillent également sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, suite aux révélations de l’ancienne comptable des Bettencourt.

Les avocats de Liliane Bettencourt ont réclamé l’annulation des procédures au motif que les enregistrements clandestins du majordome, les principales pièces à conviction du dossier, ne peuvent être exploités par la justice du fait de leur illégalité présumée.

Me Olivier Metzner, l’avocat de la fille Bettencourt, a pour sa part demandé l’annulation de toutes les enquêtes pour une raison différente: la procédure judiciaire, initiée par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, aurait démarré sur des bases illégales.

En effet, le procureur Courroye avait initialement ouvert une enquête préliminaire pour violation de la vie privée afin d’enquêter sur les enregistrements avant même qu’une plainte soit déposée quelques jours plus tard.

Par La rédaction de Mediapart

17 décembre 2010

La vision particulière de la « gestion de l’argent public » de l’UMP

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

L’UMP ne manque jamais une occasion de fustiger la « mauvaise » utilisation de l’argent public. Cette obsession de la bonne gestion ne s’applique pourtant pas à la sienne depuis 2007.

Sur le site des députés UMP à l’Assemblée Nationale, on peu lire cette profession de foi :  » (…) Attachés à une gestion rigoureuse de l’argent public, les députés de l’Union pour un Mouvement Populaire attendent aussi de l’Etat qu’il montre l’exemple et conduise une politique sérieuse des finances publiques visant à alléger la contrainte que fait peser sur la France et sur ses jeunes générations la persistance de déficits et de dettes publics excessifs (…)  »

Ce qui est vous l’avouerez en parfaite contradiction avec les déclarations de Dominique Dord, le successeur d’Eric Woerth, au poste de trésorier de l’UMP publiée par Le Figaro

«  L’UMP, qui accusait un déficit de 30 millions d’euros après la présidentielle de 2007, table sur un retour à l’équilibre en 2011, a déclaré à l’AFP son trésorier Dominique Dord (…) Et pour ce qui concerne les comptes de 2010, celui-ci prévoit :  » (…) un déficit réduit à 3 à 4 millions d’euros à la fin de l’année, pour un retour à l’équilibre en 2011 (…)  »

«  (…) S’il s’agissait d’une structure privée ne maniant que des fonds privés, on s’en moquerait un peu, voire beaucoup. Mais l’UMP est un parti politique. Et même le parti majoritaire en France. Il bénéficie donc d’un financement public (…) fait judicieusement remarquer le site Aix Hebdo

Qui ajoute :  » (…) Comment l’UMP a-t-elle pu, sous la houlette de son très compétent ministre-trésorier Eric Woerth, passer d’un bénéfice de plus de 10 millions d’euros fin 2008 à un déficit au montant inconnu en 2009 ? (…)  »

Mais, combien l’UMP a t-elle touché d’argent public depuis 2007 ?

Pour connaître ces montants, il suffit de se rendre sur le site de la Commision nationale des comptes de campagne et des financements politiques qui donne le détail des : « Aides publiques directes attribuées aux partis et groupements politiques » depuis 1990

En ce qui concerne l’UMP (montants des deux versements annuels en € :

2007 : 9 788 050,48 + 22 418 985,64 (more…)

26 novembre 2010

Sont-ils intouchables ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Les affaires politico-judiciaires sont rebondissantes. Plus la trame des enquêtes et des révélations se déroule, plus on se rend compte que ce sont souvent les mêmes personnes qui y sont citées, sans jamais être vraiment inquiétées. Et si il y a bien des faits, des délits, des victimes, les acteurs dans ces affaires jouent suffisamment bien leur rôle de soutien, de couverture, pour que la justice ne passe pas ou si peu.

J’avais été étonné d’apprendre la nomination d’Alain Juppé au poste de ministre de la défense. Depuis l’accord de coopération militaire avec les britanniques, il est quand même gênant que ce soit les journalistes anglais qui nous rappellent que le gouvernement français compte désormais parmi les siens un personnage condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis et à 1 an d’inéligibilité pour financement illégal d’un parti-faits de prise illégale d’intérêts-emplois fictifs. Il était au moment des faits trésorier du RPR.Il est tout de même cocasse de voir rentrer dans ce nouveau gouvernement quelqu’un qui a été condamné pour le même type de faits aujourd’hui reproché à Mr Woerth, ministre du travail sortant, ancien trésorier de l’UMP…Il y a un lien (troublant) à faire dans l’actualité judiciaire et politique de la semaine à partir de Mr Juppé : c’est le dépaysement de l’affaire Woerth-Bettencourt annoncé pour la juridiction de Bordeaux.

