Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 octobre 2011

Mémé Kamizole décerne le «triple A» de la connerie aux chiennes de garde de la meute à Sarkozy

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Non, je rassure les puristes de mauvaise foi me reprochant des fautes de français imaginaires : je fais tout exprès d’écrire «la meute A Sarkozy», tout en sachant pertinemment que c’est un barbarisme. Pour faire court et – j’espère – plus percutant.

Certains pisse-vinaigre ne manqueront pas également de critiquer la vulgarité de l’insulte puisque j’ose écrire : «connerie» en toutes lettres alors que j’ai plutôt pour habitude d’euphémiser – petit exercice intellectuel et sémantique fort réjouissant – par des néologismes ou des périphrases que j’espère amusantes. Je m’étais d’ailleurs amusée le 17 octobre 2010 dans un article au titre évocateur Plaisante alternative aux «3 lettres» à faire de mémoire la recension quasi complète des substituts au mon «con», en français aussi bien qu’en argot ou en Solognot et qu’en règle générale, je fais bien plus souvent usage de ces termes. A quoi bon, en effet, posséder une langue aussi riche et user d’un vocabulaire aussi pauvre ?

J’ai aussi fait remarquer souventes fois que le mot «con» qui est dérivé de «conil» (lapin en ancien français) désignait à l’origine le sexe de la femme. En toute logique, nous devrions utiliser pour les hommes faisant preuve d’inintelligence son parallèle dans le vocabulaire populaire : «couillon»…

Je me « lâche » rarement dans mes écrits sinon quand je suis particulièrement en colère. C’est le cas aujourd’hui, effet de l’accumulation des asiniennes critiques de l’UMP. Et croyez bien que je possède pourtant en matière d’injures et jurons un répertoire à faire pâlir Nicolas Sarkozy et son «casse-toi, pôv con» ! Je m’autorise de son exemple.

J’en profiterais pour narrer une petite anecdote qui me revient du Diable Vauvert. Le général de Gaulle quand il était président, lors déplacement en province – ne me demandez ni la date ni le lieu et je ne vais pas perdre mon temps à les rechercher – prit un bain de foule. Un quidam cria «Morts aux cons !» ce à quoi, imperturbable et pince-sans-rire il lui répliqua «Vaste programme»… Le freluquet autoritaire qui prétend mettre ses pas dans les siens l’eût fait appréhender sans douceur par la pléthorique garde prétorienne qui l’accompagne dans chacun de ses déplacements, mettre en garde à vue et poursuivre pour «atteinte à la dignité du chef de l’Etat»… (more…)

25 octobre 2011

Dirigeants au bord de la crise de nerfs

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Fin du premier round avec des informations fragmentaires, voire contradictoires. Une seule certitude émerge, en dépit de l’affirmation de Nicolas Sarkozy selon qui un « assez large accord est en train de se dessiner » : ils sont loin du compte.

En premier lieu parce que le sort de la dette grecque dépend des négociations qui sont engagées avec les banques, puisque toute décote doit être acceptée sur une base volontaire pour ne pas être assimilée à un défaut qui indisposerait les marchés. C’est tout du moins le prétexte donné. « Les négociations avec les banques viennent de débuter et il serait inutile de faire des spéculations », a reconnu Angela Merkel.

Or, les banques ne veulent pas d’une décote supérieure à 40 % (au lieu des 50 % minimum demandés), afin de ne pas dépendre par la suite des fonds publics pour se recapitaliser pour y faire face, et risquer de devoir respecter en contrepartie certaines contraintes. Que le rapport de la Troïka estime que cela ne serait pas suffisant pour que la Grèce reprenne la maîtrise de sa dette est parfaitement secondaire.

