Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 janvier 2011

Financer la dépendance ou sabrer la Sécu ?

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 12:00

Après la maladie, l’accident du travail, la vieillesse et la famille, la Sécurité sociale couvrira-t-elle bientôt un « cinquième risque » – la dépendance ? Nicolas Sarkozy a évoqué son projet dans ces termes. Mais de confidences en petites phrases, c’est un tout autre dessein qui se révèle : non pas une extension de la sécu mais une amputation de celle-ci.

Si le gouvernement préparait vraiment la naissance d’un cinquième risque dépendance, il commencerait par rassurer les Français sur son coût. Ce ne serait pas difficile. nombre-prevu-de-personnes-agees-dependantes-

Voici quelques chiffres à grands traits pour fixer les idées. Aujourd’hui, la dépendance coûte environ 30 milliards d’euros par an, dont 10 milliards sont financés par les particuliers et 20 milliards par la puissance publique (1). Ces sommes couvrent les besoins de quelque 2,4 millions de personnes âgées incapables de se suffire à elles-mêmes.

En 2025, selon les projections du Conseil d’analyse stratégique reprises dans le rapport Gisserot (2), la dépendance frapperait environ 3 millions de français. Leur part du financement pourrait âtre stabilisé à son niveau actuel, soit 10 milliards d’euros 2010, si la part du financement public passait d’un point à un point et demi de PIB, c’est-à-dire de 20 à 30 milliards d’euros d’aujourd’hui.

Il s’agit donc de trouver 10 milliards d’euros d’ici à 2015, soit un surcoût un peu moins qu’un point de CSG. En quinze ans, cela représenterait une hausse annuelle du taux de la CSG de 0,06 point. On peut retourner la question dans tous les sens, le problème posé est d’une ampleur dérisoire. Tellement dérisoire qu’on devrait d’ailleurs saisir cette occasion pour alléger encore le reste à payer des familles.

Mais au lieu de ce propos rassurant, on évoque chaque jour « un coût de 30 milliards », comme si les deux tiers n’étaient pas déjà financés. On parle d’un « casse-tête » à propos d’une arithmétique élémentaire. Un économiste, Jean-Hervé Lorenzi, qui surfait ce soir là sur cette vague de la peur, évoqua même sur France 3 un « surcoût de trois points de PIB » – 60 milliards au lieu de 10, bigre. (more…)

Hollande-Piketty: confrontation sur la révolution fiscale

Filed under: 03 - Economie,13 - PS — iledere @ 6:30

La question des impôts a de fortes chances d’être l’un des débats majeurs de la campagne présidentielle de 2012. D’abord un débat entre la droite et la gauche, parce que si pendant près de deux décennies, l’une comme l’autre, ont conduit des politiques fiscales sinon identiques, en tout cas voisines, donnant la priorité à une baisse des impôts, ce relatif consensus est désormais brisé. Nicolas Sarkozy s’oppose à une hausse de la fiscalité, tandis que les socialistes redécouvrent la fonction citoyenne de l’impôt.

Ensuite il y a débat au sein même de la gauche, car toutes les sensibilités ou presque plaident maintenant pour une « révolution fiscale », la révolution en question ne se chargeant pas, d’un dirigeant à l’autre, du même contenu. Dès à présent, on devine qu’il y a des partisans d’une révolution douce, et des partisans d’une révolution radicale.

C’est la raison pour laquelle Mediapart a proposé au socialiste François Hollande, ancien premier secrétaire du Parti socialiste (PS) et candidat putatif aux primaires socialistes, et à l’économiste Thomas Piketty, auteur avec Camille Landais et Emmanuel Saez d’un livre événement Pour une révolution fiscale – Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle (Seuil, La République des idées, janvier 2001, 12,50€) (voir notre article Le Petit livre rouge de la révolution fiscale), de confronter leur point de vue, à l’occasion d’un débat enregistré en vidéo.