Pourquoi Bordeaux ? Est-ce parce que la ville accueille l’école nationale de la magistrature ? Certes il y a un pôle économique des affaires qui spécialise cette juridiction, mais comme c’est le cas aussi à Marseille ou Lyon ! En tout cas l’explication d’impartialité ne pourrait nous satisfaire, car cela voudrait dire que l’indépendance de la justice n’est pas la même à Paris. Une sorte d’aveu ?

Troublante réaction de l’avocat de Liliane Bettencourt, Mr Georges Kiejman, qui déclare : « Ce procès ne pouvait pas avoir lieu à Nanterre. L’actuel président de la Cour de cassation est passé par Bordeaux. J’ai moi-même déjà plaidé dans cette ville et j’y ai des amis. »

On ne peut pas reprocher aux magistrats, aux avocats, d’avoir des amis. Mais dans les affaires politiques et judiciaires, c’est tout de même particulier. Il y a souvent des collusions dérangeantes, il y a les amis du premier cercle, intimistes, personnels, les amis de longue date, et il y a des amis.

Et nos hommes politiques ont eux aussi des amis, qui peuvent devenir des ennemis politiques, l’action politique dérapant, et comme ce fût le cas pour Villepin-Sarkozy, la confrontation passe par le terrain judiciaire pour gagner un combat politique.

Si on romance cela, on peut imaginer que l’affaire Clearstream est une réponse au Karachigate. Si l’on veut s’en convaincre il faut se replonger dans le contexte de forte dissension du RPR lors de l’élection Présidentielle de 1995.
E.Balladur, premier ministre, veut faire campagne contre le Président Chirac. N.Sarkozy se rallie à la candidature de Balladur ; dès lors deux camps s’affrontent. (more…)

20 octobre 2010

Monsieur Woerth, je vais vous expliquer

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Ce qu’il y a de formidable dans la langue de bois…c’est sa matière : le bois. Le gouvernement est une abstraction, jugez en par vous même : Celui-ci a été remanié au mois de mars et en juillet, il est désormais en sursis suspendu à notre défaite présumée au sujet des retraites. Eric Woerth pourra ensuite prendre la sienne. Lui n’a cependant pas besoin de ces fameux trimestres, il ne s’applique bien évidemment pas les lois de compression qu’il tente de faire adopter puisqu’il n’en a pas besoin.

Alors même que nous faisons feu de tous bois, livrant par là-même le meilleur de nous-même dans la rue, nous avons un ministre présumé coupable du cumul de ses fonctions passées, et conflits d’intérêts en veux-tu en voilà. Qu’importe la manière, ce qui compte c’est le résultat.

Que l’on repense à la stigmatisation actuelle du pouvoir, elle prend aujourd’hui une forme assez élaborée. Elle tente encore de trier le bon grain de l’ivraie, au motif primitif qu’il y aurait de bons jeunes lycéens s’opposant à des recalés du système scolaire. La faute à qui ?

Des banlieues et des casseurs, comment pourrait-il en être autrement au juste ?

Une chose est certaine, ces deux catégories de jeunes se retrouveront assis en rangs d’oignons au pôle-emploi dans les mois à venir. Bref, nous assistons à une lutte assez élaborée sur la forme, faisant fi des injonctions Sarkozyenne. Seul homme aux commandes du France.

C’est d’ailleurs la multiplicité des mouvements qui fait la force de celui-ci. Le cœur de ce mouvement, n’en doutant pas, reste le mouvement des étudiants et des lycéens. Les autres salariés et chômeurs, humiliés dans leur grande majorité par 30 ans d’abrutissement économique, n’ont plus ni les moyens financiers de tenir, et même plus l’envie.

Avez-vous ressenti le lien social renaissant, avez vous parlé enfin à quelques inconnus dans la rue. Pour ma part hier, j’ai constaté le bonheur des personnes âgées venues en nombre manifester, trois mamies sont venues parler à mes enfants. C’est de ce lien dont la société nous prive un peu plus chaque jour. Un chant Ardéchois ici, une mère gardant les enfants des voisins, durant un happening dans la rue, le voisin, cet inconnu, vous refilant un peu de son gasoil, la France, c’est ça, ma France c’est vous, la France c’est moi.