En second lieu, parce qu’un montant de 110 milliards d’euros a été évoqué à propos de la recapitalisation des banques, mais ce chiffrage avantageux est en trompe-l’oeil. Il a été obtenu en retenant un ratio de 9 % et en calculant l’exposition des banques à la dette souveraine une fois celle-ci valorisée au prix du marché. Les banques qui n’atteindront pas ce ratio, selon ce calcul, auront jusqu’à fin juin 2012 pour y parvenir. Afin de les aider, l’Union européenne envisage de réactiver les garanties offertes aux banques pour qu’elles trouvent des financements à moyen et long terme, en complément du court terme dont la BCE fait son affaire. Il a surtout été précisé que les 46 milliards d’aide déjà décidés pour les banques portugaises, irlandaises et grecques, et dont une partie a déjà été versée, venaient en déduction des 110 milliards annoncés, ce qui réduit singulièrement leur portée. (more…)

19 octobre 2011

Moody’s s’attaque à la note Aaa de la France

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

La marge de manœuvre budgétaire du gouvernement a rétréci, constate Moody's.La marge de manœuvre budgétaire du gouvernement a rétréci, constate Moody’s.
L’agence d’évaluation financière Moody’s Investors Service a donné, lundi 17 octobre, un premier coup de canif à la sacro-sainte note Aaa de la France. « Au cours des trois prochains mois, Moody’s va surveiller et évaluer cette perspective stable [de la note du pays], au regard des progrès effectués par le gouvernement pour mettre en œuvre » les mesures annoncées de réduction du déficit budgétaire, souligne l’agence de notation dans un communiqué.

La France bénéficie actuellement de la meilleure note possible de la part de Moody’s (soit Aaa), comme de la part de ses grandes concurrentes Standard & Poor’s et Fitch Ratings. Cette note élevée lui permet d’emprunter sur les marchés dans des conditions très favorables pour financer ses déficits budgétaires.

Si la perspective de cette note devait être revue à la « négative », cela impliquerait que Moody’s serait susceptible de l’abaisser à moyen terme (le plus souvent à une échéance de trois à douze mois). Et la France deviendrait ainsi le nouveau grand pays, après les Etats-Unis, à perdre le précieux talisman financier.

L’agence prend bien soin de préciser que cet examen entre dans le cadre de son étude annuelle sur les comptes de la France et qu’il ne s’agit pas encore — à ce stade — d’une décision sur la note du pays. Mais elle est la première des trois grandes agences de notation à jeter ainsi une ombre sur le Aaa français. La semaine dernière, Moody’s avait encore confirmé la solidité de la note française, après l’annonce du plan de restructuration de la banque Dexia. Outre la capacité du gouvernement français à tenir ses engagements budgétaires, Moody’s indique qu’elle prendra en compte dans sa réflexion « tout nouveau développement négatif de l’économie ou des marchés financiers ».

Dans son communiqué, Moody’s relève que la solidité financière du gouvernement français, certes encore très élevée, « s’est affaiblie, comme c’est aussi le cas pour d’autres pays de la zone euro, car la crise économique et financière dans le monde a conduit à une détérioration de ses ratios d’endettement, qui sont désormais parmi les plus faibles des pays notés  Aaa ». (more…)

18 octobre 2011

Le naufrage de Dexia et après…

( Capture d'écran - Dailymotion )L’aventure désastreuse de la banque franco-belge (et un peu luxembourgeoise) Dexia est un résumé des effets de la déréglementation financière : de la privatisation du Crédit Local de France en 1996 au démantèlement de Dexia en 2011, en passant par la création de Dexia, sa plongée à corps perdu dans la spéculation, son refinancement sans contrepartie par les Etats français, belge et luxembourgeois en 2008, la continuation de ses activités spéculatives, jusqu’au naufrage final en octobre de cette année.

Aujourd’hui, c’est aux Etats et à la Caisse des dépôts et consignation, organisme public, de régler la facture. Les actionnaires qui avaient perçu pendant près de 15 ans des dividendes réputés réguliers et copieux font toujours l’objet de toutes les attentions des gouvernements belge et français.