Confrontation précieuse ! Car, jusqu’à présent, on pouvait penser que si, d’une sensibilité à l’autre de la gauche, il existait beaucoup de nuances sur la réforme fiscale à entreprendre, ces nuances étaient somme toute secondes par rapport aux enjeux de fond. Il semblait en particulier établi que toutes les sensibilités de la gauche étaient au moins d’accord pour rompre avec les prudences antérieures sinon même un cap néo-libéral pour user de ce terme de « révolution fiscale » qui voilà peu encore sentait le soufre.

Cette formulation de « révolution fiscale », François Hollande en use, en effet, sans la moindre gêne, comme en use Thomas Piketty. Cette formulation est d’ailleurs explicitement citée dans l’ébauche du projet socialiste pour la campagne présidentielle, finalisée au printemps 2010, sous la houlette de Pierre Moscovici : à la page 17 de ce document (que l’on peut télécharger ici), il est aussi fait mention d’une indispensable « révolution fiscale ». Premier consensus. (more…)

30 janvier 2011

Sarkozy recule devant l’UMP

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Sarkozy recule devant l'UMPMauvaise journée ou retournement ? Nicolas Sarkozy a cédé devant la résistance de l’UMP à légiférer dans l’émotion sur la récidive sexuelle. A Davos, il est resté très prudent et compréhensif devant des banquiers qui se plaignaient du renforcement de la règlementation. En France, il n’avait rien à dire sur le chômage des plus seniors, une cible qu’il affectionne pourtant. Que se passe-t-il ?

Il est prudent devant les banquiers
Jeudi 27 janvier, Nicolas Sarkozy a filé au sommet des Riches à Davos. Là-bas, il a ressorti son laïus habituel, répété lundi dernier, sur le besoin de régulation des marchés et l’idée, vieille de 30 ans, d’une taxation sur les transactions financières internationales pour financer le développement. Il y ajouta une défense de l’euro, la même que celle du 31 décembre dernier : « Je sais que certains doutes de la pérennité de l’euro… L’euro c’est L’Europe et l’Europe c’est soixante ans de paix. Jamais nous n’y renoncerons… Les conséquences de la disparition de l’euro seraient tellement cataclysmiques qu’on ne peut jouer avec cette idée ». Il parla même de morale. « Il n’y a pas d’économie de marché sans un minimum de valeurs morales ».
Le plus surprenant était ailleurs. De puissants banquiers présents dans la station suisse se montraient publiquement grognons contre le risque de retour des réglementations, et notamment du renforcement exigé de leurs fonds propres, comme le rapporta le Figaro : « James Dimon, le patron de JP Morgan Chase, l’une des banques américaines les plus solides au plus fort de la crise, s’est fait leur porte parole: « Trop c’est trop !  » » Serait-ce la fin du « banker-bashing » ? (more…)

29 janvier 2011

Dans la tête des rédac’chefs du Nouvel Obs, du Point et de l’Express

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

L’immobilier, le palmarès des hôpitaux, les francs-maçons… Les newsmag nous servent-ils vraiment toujours les mêmes sujets ? Qu’est-ce qui obsède vraiment les rédacteurs en chef du Nouvel Obs, du Point et de L’Express ?

Encore les Francs-Maçons…  » La réflexion vient de mon vendeur de journaux il y a quelques jours. A une semaine d’intervalle, deux hebdos ont décidé de se pencher sur le sujet.  » De toute façon, ils ressortent toujours les mêmes trucs : les francs-maçons, l’immobilier, les hôpitaux, y’a que ça « . Il est comme ça mon kiosquier, le bons sens médiatique au coin de ma rue.

Cette réflexion, tous les journalistes l’ont faite, et un bon paquet de lecteurs aussi. Mais est-ce vrai ? Les newsmag nous resservent-ils vraiment toujours les mêmes sujets tous les quatre ou cinq numéros ? Quels sont leurs marronniers les plus récurrents ? Pour en avoir le cœur net, je me suis plongé dans les archives des trois principaux accusés : Le Nouvel Observateur, Le Point, L’Express.
Trois titres qui se portent plutôt pas mal, puisqu’ils affichent des diffusions respectives de 521 041 exemplaires (-2% depuis 2005), 429 521 ex (+8%) et 539 494 (-1,5%). Pour garder leurs lecteurs, ressortent-ils vraiment toujours les mêmes sujets ? Bref, ça ressemble à quoi le cerveau d’un rédacteur en chef de newsmag, par quoi est-il obsédé ?