Un slogan hier à Valence : « Eteins la télé, allumes ton cerveau » et encore un autre qui fit rire beaucoup le troisième age « Sarkozy t’es foutu, la vieillesse est dans la rue ». (more…)

14 septembre 2010

Quand le pouvoir s’arroge tous les droits : le feuilleton Bettencourt continue…

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:30

Affaire Woerth : « Le Monde » va déposer une plainte contre X pour violation du secret des sources
Afin d’identifier la source d’informations parues dans Le Monde sur l’affaire Woerth-Bettencourt et de tenter de mettre un terme aux révélations sur cette enquête, l’Elysée a eu recours, courant juillet, à des procédés qui enfreignent directement la loi sur la protection du secret des sources des journalistes. En conséquence, Le Monde a décidé de déposer une plainte contre X pour violation du secret des sources.

Les 15 et 16 juillet, l’enquête préliminaire sur l’affaire Bettencourt a pris un tour déterminant avec les gardes à vue de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, du photographe François-Marie Banier et de l’ex-avocat de la milliardaire, Fabrice Goguel. Ces auditions ont permis de préciser les conditions d’embauche de Florence Woerth par M. de Maistre. Le Monde a fait état de ces informations à la « une » de ses éditions datées 18-19 juillet, sous le titre « Le principal collaborateur de Liliane Bettencourt met Eric Woerth en difficulté », au-dessus d’un article signé de notre collaborateur Gérard Davet.

La publication de ces informations, à quelques jours de l’audition de M. Woerth par les policiers, prévue fin juillet a, selon des sources proches du dossier, particulièrement irrité l’Elysée. Selon plusieurs sources interrogées par Le Monde à la Direction générale de la police nationale (DGPN) ainsi qu’à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ordre a alors été donné à la DGPN de mettre fin aux fuites qui avaient abouti à la publication de ces informations dans Le Monde.

L’ACTION DU CONTRE-ESPIONNAGE
Les services de la DCRI, c’est-à-dire du contre-espionnage français, ont été mis à contribution hors procédure judiciaire, une quinzaine de jours avant qu’une enquête préliminaire ne soit ordonnée par le parquet de Paris, le 4 août. Ils ont d’abord cherché à cerner le profil de la source potentielle. Parmi les personnes qui pouvaient avoir accès aux procès-verbaux des auditions, ils se sont arrêtés sur un haut fonctionnaire, David Sénat, conseiller pénal de la garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie.

Le téléphone administratif de ce dernier a fait l’objet de discrètes expertises techniques. Les identités des personnes ayant contacté ce membre de l’appareil d’Etat ont été remises à la DCRI par un opérateur téléphonique, sous forme d’un listing. C’est à cette occasion que le nom de Gérard Davet, journaliste au Monde, est apparu. La DCRI – qui a assuré au Monde avoir agi dans le cadre de sa « mission de protection des intérêts de l’Etat «  – a transmis, courant juillet, ses conclusions à l’Elysée, pensant avoir identifié la source du Monde. (more…)

13 septembre 2010

Au secours, l’affaire Wildenstein revient !

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Le 24 octobre prochain, les Français expatriés vont devoir revoter pour élire leur représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger. Le dernier scrutin a été annulé avant l’été par le conseil d’Etat. La deuxième place de la liste présentée par l’UMP est occupée par un certain Guy Wildenstein que les observateurs attentifs des déboires d’Eric Woerth connaissent bien: proche du président Sarkozy, donateur de l’UMP, Guy Wildenstein est surtout un habitué des paradis fiscaux jamais inquiété par le fisc français malgré de nombreuses alertes. Et justement, France Inter vient de révéler qu’une nouvelle plainte a été déposée contre lui.

L’origine de l’affaire
Benoît Collombat, journaliste à France Inter, avait déjà publié le 20 août dernier une longue enquête sur Eric de Sérigny, conseiller bénévole d’Eric Woerth. Le voici qu’il récidive, cette fois-ci sur Guy Wildenstein. En juillet dernier, Le Monde, puis Libération lui avaient consacré deux longs articles, sans que la polémique ne prenne.

Guy Wildenstein est au coeur d’une action de sa belle-mère, Sylvia Roth, veuve du collectionneur d’art Daniel Wildenstein, décédé en 2001. Elle conteste la valeur de l’héritage déclaré – une quarantaine de millions d’euros, alors que les évaluations précédentes de la fortune de son mari s’établissaient à plus de 4 milliards d’euros. La justice, saisie dès 2005, a officiellement reconnu que l’essentiel de cette fortune a été placée dans des fonds offshore (Guernesey, îles Caïmans), jugeant même, en octobre 2008, « l’évasion du patrimoine dans des sociétés étrangères et des trusts, conforme à la tradition familiale de transmission des biens aux héritiers directs … » (sic !).