Le sauvetage de 2008
Jusqu’à la fin des années 1980, le Crédit local de France, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est un organisme public.En 1996, le Crédit local est privatisé. Il fait son entrée en bourse et fusionne avec le Crédit communal de Belgique pour créer Dexia, une banque spécialisée dans le financement des collectivités territoriales.Dexia multiplie ses acquisitions. D’abord en absorbant des banques spécialisées dans le crédit aux collectivités territoriales en Italie et en Espagne.
Puis, en 2000, Dexia élargit considérablement son champ d’activité en rachetant, aux Etats-Unis, FSA, spécialisé dans l’assurance des titres financiers qui subira de plein fouet la crise bancaire de 2007-2008. Très bien notée par les agences de notation, Dexia rachète également la banque Labouchere qui lui fera perdre plusieurs centaines de millions d’euros. La banque en question avait incité ses clients à acheter à crédit des actions (notamment celles dites « des nouvelles technologies »). Le krach de 2001 les a ruinés. Ils ont demandé des comptes à Dexia.
Dexia n’omet surtout pas, après 2002, de se lancer dans la spéculation sur les subprimes et les produits dérivés.
En 2008, les gouvernements français et belges interviennent massivement (6 milliards d’euros) pour sauver les actionnaires de Dexia qui croulent sous les actifs toxiques. L’Etat et les régions belges financent le sauvetage pour près de 3 milliards d’euros. La CDC apporte 1,8 milliards d’euros et l’Etat français 1,2 milliards. (more…)

15 octobre 2011

La crise de la dette, et la fabrication du consentement !

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Effectivement il y a crise, on peut le lire à l’envie ! Mais si il y a crise c’est celle des inégalités. Quant à la crise du capitalisme cela demande un peu plus de réflexions et un regard plus critique sur une certaine forme de manipulation des populations.

En effet on a vu au cours de la dernière décennie la croissance des pays développés s’émousser, pas franchement, mais de façon régulière. Certains considèrent alors que ceux-ci sont à une sorte de maximum de développement et que celui-ci ayant été obtenu à crédit, vouloir forcer la croissance augmenterait de fait la dette, et qui a prêté de l’argent ? Les banques. C’est d’ailleurs un des problèmes récurrents du capitalisme qui en prétendant créé de la richesse par tous les moyens, surtout par le productivisme et la surconsommation, fabrique aussi à terme de la dette. On imagine donc mal les banques continuer à prêter sans être sûr d’être remboursées.

D’autant que la perspective que certains pays n’honorent pas leurs engagements est de plus en plus probable. Il est évident que les banques ne vont pas se laisser dépouiller sans réagir. En un premier temps, on a fait croire aux états qu’ils pouvaient trouver des solutions, on vient de le voir avec la Grèce pour laquelle le plan européen semble un fiasco et cette notion d’échec est habilement alimentée en sourdine par le monde financier car pour celui-ci ce n’est pas la solution. La solution immédiate, c’est la recapitalisation. C’est pourquoi on verra une agitation médiatique constante de la bourse avec des annonces catastrophiques afin d’entretenir le feuilleton tant que ce problème ne sera pas réglé, on prépare l’opinion en quelque sorte.

Mais pourquoi cela pose problème. Si cette recapitalisation se faisait avec des fonds privés cela se ferait naturellement, seulement voilà, les investisseurs ne semblent pas disposés à cette éventualité, on va donc se tourner vers le public et par conséquence les états qui vont pomper dans la poche du lampiste pour renflouer les banques et apporter des garanties lorsque l’on se trouvera devant un non-paiement. (more…)

9 octobre 2011

Réhabiliter l’impôt, dissiper les faux-semblants

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Alors que les déficits publics s’accumulent, la course au moins-disant fiscal se poursuit. M. Barack Obama a prolongé les baisses d’impôts pour les plus riches. En France, M. Nicolas Sarkozy veut supprimer l’impôt sur la fortune. Des économistes socialistes cherchent un peu plus de justice, tout en restant dans le même cadre. N’est-il pas temps d’aller plus loin ?

Enfin, le vent a tourné et la réforme fiscale revient au goût du jour. Certains osent même évoquer la perspective d’une « révolution ». Mais sommes-nous au seuil d’une vraie transformation de la fiscalité ou d’un simple aménagement de l’Etat-providence secoué par la crise ?