Surprise : des marronniers moins récurrents que ce que l’on croit
Première surprise, si certains sujets sont bel et bien récurrents, ils ne reviennent pas si souvent que ça. En passant en revue 150 numéros des trois hebdos (2010-2009 et 2008), quatre grands marronniers se dégagent :

– La santé et ses incontournables « palmarès des hôpitaux ». Inutile de vous dire que les lecteurs des hebdos ont tout pour être en bonne santé, surtout au Point qui a consacré 12 Unes à cette thématique depuis 2008, soit 8% de ces couv. Le Nouvel Obs affiche 8 Unes santé (5%) et 5 pour L’Express (3,5%). (more…)

2009-2010 : Le moral des salariés est toujours en berne !

Filed under: 01 - Etudes et analyses,06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Les résultats de l’indicateur Juritravail du « Moral des Salariés » pour le 4eme trimestre 2010 vient d’être publié. Il est symbolique, nous dit un économiste d’une  » véritable crise de confiance « 

Bien que l’action du Président, de son gouvernement et de sa majorité soient limités à l’allocation d’aides fiscales et de modifications du code du travail, il est certain que la situation et surtout, le moral des salariés, seront des points clés de la campagne de 2012.

Nul doute que les promesses du  » travailler plus pour gagner plus  » synonyme de  » pouvoir d’achat  » ne seront pas au programme du candidat Sarkozy, et qu’il préférera utiliser le « travailler plus en travaillant mieux » lancé, par le club Génération France de Jean-François Copé.

Ce qui en « novlangue » UMP, pour ceux qui l’ignorerait, ou l’aurait oublié, consiste à :  » (…) par exemple faire dépendre une partie des primes des cadres du jugement que les encadrés portent sur eux (…)  » Ambiance garantie dans les entreprises …

Ce à quoi il faut ajouter :  » (…) un relèvement progressif de la durée du travail négocié par les partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises dans le privé (…) Et si les partenaires sociaux (essentiellement les syndicats de salariés ) (…) refusent de se saisir de la question, ce serait à l’État de prendre ses responsabilités et d’augmenter la durée du travail (…)  »

Mais avant de connaître la réaction des salariés à ces « merveilles progressistes » dans les urnes en 2012, il est intéressant de se pencher sur les résultats de l’indicateur Juritravail du « Moral des Salariés » pour le 4eme trimestre 2010, consultable en ligne depuis le 25 janvier (more…)

28 janvier 2011

2010 : une année noire pour l’emploi

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:30

poleemploi3Alors que le Président de la République avait annoncé fièrement que le chômage allait baissé en 2010, la publication des chiffres du nombre de demandeurs d’emploi en décembre 2010 permet de dresser le bilan d’une année qui s’avère tristement catastrophique pour l’emploi en France.

En 2010, le nombre de demandeurs d’emploi inscrit à Pôle emploi a augmenté en un an de +5,3%, soit + 202.500 personnes (catégorie A, B,C). Pour le seul mois de décembre, il est en augmentation de + 32.600. Il y a à peine deux ans, en décembre 2008, la France comptait 795.900 chômeurs en moins. Comment ce gouvernement ose t-il encore soutenir que sa politique a eu un quelconque effet sur la crise ? Comment peut il poursuivre sa politique de suppression d’emploi public dans ce contexte ? Comme peut il encore croire que sa réforme des retraites n’aura pas un effet néfaste sur l’emploi des seniors, alors qu’en un an le chômage des plus de 50 ans a augmenté de 16,6% ?