L’une des plaintes de Mme Roth contre quatre de ces trusts a même été classée sans suite le 5 juillet dernier par le Procureur de la République, Jean-Claude Marin (le même qui traita le procès Clearstream...).

Le 9 juillet dernier, une information judiciaire pour abus de confiance a été ouverte à Paris, et une information judiciaire été ouverte le 22 juillet suivant, et confiée à Guillaume Daieff, juge d’instruction au pôle financier.  La semaine dernière, France Inter révélait qu’une nouvelle plainte, beaucoup plus large, avait été déposée par l’avocate de Mme Roth : « abus de confiance », « organisation d’insolvabilité », « blanchiment », « recel d’abus de confiance », « recel de blanchiment », « recel de faux et d’usage de faux », rien que ça !

Woerth,si proche, Sarko pas loin.

Cette affaire concerne directement Eric Woerth et Nicolas Sarkozy. Guy Wildenstein est un proche éminent du chef de Sarkofrance, comme le rappelle Benoît Collombat dans son enquête.

1. Alors ministre du budget, Woerth était, comme l’administration fiscale, au courant de cette évasion fiscale. Mme Roth a en effet écrit à plusieurs reprises au directeur de l’administration fiscale (en juin puis en septembre 2009), à la Direction des services fiscaux de Paris Nord (juin et septembre 2009), à Eric Woerth (en 2009) et à François Baroin (en juillet 2010). (more…)

5 septembre 2010

Démagogue démasqué

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Il n’est pas si facile de rouler les gens deux fois de la même façon. Parions que la gesticulation « sécuritaire » engagée cet été par Nicolas Sarkozy ne lui sera pas politiquement aussi profitable qu’escompté. Les dernières enquêtes d’opinion montrent d’ailleurs que les Français ne sont guère favorablement impressionnés par ce nouveau discours. Le président de la République ne gagne que deux misérables petits points dans le baromètre Ifop-Journal du Dimanche et reste profondément impopulaire avec seulement 36% d’électeurs satisfaits de son action. La cote de popularité de Sarkozy plonge même au plus bas selon le baromètre Viavoice-Libération.

Trois séries de raisons peuvent expliquer le faible impact de discours violents qui ont apparemment plus marqué les médias que l’opinion. La première tient à la perte de crédibilité du sarkozisme en matière de sécurité. L’exploitation éhontée des faits divers ne fait plus guère illusion. Ceux qui souffrent de l’insécurité sont les mieux placés pour mesure l’inefficacité d’une politique qui se gargarise de mots et ne cesse d’empiler des textes législatifs.

Les Français demeurent certes majoritairement acquis aux thèses « sécuritaires ». Ils sont même prêts à approuver pas mal de mesures récemment annoncées, comme l’a opportunément indiqué un sondage Ifop-Figaro. Simultanément, mais c’est moins contradictoire qu’on ne l’a dit, ils ne se font guère d’illusion sur l’efficacité de cette politique. Une enquête CSA-Marianne a mis en évidence le jugement très négatif des Français sur la lutte contre l’insécurité telle qu’elle est menée depuis huit ans.

L’offensive dite sécuritaire de Sarkozy se heure encore à la hiérarchie des préoccupations actuelles, toujours dominées par la crise et ses effets. Cette agitation a peu de chances d’occulter les problèmes économiques et sociaux. La mobilisation contre la très impopulaire réforme des retraites de cet automne, que tout annonce puissante, exprimera un mécontentement populaire profond. Le pouvoir aura bien du mal à faire diversion au moyen de polémiques sur l’insécurité dont l’intention manipulatoire est transparente.

La tentative sarkoziste ne retrouver l’oreille de la France populaire grâce à la thématique de l’insécurité et de l’immigration est enfin sérieusement handicapée par les effets durables de l’affaire Woerth. Celle-ci a eu un impact très fort dans l’opinion en établissant, de manière presque caricaturale, les liens étroits entre le pouvoir actuel et les grosses fortunes. « L’affaire Woerth réactive le contentieux entre le peuple et les élites« , a justement analysé le philosophe Marcel Gauchet. Désormais largement perçu comme protecteur des riches, Sarkozy peut beaucoup plus difficilement se grimer en défenseur des pauvres.

Par Erci Dupin pour son blog « les murmures d’Eric Dupin »

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