Pendant trente ans, les gouvernements successifs ont vécu avec l’illusion de la solidité de notre système de finances publiques. Quelles que soient les difficultés, les services publics continuaient à fonctionner. Les budgets assumaient tant bien que mal les conséquences de la montée du chômage. La décentralisation permettait de transférer des charges de financement importantes aux collectivités territoriales. En contrepartie, l’Etat, via un endettement en forte croissance, devenait le principal soutien des marchés financiers — au point de former avec eux un couple indissociable.

En France comme ailleurs, le conformisme a dominé le débat sur la politique économique, les fiscalistes ne contribuant guère à son renouvellement. La réduction des prélèvements sur le capital et ses revenus fut ainsi le nec plus ultra des choix proposés. Gauche et droite, successivement, ont creusé ces fameuses « niches » qui font de notre système de prélèvement un gruyère, où coexistent des taux d’impôts et de cotisations apparemment élevés et des assiettes (1) réduites, au moins pour tout ce qui n’est pas rémunération salariale. Les exonérations ciblées étaient déjà nombreuses. Mais en cinq ans, de 2003 à 2008, l’ampleur des cadeaux octroyés a augmenté de 47 %, passant de 50 à 73 milliards d’euros (2).

Désormais, en dépit des tentatives d’en reculer l’échéance, l’augmentation des prélèvements paraît inéluctable. Preuve, une nouvelle fois, comme le disaient à la fois Karl Marx et Joseph Schumpeter, que « l’impôt est la base matérielle de l’Etat ». (more…)

4 octobre 2011

L’Europe en ordre de bataille pour sauver l’euro

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

RTR2RNXP_Comp Deux ans d’hésitations, de volte-face, de demies-mesures approuvées du bout des lèvres et sous la pression des évènements, ont fini par faire douter les marchés de la détermination de la zone euro à sauver sa propre monnaie. Ce n’est pas un hasard si la crise de la dette publique, d’abord limitée à la seule Grèce, a fini par contaminer l’ensemble des pays périphériques de la zone euro, Italie comprise, et menace de dégénérer en crise bancaire, ce qui précipitera la zone euro et sans doute une bonne partie du monde dans une nouvelle récession, après celle de 2008-2009.

Depuis quelques semaines, les partenaires de la zone euro au sein du G20, États-Unis en tête, ne cachent plus leurs inquiétudes et multiplient les pressions pour que les Dix-sept prennent enfin des mesures ambitieuses à même de ramener le calme. Dans une déclaration commune publiée samedi, à Washington, à l’issue d’une réunion du FMI, la zone euro s’est sentie obligée, de proclamer qu’elle ferait « tout le nécessaire » afin « d’assurer la stabilité financière de cette zone dans son ensemble ».

La semaine qui s’ouvre est perçue comme cruciale par les marchés essentiellement en raison du vote par le Bundestag, ce jeudi, du texte élargissant les moyens et les compétences du Fonds européen de stabilité financière (FESF), l’une des mesures phares du second plan de sauvetage de la Grèce arrêté par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro le 21 juillet dernier. Une fois que les dix-sept États membres de la zone euro l’auront ratifié, ce Fonds créé en mai 2010 pourra racheter des obligations d’États sur le marché secondaire (celui de la revente) en lieu et place de la Banque centrale européenne (BCE), mais aussi aider à la recapitalisation des banques. Le problème est que la partie eurosceptique de la majorité CDU-FDP (chrétiens démocrates et libéraux) menace de ne pas le voter. Certes, les sociaux-démocrates du SPD et les Verts ont annoncé que leurs voix ne feront pas défaut, ce qui assure l’adoption du texte, mais si Angela Merkel ne parvient pas à réunir une majorité avec les députés de son seul camp, son gouvernement pourrait tomber, ouvrant ainsi une période d’instabilité politique… Le fait que les marchés se focalisent sur ce vote montre bien qui donne le tempo du règlement de cette crise, les huit ratifications qui ont déjà eu lieu (France, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Irlande, Grèce et Luxembourg) s’étant faites dans la plus totale indifférence… (more…)

20 septembre 2011

Quelles sont les causes de la famine ?