Austérité budgétaire et salariale, mesures clairement en défaveur de l’emploi (comme la détaxation des heures supplémentaires), l’emploi n’a pas été la priorité de la droite depuis qu’elle est au pouvoir. En revanche, tous ses efforts pour précariser les salariés et détricoter le droit du travail connaissent eux des résultats édifiants, avec l’augmentation des emplois précaires et de l’emploi à temps partiel.

Deux ans après le début de la crise, ce gouvernement n’a toujours aucun résultat. Il serait temps qu’il est enfin une politique en faveur de l’emploi. L’emploi devrait être sa priorité numéro un, et l’occuper matin, midi et soir !

Merci à « la lettre de Jaures« 

La politique internationale de Nicolas Sarkozy

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

A l’instant où la France va présider les G8 et G20 il est bon de faire le point sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy qui pourrait alors se décrire en président du monde, comme il se clamait président de l’Europe quand ce n’était que la France, institutionnellement, qui présidait l’Europe. Si nous devions la résumer en deux mots ce serait : échec et honte, et même au pluriel, échecs et hontes. Les qualités de son action ont pour noms : arrogance, mensonge, paroles pseudo éthiques et actes sans aucune morale, courbettes devant les forts et grande gueule devant les faibles, gesticulation sans effet.

L’actualité nous commande de parler de la Tunisie. La position de la France avant et pendant la révolution du jasmin est tout simplement révoltante à mille lieues des déclarations angéliques à Strasbourg du tout nouveau président français clamant que l’éthique n’était finalement que la seule voie possible pour la politique étrangère. Ce pouvoir, et d’autres avant lui, a soutenu et félicité un dictateur corrompu qui a volé à grandes mains la population tunisienne, a enfermé les opposants et a bridé la liberté de la presse.
Notre fameuse Rama Yade n’a eu assez de sourires et de silences lors de son voyage d’agrément en Tunisie avec Nicolas Sarkozy servant, non à son corps défendant, de caution à un régime méprisable.
Pour tenter de faire oublier le passé complice de la France, Nicolas Sarkozy a préféré comme son frère Lagardère qui voulait qu’on le croit incompétent plutôt qu’escroc quand il a fait un milliard d’euros de plus value sur la cession de ses participations dans EADS, ce qui de fait l’envoyait de Charybde en Scylla car cela voulait dire de fait que nous avions le choix entre un escroc qui bénéficie de délit d’initié ou un incompétent majeur qui touche un salaire astronomique sans rapport avec ses qualités de dirigeant s’avouant lui-même incompétent, je disais donc que Nicolas Sarkozy pour faire oublier son passé complaisant et son copinage avec Ben Ali a préféré faire passer le tout et faire avaler le boa et ses plumes aux Français, pour une légère erreur d’appréciation.
Or un diplomate contredit cela aussi (Libération) : Le renversement du régime de Ben Ali était-il prévisible ? On évoque la perspicacité de la diplomatie américaine, dont les correspondances ont été révélées par WikiLeaks, pour mieux critiquer à l’excès une diplomatie française prise de court et inefficace. Aucune chancellerie n’avait inscrit dans ses prévisions le scénario qui a débouché sur la chute du régime Ben Ali. Au cours de la décennie passée, les analyses de notre ambassade à Tunis et celles du Quai d’Orsay soulignaient régulièrement la dégradation des libertés publiques et la répression qui touchait les associations et les organisations non gouvernementales telle que la Ligue tunisienne des droits de l’homme, la première dans le monde arabe. Les rapports diplomatiques mettaient aussi l’accent sur l’exaspération et le mal-être de la jeunesse tunisienne, liés certes au problème de l’emploi mais aussi à l’absence d’espace et d’expression politiques. Enfin, la prévarication et le développement d’un système de prédation du secteur privé de l’économie par le clan Trabelsi étaient perçus comme l’un des risques pesant sur la stabilité du pays. L’antienne de Ben Ali, présentant son régime comme un rempart contre la menace islamiste, relayée avec complaisance par nombre de politiques en France, était considérée dans les notes diplomatiques comme le fonds de commerce du régime et le prétexte pour s’abstenir de toute ouverture politique jugée déstabilisante. L’analyse diplomatique privilégiait le risque de mouvements sociaux à la menace islamiste. (more…)

27 janvier 2011

Education Nationale et primes

Filed under: 02 - Education — iledere @ 12:00

J’ai appris ça en lisant PMA. Même le figaro confirme !