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

En 2008, en écrivant : « L’agro-business, nouvelle eldorado du capitalisme » j’avais mal appréhendé le phénomène spéculatif dans le monde agricole. Il faut dire aussi qu’il était moins flagrant qu’aujourd’hui. Cela prouve que le capitalisme est en pleine ascension vers une privatisation totale des territoires et ceci au détriment de l’humain qui sera écrasé par les profits que feront les actionnaires. Merci à Esther Vivas d’avoir mis un doigt accusateur sur ces méfaits de la société ultralibérale…

Par Esther VIVAS

Nous vivons dans un monde d’abondance. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), on produit aujourd’hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la planète compte 7 milliards d’êtres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ?

La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique remet en lumière la fatalité d’une catastrophe qui n’a pourtant rien de naturelle. Sécheresses, inondations, conflits armés… tout cela contribue à aggraver une situation d’extrême vulnérabilité alimentaire, mais ce ne ce sont pas les seuls facteurs explicatifs.

La situation de famine dans la Corne de l’Afrique n’est pas une nouveauté. La Somalie vit une situation d’insécurité alimentaire depuis 20 ans. Et, périodiquement, les médias nous remuent de nos confortables divans en nous rappelant l’impact dramatique de la faim dans le monde. En 1984, près d’un million de morts en Ethiopie ; en 1992, 300.000 somaliens ont perdu la vie à cause de la faim ; en 2005, près de cinq millions de personnes au bord de la mort au Malawi, pour ne citer que quelques cas.

La faim n’est pas une fatalité inévitable qui affecterait seulement certains pays. Les causes de la faim sont politiques. Qui contrôle les ressources naturelles (terres, eau, semences) qui permettent la production de nourriture ? A qui profitent les politiques agricoles et alimentaires ? Aujourd’hui, les aliments sont devenus une marchandise et leur fonction principale, nous nourrir, est mise à l’arrière plan. (more…)

13 septembre 2011

La zone euro au centre d’une tempête parfaite

Filed under: 03 - Economie,04 - Emploi formation,09 - Evènement — iledere @ 6:30

La zone euro est frappée par une tempête parfaite. Comme dans le cas de Katrina, l’arrivée de l’ouragan était tout sauf imprévue. Et comme pour le désastre naturel qui a rayé de la carte une partie de La Nouvelle-Orléans en 2005, les négligences anciennes se combinent aux inconséquences actuelles pour transformer un accident climatique en catastrophe majeure.

En premier lieu, il aura fallu plus de deux années et demie (c’était envisagé ici en janvier 2009) pour que les responsables politiques européens sortent d’une attitude de déni sur la capacité d’Athènes à honorer ses engagements et à faire face aux échéances d’une dette souveraine dont la dynamique, selon le parlement grec lui-même, «échappe à tout contrôle». Dans un entretien au quotidien Die Welt rendu public dimanche, le ministre allemand de l’Economie et numéro deux du gouvernement, le libéral Philipp Rösler, estime que «pour stabiliser l’euro, il ne doit plus y avoir à court terme d’interdiction de penser à certaines options. Parmi elles, il y a en cas d’urgence l’insolvabilité ordonnée de la Grèce, si on a à disposition les instruments nécessaires».

Le problème est justement que la zone euro et en général l’Union européenne, pas plus d’ailleurs que les institutions financières multilatérales, ne se sont préparées à une «faillite ordonnée» d’un pays souverain alors que le besoin en avait été anticipé bien avant le début de la crise financière globale à l’été 2007 (comme cela fut rappelé ici).

Le résultat de cette impréparation, aggravée par la paralysie des institutions européennes et les cafouillages répétés des principales capitales, est qu’il est revenu aux marchés, avec la brutalité et le panurgisme qui les caractérisent, de mettre les points sur les «i». Ce 12 septembre, le rendement des obligations à deux ans du Trésor hellène a franchi le seuil ahurissant des 60% (il est inférieur à 0,4% pour l’Allemagne). Avant le week-end, les CDS, instruments apportant une assurance (largement fictive aujourd’hui) contre un défaut de la Grèce, s’inscrivaient à 3.500 points, soit plus de trois fois le niveau déjà insane facturé pour la dette publique portugaise. (more…)

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