Une prime au mérite pouvant aller jusque 6000 EUR tous les 3ans, sera allouée aux chefs d’établissements scolaires (lycées et collèges) !

Je suis tout à fait d’accord avec le taulier du blog précité. Le Service Public n’est pas une entreprise et ne se gère pas comme telle.

Mais au-delà …. Quels sont les critères d’attribution de la prime ?

Car comme le dit Luc Chatel, l’objectif est de mettre en place des contrats d’objectifs et de performance.

Et quels sont ces objectifs ?

J’ai entendu sur France 2, que les objectifs étaient pédagogiques (comment seront-ils mesurés ?) mais aussi d’intégration…. Et là on peut se demander comment le prof de  Gonesse sera traité par rapport à celui de Neuilly sur Seine ?

Pis, d’après le figaro, les recteurs seront soumis à cette prime de mérite  qui pourra aller jusque 22000 Euros et il se trouve (relève ce même journal) que pour la première année ces même recteurs décideront des postes d’enseignants qui seront supprimés dans leur académie.

A votre avis, pour ces recteurs ?? Les objectifs seront uniquement pédagogiques ?

Par Iconoclaste sur le blog « J’ai rien à dire et alors ? »

Sauvons la HALDE

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

« Il faut détruire la Halde » (la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). Ce voeu, signé Z comme Zemmour, remonte au 8 mars 2010. La Journée des femmes. Une date toujours un peu douloureuse pour notre éditorialiste. Deux jours plus tôt, il vient de justifier les contrôles au faciès chez Ardisson et le droit à la discrimination sur France O. Des agences d’intérim refusent d’embaucher des Noirs ou des Arabes ? Eric Zemmour ne voit pas le problème : « Ils ont le droit ! » Eh oui, « la discrimination, c’est la vie ». En tout cas, c’est la sienne. Donc un peu la nôtre.

Le débat ne porte pas seulement sur la liberté de dire (liberté d’expression), mais également sur la liberté de faire (droit à la discrimination). Dans l’absolu, notre monde est bien fait. Eric Zemmour a le droit de s’exprimer. Et nous avons le droit de lui préférer le pamphlet de Mohamed Sifaoui : Eric Zemmour, une supercherie française (Armand Colin, 264 p., 16,50 €).

Certes, lorsque la ligne rouge de l’incitation à la haine est franchie, les tribunaux sont là pour trancher. Mais rien ne vaut de combattre une idée par une autre. Même lorsque l’éditorialiste choisit d’user de sa liberté d’expression pour légitimer une pratique illégale ?

En l’occurrence, il invoque la République pour combattre le modèle républicain et sa subtilité, faite d’indifférence aux origines et de volontarisme contre les discriminations. Otez ce volontarisme, et vous obtenez un modèle indifférent… aux discriminations. D’où l’intérêt d’autorités indépendantes, capables de renforcer le camp des victimes, souvent démunies pour établir la preuve d’une injustice. Les tribunaux conservant le dernier mot, cette médiation sert donc la loi.

Tout se complique lorsque deux principes républicains fondamentaux, la laïcité et l’égalité, se trouvent en conflit. La Halde se trouve très exactement postée à cette frontière. D’où l’émotion soulevée par l’un de ses avis, en faveur d’une salariée voilée qui refusait d’appliquer le règlement d’une crèche. Depuis, la Halde est revenue sur cet avis. Son service juridique doit certainement veiller à ne pas servir de caution à certains « chantages » au racisme cachant un militantisme ou un règlement de comptes. Mais cela ne délégitime en rien l’existence même de cette autorité, bien au contraire. (more…)

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